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Un portrait de Lully, inventeur de l’opéra français

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Jean-Baptiste Lully par Bénédicte Palaux-Simonnet. Collection Horizons, Bleu nuit éditeur. 176 pages. 20 euros

 

De son enfance florentine à son apogée versaillaise, le plus français des Italiens a marqué de son empreinte géniale l’histoire de la musique. Bénédicte Palaux-Simonnet nous en livre un portrait très bien documenté.

Dès le récit de l’enfance italienne, dont on connait fort peu de choses, l’auteur s’attache à réhabiliter une vérité moins pittoresque mais plus juste. Plus de petit marmiton-violoneux, mais un répétiteur d’italien engagé comme « garçon de chambre » chez la duchesse de Montpensier aux Tuileries. C’est dans cet environnement très festif, où il côtoie maîtres à danser et compositeurs (parmi lesquels Gigault, Roberday, Moulinié et Lambert), que le jeune garçon s’imprègne de la vie musicale de la Cour. C’est l’époque où Mazarin introduit l’opéra italien à Paris, et fait venir de nombreux artistes ultramontains à la Cour. Les premiers pas de Giovanni Battista Lulli sur la scène musicale parisienne seront des pas de danse : c’est par le ballet de cour qu’il commencera sa carrière de compositeur-danseur. Le Ballet royal de la Nuit en 1653 voit les débuts d’un Lulli danseur aux côtés du jeune roi. Ces ballets fastueux, auxquels participent les plus hauts princes, offrent une représentation symbolique de l’univers sous l’angle du merveilleux. On y trouve le ferment de ce que sera la comédie-ballet puis, vingt ans plus tard, la tragédie en musique, sur lesquelles règnera . Avec Les plaisirs de l’Ile Enchantée (1664), débute une fructueuse collaboration avec Molière, qui nous vaudra de nombreux chef-d’œuvres : Georges Dandin, Monsieur de Pourceaugnac et le célèbre Bourgeois gentilhomme, pour ne citer que les plus connus. Et c’est Cadmius et Hermione, en 1673, qui signe l’acte de naissance de la tragédie en musique, avec la collaboration du librettiste Quinault. En parallèle, Lully (dont la naturalisation française est actée en 1661) se distingue comme compositeur de musique religieuse pour la Chapelle du roi, pour laquelle il formalise le genre du Grand Motet dès les années 1660.

Bénédicte Palaux-Simonnet s’appuie sur les nombreuses sources de l’époque, mais aussi sur une importante bibliographie, pour retracer le parcours de celui qui, comme surintendant de la musique, a dominé le monde musical de 1661 à 1687. « La culture française donne le ton à toute l’Europe, et Lully en est l’un des emblèmes » nous dit l’auteur. Le surintendant tient à tout contrôler, obtenant un privilège royal qui interdit à tout autre compositeur de « faire chanter aucune pièce » sans son autorisation. Il offre ainsi une cible de choix à l’acrimonie de ses rivaux. Mais Lully a la faveur du roi, dont il est resté très proche depuis les ballets de leur jeunesse. C’est d’ailleurs à la gloire de Louis XIV que « Baptiste » travaillera toute sa vie, en le mettant en scène à travers les allégories du pouvoir. C’est clairement le rôle du prologue dans la quinzaine de grands opéras qui font le succès de la dernière partie de sa carrière. La présente monographie analyse les principales tragédies lyriques, en détaillant le synopsis de chacun des cinq actes et en donnant de nombreux exemples musicaux notés. Un des intérêts de cet ouvrage est de réhabiliter et d’humaniser le portrait d’un génie à qui l’histoire de la musique doit tant.

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Jean-Baptiste Lully par Bénédicte Palaux-Simonnet. Collection Horizons, Bleu nuit éditeur. 176 pages. 20 euros

 
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