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La danse colorée de Weg d’Ayelen Parolin au Théâtre de Chaillot

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Théâtre de Chaillot, Paris. 25-III-22. Ayelen Parolin : Weg. Chorégraphie : Ayelen Parolin. Danse : Baptiste Cazaux, Jeanne Colin, Piet Defrancq, Naomi Gibson, Daan Jaartsveld, Kinga Jaczewska, Dan Mussett, Bianca Zueneli (en tournée) & Daniel Barkan, Marc Iglésias. Création musicale et interprétation en direct : Lea Petra. Assistante chorégraphe : Julie Bougard. Lumières : Laurence Halloy. Costumes : Wim Muyllaert. Dramaturgie : Olivier Hespel. Conseil scientifique : Pierre C. Dauby. Régie Générale : Gaspard Schelck

La chorégraphe argentine, artiste associée au Théâtre National Wallonie-Bruxelles, s’aventure avec Weg au pays d’une enfance expressionniste exigeante et ludique en multipliant les inspirations plastiques et chorégraphiques.

Huit interprètes sur scène et une pianiste, Lea Petra. Dans Weg, les individualités s’expriment au travers de gestes mesurés, comme de fragiles suspensions, dessinant un paysage baroque et pop. Les costumes sont colorés, ici un arlequin, une collerette de tulle et là un short moulant de couleur dorée. Ces vêtements de fête, accompagnés des lumières de Laurence Halloy, sucrées et acidulées, évoquent de manière troublante l’installation des clowns de Ugo Rondinone lors de l’exposition « Enfance » au Palais de Tokyo.

Le travail souterrain qui structure Weg s’est dessiné autour des musiques qu’écoutaient les danseurs dans leur jeunesse. Et de fait, Weg baigne dans l’enfance. Les danses de groupe sont des rondes, des courses, des farandoles. Les interprètes sautent, se roulent par terre. Des enfants habitant des corps d’adultes occupent la scène entre fragiles hésitations et exubérances retenues, évoquant les recherches de ou .

La danse de se construit entre individualités affirmées et groupe fragile. L’art de l’esquisse distille ici et là des gestes avortés, comme des suspensions de personnalités cherchant à s’affirmer.

La pianiste, Lea Petra, qui accompagne les danseurs durant les cinquante minutes du spectacle, offre une véritable performance en corps à corps avec son instrument arrangé. La performance rappelle celle de Orlando Bass dans le dernier spectacle de Lenio Kaklea à la Bourse du commerce sur une partition de John Cage.

À deux ou trois reprises, des interprètes sont pris d’une crise de larmes. Une tristesse affleure au milieu des hésitations et des courses effrénées, et compose avec la fureur de la musique le soubassement d’une détresse, celle de corps piégés dans une temporalité disjointe, dans des dualités aporétiques.

Crédits photographiques : © Hofmann

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Théâtre de Chaillot, Paris. 25-III-22. Ayelen Parolin : Weg. Chorégraphie : Ayelen Parolin. Danse : Baptiste Cazaux, Jeanne Colin, Piet Defrancq, Naomi Gibson, Daan Jaartsveld, Kinga Jaczewska, Dan Mussett, Bianca Zueneli (en tournée) & Daniel Barkan, Marc Iglésias. Création musicale et interprétation en direct : Lea Petra. Assistante chorégraphe : Julie Bougard. Lumières : Laurence Halloy. Costumes : Wim Muyllaert. Dramaturgie : Olivier Hespel. Conseil scientifique : Pierre C. Dauby. Régie Générale : Gaspard Schelck

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