La Scène, Musique symphonique, ResBambini, Spectacles Jeune public

Pierre et le loup et le YPGO chez Monsieur Loyal

Plus de détails

Paris. Philharmonie. Grande salle Pierre Boulez. 11-XI-2021. Benjamin Britten (1913-1976) : The Young Person’s Guide to the Orchestra. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Pierre et le loup. Orchestre de Paris, direction : Stephanie Childress. Récitant et scénographe : Alexandre Letondeur.

Pour présenter deux valeurs sûres du répertoire pour la jeunesse, Pierre et le loup et The Young Person’s Guide to Orchestra, l’, sous la baguette de , est accompagné d’un récitant clownesque.

La grande salle de la Philharmonie est comble en ce jour férié. Le comédien-clown , habillé en Monsieur Loyal, appelle sur scène des musiciens encore un peu en vacances (hilarante traversée d’un cycliste, vélo sur l’épaule), bien peu concentrés et égarés dans les pupitres. Le préambule, sans nul doute amusant et qui a le mérite ne pas empiéter sur le temps du programme, donne le ton : dédramatiser le concert, avec une posture de clown grandiloquent, avec la complicité des musiciens. Le récitant est amplifié, couvrant facilement la grande salle, mais parfois au détriment de l’équilibre avec l’orchestre. L’orchestre est, quant à lui, dirigé par , jeune cheffe douée (2e prix du concours La Maestra 2020, cheffe assistante au St. Louis Symphony Orchestra), dont le parcours traduit un intérêt pour la jeunesse (elle soutient notamment une organisation en faveur de l’éducation musicale, le Tri-borough Music Hub).

The Young Person’s Guide to Orchestra qui débute le concert, est une commande de la BBC pour le documentaire éducatif Instruments of the Orchestra diffusé en 1946, destiné à familiariser les oreilles avec les timbres instrumentaux. Craignant de susciter l’ennui chez des enfants trop impatients d’entendre Pierre et le loup, et peut-être moins familiers de l’œuvre britannique, le récitant prend avec humour son caractère didactique et la majesté du thème qu’il emprunte à Henri Purcell, adaptant ainsi le texte original d’Eric Crozier qui présente les familles instrumentales et les pupitres. C’est surtout un plaisir d’entendre l’écriture de Britten pour tous les pupitres, particulièrement raffinée chez les bois et la harpe, la clarté de l’orchestre dans les variations comme la fugue en tutti qui termine l’œuvre, sous la baguette précise et vive de Stephanie Childress.

La présentation des instruments de l’orchestre au début de Pierre et le loup est l’occasion de nouveaux clins d’œil, échanges avec le public, et jeux de clown avec les percussionnistes facétieux. L’interprétation du texte original ne manque pas d’inventivité (la voix du grand-père par exemple), différente des voix confidentielles auxquelles les nombreux enregistrements du classique ont pu habituer, et accompagnée de quelques jeux de lumières. Petits et grands auront surtout apprécié la présence de l’orchestre, qui laisse entendre des nuances et des timbres parfois aplanies au disque.

Crédits photographiques : Stephanie Childress © Kaupo Kikkas 

(Visited 135 times, 2 visits today)

Plus de détails

Paris. Philharmonie. Grande salle Pierre Boulez. 11-XI-2021. Benjamin Britten (1913-1976) : The Young Person’s Guide to the Orchestra. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Pierre et le loup. Orchestre de Paris, direction : Stephanie Childress. Récitant et scénographe : Alexandre Letondeur.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.