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Hayoung Choi, Premier Prix du Concours Reine Élisabeth Violoncelle 2022

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a remporté le 4 juin dernier le Premier Prix du Concours Reine Élisabeth 2022. Elle gagne ainsi la seconde édition de la compétition dédiée au violoncelle, après Victor Julien-Laferrière en 2017. Une édition qui marquait le retour du public après la pandémie et une édition 2021 particulière.

Née en Allemagne, a étudié à la Korean National University, à la Purcell School for Young Musicien et à la Kronberg Academy. A 24 ans seulement, Hayong Choi se produit déjà comme soliste (avec notamment la Camerata de Salzbourg, Kremerata Baltica, Suwon Philharmonic Orchestra…) et a remporté plusieurs concours internationaux, notamment : Krzysztof Penderecki (2018) et Johannes Brahms (2011). La jeune violoncelliste aura marqué cette édition en combinant maîtrise technique avec expressionnisme et inventivité dans des répertoires classiques comme contemporains. Elle se voit également récompenser de plusieurs prises de risque.

ResMusica : Félicitations et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Comment vous présenteriez-vous ?

Hayoung Choi : Je suis Coréenne mais j’ai vécu à plusieurs endroits : je suis née en Allemagne et ensuite nous avons vécu en Corée du Sud, puis je suis allée en Angleterre et ensuite en Allemagne à nouveau.

RM : De quelle manière ou pourquoi avez-vous fait le choix du violoncelle ?

H.C. : Mes parents n’étaient pas musiciens mais ils écoutaient de la musique, de la musique classique surtout. Ma mère était une grande fan de violoncelle et voulait l’apprendre. Elle a donc souhaité prendre des leçons de violoncelle. Elle a acheté un instrument et s’est inscrite à des leçons de groupe. J’avais six ans. Quand j’ai vu cela, j’ai demandé à la rejoindre. Nous avons donc commencé à prendre des leçons ensemble, avec dix personnes dans la même classe. C’est ainsi que j’ai débuté.

RM : Vous n’avez jamais été tenté par un autre instrument ?

H.C. : J’ai aussi joué un peu de harpe car il y avait une harpe chez les voisins. Mais c’est le violoncelle que j’aime profondément, que j’ai vraiment, vraiment, adoré immédiatement. Le violoncelle est ma plus grande passion.

RM : Pouvez-vous nous parler de votre expérience de jeu durant le concours ?

H.C. : Pour moi, il fallait oublier que c’était une compétition. J’ai vraiment pensé à un grand festival de musique. Je veux dire que je n’ai jamais eu un public aussi attentif et la scène était si grande. J’ai approché cela réellement comme un concert. Donc oui, c’est beaucoup de pression d’être ici.

RM : Vous avez déjà gagné des prix prestigieux à des compétitions internationales, pourquoi avoir choisi de participer au Concours Reine Élisabeth?

H.C. : Le Concours Reine Elisabeth est l’un des plus grands concours. Je souhaitais réellement y participer. Cela a toujours été mon rêve. Je suis le concours chaque année. Lorsque j’ai vu l’ouverture des candidatures, c’était vraiment inespéré pour moi d’être invitée et de jouer dans de si belles salles que Flagey.

RM : Est-ce que vous pouvez nous parler de votre programme car en finale, vous avez choisi un concerto jamais joué ici, le concerto pour violoncelle de Witold Lutoslawski ?

H.C. : Pour ce concerto, mais aussi pour la demi-finale, j’ai choisi de la musique contemporaine. Évidemment, j’ai réfléchi à savoir si c’était le bon choix car bien sûr, c’était une prise de risque. C’était la première fois que je jouais cette pièce avec un orchestre. Je n’ai jamais joué ce concerto de Lutoslawki mais c’était quelque chose qui m’était proche et je souhaitais que le public découvre cette grande pièce.

RM : Et vous avez également composé votre propre cadence pour le concerto de Lutoslawki !

H.C. : Oui, oui ! En réalité, c’est la première fois que j’écrivais une cadence et je dois dire que c’est vraiment difficile. Donc j’ai du écrire, corriger des éléments, puis écrire à nouveau. Cela a pris beaucoup de temps et c’était un défi autant qu’une prise de risque.

RM : Est-ce que l’on peut dire un mot de votre instrument ?

H.C. : Il a été créé par Nicolas Bergonzi. Il a à peu près 300 ans. Il a un son très chaud, très puissant, ce que j’apprécie énormément. Je ne joue pas avec cet instrument depuis très longtemps, seulement depuis deux mois. Le choix de l’instrument sur lequel on joue est important. Je veux dire, c’est une part de votre voix. Dans de si grandes salles que Flagey et Bozar, vous avez besoin d’un instrument avec une bonne projection. J’ai essayé d’en trouvé un et le Florian Leonhard Fellowship m’a soutenu pour participer au concours : ils m’ont prêté ce violoncelle.

RM : Est-ce que vous pouvez partager des informations sur votre archet ?

H.C. : J’utilise plusieurs archets. Pour les premières épreuves et la demi-finale, j’ai joué avec un archet français. Lors des répétitions du concerto de Lutoslawski, j’ai senti qu’il n’était pas suffisamment solide. Je suis allée à l’Atelier Pierre Guillaume et ils m’ont laissé essayer des archets. Pour le Lutoslawski quelques jours avant d’arriver à la Chapelle, j’y ai trouvé un très bel archet. C’est très aimable de leur part.

RM : Donc vous avez du vous habituer à un nouvel instrument, un nouvel archet en très peu de temps !

H.C. : Oui, et une nouvelle pièce !

RM : Cette victoire va changer votre vie. Mais que pouvez-vous dire à ce jour de vos attentes, de vos futurs projets ? Peut-être aviez-vous aussi des projets en cours ?

H.C. : En effet j’avais quelques projets, mais ce prix va me donner tant d’opportunités de jouer davantage, faire plus de concerts et rencontrer plus de public. J’ai vraiment hâte et je suis vraiment connaissance. Je ne peux pas encore y croire… c’est un peu irréel.

RM : Que diriez-vous à des aspirants solistes ou de jeunes musiciens qui voudraient embrasser cette carrière ? Ou bien simplement des jeunes qui souhaiteraient apprendre à jouer ?

H.C. : Pour moi, acquérir de l’inspiration est réellement important. Allez écouter des concerts ! Dès que j’en ai la possibilité j’essaie d’y aller. Et pas seulement de la musique, tout ce qui se rapporte à l’art, au théâtre. Parce que tout est lié. Même la littérature nourrit la musique. Parfois, je lis au moment où je joue une pièce et cela m’apporte beaucoup. Également les arts visuels. A telle période, tel moment. Je trouve aussi de l’inspiration avec la nature ! Donc soyez inspirés !

RM : Pour finir, est-ce que vous avez eu un moment préféré, une pièce que vous avez particulièrement aimé jouer durant ce Concours Reine Élisabeth ?

H.C. : La part la plus exaltante a été de jouer le Lutoslwaski avec l’orchestre. Un si grand orchestre. C’était comme une grande respiration. C’était un sentiment tellement immense. Une expérience très spéciale.

Crédits photographiques : © Queen Elisabeth Competition – Thomas Leonard

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