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Robert Simpson, quelques repères discographiques

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Le centenaire de la naissance de Robert Simpson constitue une belle occasion de découvrir une personnalité musicale attachante, indépendante, rebelle à sa manière et in fine, majeure de la seconde moitié du XXe siècle musical. Pour accéder au dossier complet : Robert Simpson, la redynamisation du discours musical

 

(1921-1997) compositeur britannique, mais aussi essayiste, producteur et animateur durant près de trente ans à la BBC, aurait eu cent ans le 2 mars 2021.

En collaboration avec la Society britannique, le label Hyperion Records a enregistré l’essentiel des compositions du maître, à l’exception des concerti. Certaines références, surtout dans le cycle des quatuors à cordes, sont épuisées, et en cette année du centenaire, dans le difficile contexte économique actuel, aucune réédition ne semble programmée… Le label british est connu pour faire la chasse aux ventes d’occasion sur la toile afin de promouvoir ses propres rééditions « à la demande » en CDR, que l’on peut aisément commander sur le site de la maison d’édition.

L’essentiel des symphonies, autrefois réunies en un coffret économique aujourd’hui introuvable, demeure accessible commercialement, dans les excellents interprétations dirigées pour les dix premières par le regretté Vernon Handley, grand défenseur de Simpson. Seul le disque consacré au couplage des sixième et septième semble difficilement disponible.

Pour l’auditeur désireux de découvrir ce monde musical assez particulier, nous conseillerons de commencer par la Neuvième symphonie, héritière à la fois de Nielsen et de Bruckner dans un langage actualisé mais pleinement accessible. Une petite conférence (en anglais) présentée par le compositeur, explicite clairement le parcours de l’œuvre et la rend plus aisée à saisir dans sa monumentalité.

La Première symphonie, autre œuvre conquérante et joyeuse, est couplée dans cette intégrale à l’austère et plus hermétique Huitième. On cherchera donc pour cette première l’interprétation historique de Sir Adrian Boult qui avait pris en affection le compositeur et son premier essai transformé (Warner- dans la série English Composers).

Les collectionneurs rechercheront la réédition chez NMC de la Troisième symphonie dirigée par Jascha Horenstein couplée avec le Quintette avec clarinette par l’Aeolian string quartett et Bernard Walton comme vent soliste. De même, on thésaurisera chez Lyrita les captations des créations mondiales des Cinquième et Sixième symphonies, sous les baguettes respectives de Sir Andrew Davies et de Sir Charles Groves.

Le massif des quatuors à cordes pourra être avantageusement abordé chez Hyperion par le magnifique et très méditatif Septième (1977), couplé avec le moins immédiatement palpable Huitième, composé dans la foulée, puis par les six premiers, dont les trois n°4 à 6 inspirés directement par les Razumowski beethovéniens sous les archets précis racés et impliqués du quatuor Delmé. Les derniers quatuors, hormis peut-être le Neuvième, cycle de 32 variations et fugue sur un thème de Haydn, et le dixième « for peace », sont des œuvres moins immédiatement séduisantes, qu’on abordera après avoir patiemment assimilé les opus précédents.

Et quelques repères bibliographiques

En ce qui concerne les essais en français consacrés au maître, le lecteur pourra se référer à la nouvelle édition des Notes étrangères I et II du compositeur français Nicolas Bacri, publiée récemment aux Éditions l’Harmattan, où ont été justement ajoutés des
Exercices d’admiration
dont un entièrement consacré à Robert Simpson. La remarquable Histoire du quatuor à cordes en trois volumes due à Bernard Fournier, publiée chez Fayard, ne fait évidemment pas l’impasse, en son troisième tome, sur l’imposant massif des quinze opus dus au Britannique.

Enfin, nous ne pouvons que recommander la visite du site de la Robert Simpson Society anglaise, initiative privée vis-à-vis de laquelle le musicien discret émettait au départ bien des réserves, car peu friand de toute auto-promotion ou d’hommages trop appuyés. Cette société, un quart de siècle après la disparition du compositeur, est d’une précieuse utilité. Outre le fait qu’elle a directement contribué et présidé à l’enregistrement de bien des disques de l’édition chez Hyperion Records, elle propose des pages d’accueil général en anglais et en français, et met à disposition en copies scannées, mais uniquement dans la langue de Shakespeare, l’intégralité des numéros de sa revue périodique Tonic, comprenant de nombreuses interviews ou essais du compositeur, et des analyses détaillées de ses œuvres majeures.

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Le centenaire de la naissance de Robert Simpson constitue une belle occasion de découvrir une personnalité musicale attachante, indépendante, rebelle à sa manière et in fine, majeure de la seconde moitié du XXe siècle musical. Pour accéder au dossier complet : Robert Simpson, la redynamisation du discours musical

 
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