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Sabine Devieilhe, de Bach à Haendel et inversement

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Mein Jesu ! was vor Seemenweh BWV 487 : vv. 1 & 3 ; Sinfonia de la cantate « Wir müssen durch viel Trübsal » BWV 146 ; Cantate « Mein Herze schwimmt im Blut » BWV 199 ; « Jauchzet Gott in allen Landen » BWV 51. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : extraits de l’oratorio « Brockes Passion » HWV 48 ; extraits de l’opéra « Giulio Cesare in Egitto » HWV 17. Sabine Devieilhe, soprano ; Stéphane Degout, baryton ; Ensemble Pygmalion, direction : Raphaël Pichon. 1 CD Erato. Enregistré en décembre 2020 au Temple du Saint-Esprit à Paris. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 83:37

 

Superbement mise en lumière sur une élégante pochette, laisse finalement le devant de la scène aux solistes de Pygmalion dans un programme où Bach et Haendel semblent se répondre.

Peu importe le contenant, que ce soit la musique sacrée ou la musique profane, que ce soit la cantate, l’oratorio ou l’opéra, que ce soit l’allemand ou l’italien… Les affects similaires exprimés dans ce nouveau récital de , entre douloureuse tristesse et élans d’allégresse, dévoilent un langage riche et diversifié, autant dans la musique du Cantor que dans celle de son contemporain Haendel. Voilà où trouver la cohérence dans cette programmation exigeante mais bien connue des différents protagonistes de ce projet au-delà du discours un peu convenu de la soprano : « nous voulions par ce programme rendre l’affliction, le repentir, et la joie, le désir à travers des pages profanes et sacrées de ces deux compositeurs. »

Par ce prisme, les effets de contrastes se mènent naturellement, d’une manière souvent retenue par la voix, atténuant cette approche quelque peu binaire. Le contraste, c’est bien les instrumentistes de Pygmalion qui l’assument avec force : du luth empreint de détresse de dans « Mein Herze schwimmt im Blut (« Mon cœur baigne dans le sang ») BWV 487 à la plainte du hautbois solo dans l’aria « Stumme Seufzer, stille Klagen » de la cantate BWV 199 ; du dialogue entre voix et violon (Aria « Tief gebückt und voller Reue » puis entre voix et viole de gambe (Choral « Ich, dein betrübtes Kind ») ; de la vivacité de la trompette solo dans la cantate BWV 51 « Jauchzest Gott in allen Landen » au basson obligé de l’aria « Se pietà di me non senti » de Haendel. L’apothéose est probablement l’impressionnante vigueur du solo d’orgue positif de Matthieu Boutineau dans une Sinfonia de la cantate BWV 146 menée à vive allure sous la baguette de .

Bénéficiant d’une prise de son de belle qualité, entre la sérénité de l’acoustique du Temple du Saint-Esprit et une voix de soprano captée de près, la pureté et la luminosité de la chanteuse se confrontent à une pudeur expressive bien trop homogène. Sabine Devieilhe offre un chant plus incarné lorsque le répertoire opératique (Giulio Cesare in Egitto) ou l’oratorio Il trionfo del Tempo et del Disinganno apparaît, deux extraits de la Brockes Passion – dont la présence très brève du baryton Stéphane Degout pour le Jésus du duo « Soll mein Kind, mein Leben sterben » – complétant un enregistrement finalement assez peu personnel pour la protagoniste principale de ce projet.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Mein Jesu ! was vor Seemenweh BWV 487 : vv. 1 & 3 ; Sinfonia de la cantate « Wir müssen durch viel Trübsal » BWV 146 ; Cantate « Mein Herze schwimmt im Blut » BWV 199 ; « Jauchzet Gott in allen Landen » BWV 51. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : extraits de l’oratorio « Brockes Passion » HWV 48 ; extraits de l’opéra « Giulio Cesare in Egitto » HWV 17. Sabine Devieilhe, soprano ; Stéphane Degout, baryton ; Ensemble Pygmalion, direction : Raphaël Pichon. 1 CD Erato. Enregistré en décembre 2020 au Temple du Saint-Esprit à Paris. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 83:37

 
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