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Festival de Prades : Pierre Bleuse ou le bel aujourd’hui

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    Consolider les structures mises en place l’année dernière et favoriser le mélange des générations de manière à ce que le festival Pablo Casals devienne un lieu de rencontre et de création : tels sont les objectifs de pour la deuxième édition de son mandat de directeur, un projet innovant qu’il nous expose avec beaucoup de chaleur et d’élan à la veille du concert d’ouverture qu’il dirigera avec l’Orchestre du festival au côté du violoncelliste Daniel Müller-Schott.

    RM : À l’instar de la Marlboro Music School and Festival dont le modèle vous inspire, vous avez créé l’année dernière à Prades l’Orchestre du festival, une phalange où les professionnels encadrent les plus jeunes…

    PB : Comme l’année dernière, nous avons en résidence le Quatuor Dutilleux (quatuor à cordes) et le Klarthe Quintet (quintette à vent) qui joueront dans l’orchestre aux côtés des étudiants, quelque 35 musiciens venus de différentes écoles européennes, CNSM de Paris, HEM de Lausanne et Genève, ESMUC de Barcelone, International Menuhin Music Academy, Institut supérieur des Arts de Toulouse auxquelles se joint, pour cette deuxième édition, l’Académie d’Oslo. Je rappelle que tous ces jeunes sont rémunérés pour leur travail. Trois concerts symphoniques sont à l’affiche, invitant des solistes prestigieux comme le violoncelliste Daniel Müller-Schott (29 juillet) ou le flûtiste Emmanuel Pahud (12 août) que j’aurai le bonheur de diriger. Les jeunes musiciens ont également à charge les six concerts de musique de chambre intitulés Jeunes talents & friends qu’ils donneront, sous la houlette de leurs coachs, dans les églises avoisinantes à 11 heures du matin.

    RM : Tout en préservant la grande tradition pradéenne de la musique de chambre, vous avez à cœur de diversifier la programmation avec des propositions, des lieux et un public qui se renouvellent.

    PB : Nous aurons cette année à l’Abbaye Saint-Michel de Cuxa, et pour la première fois au festival, le Cuarteto Casals ainsi que la jeune phalange des Arod. J’ai également convié quatre jeunes artistes qui vont se rencontrer à l’occasion du festival autour du répertoire pour quatuor avec piano : le violoniste Benjamin Beilman, l’altiste Timothy Ridout, le violoncelliste Victor Julien Laferrière et le pianiste Louis Schwitzgebel-Wang.

    Et nous poursuivons bien entendu les rendez-vous plus tardifs (21h30) du Club dans le Parc du Château Pams où le jazz vocal (Camille Bertault) et instrumental alternera avec des artistes plus atypiques comme l’immense star de la guitare brésilienne Yamandu Costa ou encore Les Confrères, un quatuor vocal mêlant l’humour et la virtuosité.

    RM : La voix et les chœurs sont également au rendez-vous cette année…

    PB : Nous accueillons la soprano Marie-Laure Garnier qui partage la scène avec le Quatuor Dutilleux dans des lieder de Schubert ainsi que la mezzo-soprano Léa Desandre en compagnie de William Christie et Thomas Dunford dans un programme d’airs baroques. Et nous consacrons la journée du dimanche 7 Août aux formations chorales ; avec la participation du chœur Altitude de Cyprien Sadek, un musicien de haut vol qui est aujourd’hui installé à Eus, le petit village qui jouxte la ville de Prades. Il animera la traditionnelle Messe du festival célébrée par l’évêque, organiste et musicien, Monseigneur Turini, dans l’église de Prades le dimanche matin. Il y aura l’après-midi un concert avec son chœur et les phalanges amateurs du Conflent dans cet esprit de rencontre que je veux insuffler entre pratique amateur et professionnelle. Nous retrouverons Cyprien Sadek le soir, entouré de quelques musiciens dans l’église, avec son chœur Altitude et la Maîtrise Saint-Joseph de Prades dans un programme allant de John Taverner à Arvo Pärt.

    RM : La création n’est pas en reste, célébrée lors d’une soirée exceptionnelle et dans des lieux inhabituels…

    PB : Il était évident pour moi que l’artiste en résidence serait une compositrice. C’est à l’Italienne Lara Morciano, installée à Paris, que nous avons passé commande, en coproduction avec le Labo Flashback de Perpignan et son directeur Alexander Vert. L’œuvre pour alto (Odile Auboin), électronique et vidéo immersive (Thomas Pénanguer) qui sera créée le 11 août dans les Grottes des Grandes Canalettes referme le triptyque Birds in a Cage, un projet initié par Flashback dont on entendra également les deux pièces déjà écrites, celles d’Alexander Vert et de Grégoire Simon. La soirée se poursuivra à 22 heures sur le rempart de Villefranche de Conflent avec des personnalités de la musique électronique et un spectacle audio-visuel sollicitant la participation du même vidéaste Thomas Pénanguer.

    RM : En septembre 2023, vous prendrez vos fonctions de directeur artistique de l’Ensemble Intercontemporain ; envisagez-vous dès lors des liens plus étroits entre le festival et la phalange parisienne?

    PB : Bien entendu. Je les ai envisagés avant même ma prise de fonction puisque nous avons en résidence l’altiste et soliste de l’Intercontemporain Odile Auboin qui va créer la pièce de Lara Morciano. Mais je veux aussi m’appuyer sur les forces locales et les artistes de talent comme ceux du Labo Flashback avec qui nous allons continuer notre collaboration. Quant à l’EIC, je travaille déjà avec l’équipe au rayonnement de l’ensemble, à l’international bien évidemment mais aussi en région, de manière à porter plus largement leur action hors de la capitale. On parle beaucoup de la musique pour tous mais la création doit être aussi là pour tous et je m’engage à trouver les moyens pour la rendre accessible.

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