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Alexander Romanovsky en récital à la Fondation Louis Vuitton

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Paris. Auditorium, Fondation Louis Vuitton. 10-II-2022. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita n° 2 – Chaconne ; transcription de Rudolph Lutz. Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un Thème de Paganini, op. 35. Frédéric Chopin (1810-1849) : 24 Préludes, op. 28. Alexander Romanovsky, piano

En pleine exposition temporaire de la collection des frères Morozov, autour de la peinture impressionniste russe et française, propose à l’Auditorium de la Fondation Louis Vuitton un programme classique autour des Variations sur un thème de Paganini de Brahms puis des Préludes de Chopin.

Indépendant de l’exposition, le récital de piano dans le bel auditorium de la Fondation Vuitton met en avant le pianiste ukrainien . Celui-ci ouvre son récital par l’un des mouvements les plus célèbres des partitas pour violon de Bach, la longue et géniale Chaconne de la Partita n° 2. Mais plutôt qu’en choisir la transcription piano pour la main gauche de Brahms, qui aurait lié l’ouvrage avec la suite du programme, ou bien l’habituelle version de Busoni, le pianiste choisit celle de Rudolph Lutz.

Relativement réservé, il développe la Chaconne avec une belle agilité dans la partie médiane, et ce toucher appuyé de l’école russe. Mieux mise en valeur par la pièce suivante, les Variations sur un Thème de Paganini, op. 35 de Brahms, la dextérité ressort cette fois totalement du jeu du pianiste, un peu ferme dans les variations 2 & 3 du premier cahier, juste après l’exposition du thème. Intéressant dans les trilles et les arpèges parfaitement gérés de la variation 4, Romanovsky déploie par la suite toutes les facettes d’un compositeur attiré par ce type d’exercice, puisqu’il a aussi composé des variations sur un thème de Haendel, Haydn ou Schumann.

En seconde partie, Romanovsky rentre en scène pour les 24 Préludes op. 28 de Chopin. Mesuré mais expressif dans le n° 1, il appuie la lente gravité du n° 2 par un phrasé plus délié du doigté et plus appuyé à la pédale, sans pour autant créer de lourdeur, notamment dans les accords de la coda. Agile sans ostentation le pianiste maintient un tempo mesuré pour le vivace n°3, faisant valoir sa puissance dans le n°4, prélude le plus célèbre.

Pris comme un véritable cycle, un peu à la manière de ce qu’en délivrait Géza Anda – dont la version vient de reparaître dans le cadre d’un coffret dédié à ses enregistrements -, les 24 Préludes s’écoulent jusqu’à la Goutte d’Eau n° 15, parfaitement éclairée dans l’atmosphère aquatique de l’auditorium (entretenue par la fontaine en escalier de la Fondation). Le n°24, Allegro appassionnato, maintient la caractéristique de jeu mesuré de Romanovsky. En bis il donne d’abord la Nocturne n° 2 op.9, puis l’Étude n° 12 op.10 avant de quitter le public avec la joyeuse transcription pour piano de la Badinerie, tirée de la Suite orchestrale n°2 de Bach !

Crédit photographique :© Fondation Louis Vuitton / Martin Raphaël Martiq

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Paris. Auditorium, Fondation Louis Vuitton. 10-II-2022. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita n° 2 – Chaconne ; transcription de Rudolph Lutz. Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un Thème de Paganini, op. 35. Frédéric Chopin (1810-1849) : 24 Préludes, op. 28. Alexander Romanovsky, piano

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