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Liesbeth Schlumberger crée Invention IV de Gilbert Amy sur l’orgue de Radio France

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Paris. Auditorium de Radio France. 19-X-2021. Olivier Messiaen (1908-1992) : L’Ascension, quatre méditations symphoniques pour orgue. Gilbert Amy (1936*) : Invention IV ; CM. Charles-Marie Widor (1844-1937) : Symphonie n° 5 en fa majeur, op. 42 n°1. Liesbeth Schlumberger, orgue

Seule au clavier sur la scène de l’Auditorium, interprète sur l’orgue de Radio France L’Ascension de Messiaen, la Symphonie n°5 de Widor, et crée en milieu de programme la nouvelle Invention IV de Gilbert Amy en présence du compositeur.


Afin de mettre en valeur son bel orgue de l’Auditorium, la Maison de la Radio a préparé cette saison un cycle de concerts où l’instrument est entendu parfois seul et parfois avec orchestre, dont à plusieurs reprises avec le National de France et son directeur musical. Pour ce concert, l’orgue est joué seul par  plutôt que par l’énergique organiste en résidence, Karol Mossakowski. Ce récital d’environ une heure quinze, sans bis malgré les applaudissements et de nombreux rappels, débute par un chef-d’œuvre de Messiaen, L’Ascension.

En quatre partie, L’Ascension commence sans excès de puissance par Majesté du Christ demandant gloire à son père, où jamais l’organiste ne recherche le gros son, d’autant moins volumineux que la réverbération n’est pas celle d’une église et l’instrument pas un grand Cavaillé-Coll, mais un orgue plus fin aux notes très bien définies. Cette particularité ainsi que le jeu de Schlumberger s’accordent alors mieux aux Alléluias sereins d’une âme qui désire le ciel, tandis que l’instrumentiste use enfin de vigueur dans les Transports, sans porter pour autant assez haut le message vers le ciel. Dans l’ultime Prière le jeu tente l’élévation avec une véritable sérénité, posée par une partition qui inspirera plus tard à Messiaen le Quatuor pour la Fin des Temps.

Gilbert Amy, âgé de quatre-vingt cinq ans présent dans la salle, a commencé à composer pour l’orgue en 1975 avec les Sept Bagatelles, puis développé sa technique jusqu’aux Trois Inventions, écrites de 1993 à 1995 et retouchées en 2001. Il étoffe ce cycle vingt ans plus tard pour y ajouter une Invention IV, créée lors de cette soirée et dédiée à l’interprète. L’œuvre d’une quinzaine de minutes utilise toutes les possibilités de l’orgue symphonique, dont les quatre claviers en plus du pédalier. La partition parcourt alors tout l’ambitus du spectre sans jamais rechercher ni agressivité, ni excès, qu’il s’agisse des nuances ou de l’harmonie, toujours maintenus par une ligne néo-modale souple.

La Symphonie n° 5 en fa majeur, op. 42, première du second cycle de , compositeur et organiste prolixe, aujourd’hui quasi exclusivement reconnu que pour ce pan de répertoire, est construite en cinq mouvements. Symphonie la plus connue du compositeur, elle débute par une série de variations qui sont ici trop maintenues dans une certaines austérité. Souvent en sourdine, l’orgue trouve une légèreté mieux adaptée à l’Allegro Cantabile, puis s’ouvre enfin au mouvement médian. L’Adagio ramène à plus de réflexion et à un son volontairement plus refermé, avant que la Toccata ne remette une dernière fois en avant la justesse du toucher de Liesbeth Schlumberger.

Crédit Photographique : © Christophe Abramowitz / RF

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Paris. Auditorium de Radio France. 19-X-2021. Olivier Messiaen (1908-1992) : L’Ascension, quatre méditations symphoniques pour orgue. Gilbert Amy (1936*) : Invention IV ; CM. Charles-Marie Widor (1844-1937) : Symphonie n° 5 en fa majeur, op. 42 n°1. Liesbeth Schlumberger, orgue

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