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DG nous rend les symphonies de Brahms par William Steinberg

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonies n° 1-4 ; Ouverture tragique. Pittsburgh Symphony Orchestra, direction : William Steinberg. 3 CD Deutsche Grammophon. Enregistrés à Pittsburgh, Soldiers and Sailors memorial Hall en mai et novembre 1961, avril et mai 1962, juin 1965. Durée totale : 2h 46’37’’

 

Deutsche Grammophon réédite les symphonies de Brahms par , appréciées par la critique américaine des années 1960 mai qui, aujourd’hui, peinent à s’imposer face à une concurrence redoutable. Un témoignage plus qu’une référence.

est très représentatif de ces Kapellmeister allemands qui furent en raison de leurs origines juives obligés de quitter l’Allemagne nazie pour faire une nouvelle carrière aux États-Unis. Son nom reste attaché à l’orchestre de Pittsburgh avec lequel il laisse une discographie très vaste. Né en 1899 à Cologne, Wilhelm Steinberg fit ses études de direction d’orchestre avec Abendroth avant de devenir l’assistant de Klemperer, puis de diriger à Prague et Francfort. Démis de ses fonctions par les nazis en 1936, il émigra d’abord en Palestine pour participer à la fondation de l’orchestre qui deviendra le Philharmonique d’Israël avec Huberman puis vint s’installer aux États-Unis. S’appelant dorénavant , il devint un pilier de la vie musicale américaine ; chef de l’orchestre de Pittsburgh de 1952 à 1976, il fut aussi brièvement celui de Boston (1969-1972) avant de réduire ses activités pour raison de santé. Il mourut à New York en 1978. Warner a regroupé toutes ses gravures d’origine EMI et Everest dans un monumental coffret de 20 CD parus dans la collection « Icon ». Dans les années soixante, Steinberg avait ensuite enregistré quelques disques pour le label Command Classics.

C’est l’intégrale Brahms gravée en 1961-1962 puis 1965 (la Symphonie n° 4) qui réapparaît sous l’étiquette DG. Encensée par la critique américaine de l’époque, elle ne remet pas en cause aujourd’hui la considérable discographie brahmsienne. C’est un Brahms brossé à grands traits, puissant, charpenté mais pas très fouillé qui ressort de ces trois disques. Steinberg n’égale ni la tension héroïque de Furtwängler, ni l’incroyable fusion des sonorités de Karajan, ni l’humanité bouleversante de Giulini, ni la finesse d’Abbado pour ne citer que quatre cycles majeurs de la discographie (et la liste ne saurait être exhaustive). L’orchestre de Pittsburgh impressionne par sa discipline mais pas par la distinction de ses timbres en particulier lors des solos des bois ou du cor (Symphonie n° 3), loin par exemple de la perfection éblouissante de Chicago à l’époque de Reiner. Enfin, la prise de son très datée met trop en avant le brillant un peu artificiel des cordes au détriment de la profondeur sonore.

Un tel coffret rend un témoignage bienvenu au talent d’un chef éminent mais pas de tout premier plan, à la tête d’un orchestre lui aussi de qualité mais pas comparable aux « big five » américains ni aux grandes philharmonies européennes. Chez le même éditeur, on retiendra plutôt l’extraordinaire couplage des Planètes avec Also sprach Zarathustra, tous les deux avec le Boston Symphony, sans doute la plus spectaculaire réussite de Steinberg au disque.

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonies n° 1-4 ; Ouverture tragique. Pittsburgh Symphony Orchestra, direction : William Steinberg. 3 CD Deutsche Grammophon. Enregistrés à Pittsburgh, Soldiers and Sailors memorial Hall en mai et novembre 1961, avril et mai 1962, juin 1965. Durée totale : 2h 46’37’’

 
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