Concerts, La Scène, Musique symphonique

L’Orchestre du Conservatoire et Louis Langrée

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 10-XI-2021. Anton Webern (1883-1945) : Passacaglia en ré mineur op.1. Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon « À la mémoire d’un ange ». Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°4 en mi mineur op. 98. Christian Tetzlaff, violon. Orchestre du Conservatoire de Paris, direction : Louis Langrée

Tout juste nommé directeur de l’Opéra Comique, revient à la Philharmonie de Paris avec l’, pour un programme exigeant dont la première partie sur la Seconde École de Vienne bénéficie du violon de , quand la seconde met en avant de jeunes musiciens déjà très prometteurs.

Très bien construit, le programme de pour l’ exige un niveau d’excellence important, qui prouve la qualité des futurs musiciens et solistes à venir. La Passacaglia op. 1 de Webern ouvre la soirée, tandis qu’une partie du public n’est pas encore tout à fait installée. Le faible volume sonore demandé par le chef pour aborder l’œuvre en est donc d’abord partiellement altéré, puis tout se développe dans une atmosphère de mystère, qui n’est pas sans rappeler l’interprétation du Pelléas et Mélisande de Schoenberg par Langrée avec l’Orchestre National de France il y a quelques années.

En plus de cuivres en sourdine aux sonorités évanescentes, se remarquent déjà les cordes, d’une transparence à la française, d’une belle luminosité. Celles-ci sont encore mieux utilisées par la suite, notamment pendant le Concerto « à la mémoire d’un ange » d’. S’y démarque le très bel échange du thème, entre la première alto et la première violon, avant d’être récupéré puis décuplé par le soliste du jour. D’une matière plus consistante que celle de Renaud Capuçon en juin dernier sur cette même scène, ne recherche pas le beau son et apporte au contraire une superbe aspérité aux deux mouvements du chef-d’œuvre de Berg, exalté par la belle clarté maintenue à l’orchestre par le chef. Comme à son habitude, le violoniste laisse profiter encore de son admirable instrument moderne, du luthier de Stuttgart Stefan-Peter Greiner, avec une pièce de Bach en bis, aujourd’hui la Sarabande extraite de la Partita n° 2 BWV 1004.

En seconde partie, l’Orchestre du Conservatoire de Paris revient au complet pour aborder la Symphonie n°4 de . L’Allegro non troppo présente une formation moins compacte que les ensembles d’Outre-Rhin ou les plus grands ensembles français. Toutefois, Langrée parvient à utiliser cette légèreté, dynamisée à chaque instant par de grandes envolées et des gestes évidents. De cette interprétation ressort alors tout particulièrement l’Andante moderato, introduit par le superbe cor solo de Johan Kulcsar, d’une rondeur et d’une netteté à faire pâlir certains solistes d’orchestres bien établis. Tout le pupitre de cors, plus concentré que celui des trombones, ravit d’ailleurs autant par sa précision, quand se démarquent des autres pupitres le très beau basson solo ainsi que le premier hautbois.

Étonnamment cravaché par des archets en parfaite cohésion, l’Allegro energico e passionnato s’engage avec vigueur et développe encore les individualités, dont le timbalier, impeccable tout au long de la soirée. Puis les bois s’exaltent sous la pulsation marquée des cordes, qui reprennent la primeur pour exalter le grand thème romantique, avant de laisser au premier flûtiste l’art de déployer son grand solo, tout juste abordé encore un peu stressé. Très prometteur, ce concert démontre que la relève est bien présente pour remplir les rangs des grandes formations ces prochaines années !

Crédits photographiques : © Jennifer Taylor

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 10-XI-2021. Anton Webern (1883-1945) : Passacaglia en ré mineur op.1. Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon « À la mémoire d’un ange ». Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°4 en mi mineur op. 98. Christian Tetzlaff, violon. Orchestre du Conservatoire de Paris, direction : Louis Langrée

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