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Fabio Biondi ouvre le 18e Festival de Zermatt

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Zermatt. St-Mauritius-Pfarrkirche. 10-VII-2022. Giovanni Battista Viotti (1755-1824) : Concerto pour violon n°23 en sol majeur. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 7 en la majeur op.92. Zermatt Festival Orchestra, violon et direction : Fabio Biondi

Fabio Biondi dirige du violon le Concerto n° 23 de Viotti puis à la baguette la Symphonie n° 7 de Beethoven, dans la belle acoustique de la St-Mauritius-Pfarrkirche de Zermatt.


Introduit l’avant-veille par un récital de Christian Zacharias puis ouvert la veille avec un concert autour de quatre ouvrages baroques en compagnie du baryton Christian Gerhaher (retrouvé le lendemain pour deux récitals exceptionnels), le Festival de Zermatt permet à Fabio Biondi le second soir de diriger un ouvrage classique du violon. Et s’il remet à l’honneur le compositeur pour cette 18e édition, ce n’est pas avec le plus célèbre de ses concertos, le n°22, mais avec le suivant, n°23 en sol majeur, que Biondi choisit de débuter le programme.

Bien oublié aujourd’hui, ce contemporain de Mozart puis Beethoven, né un an avant le premier et mort trois ans avant le second, fait partie comme Clementi ou Cherubini des artistes classiques ayant remporté un grand nombre de triomphes de leur vivant, en plus d’avoir inspiré de nombreux musiciens par la suite. Vingt-troisième des vingt-neuf concertos écrits pour l’instrument fétiche de l’artiste, l’ouvrage présenté à Zermatt affiche une certaine modernité dans la technique de jeu, en plus d’apporter des thèmes facilement reconnaissables, par lesquels s’épanouit l’archet de Biondi, notamment à l’Allegro final. Écrit classiquement en trois mouvements pour un ensemble d’une vingtaine de musiciens, majoritairement sur cordes, le concerto gagne à être joué comme à son époque avec le violoniste concertant pour chef, Biondi n’hésitant pas à souvent se retourner vers l’orchestre, notamment dans les parties purement symphoniques.

Directement enchaînée après une courte adaptation du plateau, la Symphonie n° 7 de Beethoven nécessite une trentaine de musiciens compactés sur la petite scène de la St-Mauritius-Pfarrkirche, plutôt jeunes et tous intégrés pour l’occasion au Zermatt Festival Orchestra. Cette fois, Fabio Biondi a été positionné sur une petite estrade, qu’il regarde dubitativement à son retour, tant son placement est proche des marches. Heureusement, le chef sait contenir ses mouvements et dynamise l’ensemble principalement par ses mains, pour un rendu compact dès le début du Poco sostenuto, où la ferveur compense des attaques parfois moins en place entre les groupes ou en manque de justesse dans les cuivres. Un gros rubato aux bois permet d’introduire la partie Vivace du premier mouvement, suivie d’un Allegretto qui porte dans cette interprétation très bien son nom, puis d’un Presto et d’un Allegro con brio empreints des mêmes qualités et défauts que le premier mouvement. Le chef n’hésite pas à y utiliser une approche baroque dans la façon d’accentuer les phrases ou les tempos.

Acclimaté à la belle et reposante atmosphère de la station thermale des Alpes suisses, le Festival de Zermatt ouvre cette nouvelle édition sous les meilleurs auspices.

Crédits photographiques : © Olivier Maire

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Zermatt. St-Mauritius-Pfarrkirche. 10-VII-2022. Giovanni Battista Viotti (1755-1824) : Concerto pour violon n°23 en sol majeur. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 7 en la majeur op.92. Zermatt Festival Orchestra, violon et direction : Fabio Biondi

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