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L’intégrale des Canzoni de Frescobaldi par la Guilde des Mercenaires

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Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Canzoni da sonare. La Guilde des Mercenaires, direction : Adrien Mabire. 2 CD Lanvellec Editions. Enregistrés en décembre 2020 et septembre 2021 à Lannion. Livret en français et anglais. Durée totale : 142:07

 

Les sonorités amples et colorées des hauts-instruments à vent se mêlent aux timbres plus intimistes des flûtes et des cordes pour un florilège de canzones qui portent haut les couleurs de la fin de la Renaissance.

La musique instrumentale de Frescobaldi ne se réduit pas à ses chefs d’oeuvre pour clavier. L’organiste de St Pierre de Rome nous a laissé un corpus de canzoni plusieurs fois rééditées de son vivant, une forme initiée à Venise par Merulo et les Gabrieli. La plupart sont imprimées en parties séparées « pour toutes sortes d’instruments », d’autres sont éditées en « partition », permettant de choisir entre une interprétation au clavier ou par un ensemble instrumental. On retrouve dans ces pièces tout ce qui fait la richesse de l’écriture de Frescobaldi : contrepoint savant, hardiesses harmoniques, chromatismes, virtuosité au service d’une belle éloquence. La quarantaine de canzoni du maître romain représente à la fois l’apogée du genre et ses derniers feux, bientôt de nouvelles formes vont émerger avec la sonate et le concerto.

réunit une dizaine d’excellents instrumentistes à vent et à cordes autour du cornettiste . On avait beaucoup apprécié leur précédent CD, consacré à Gesualdo. C’est sous le même label Lanvellec Éditions qu’ils nous proposent aujourd’hui cette intégrale. Le premier défi de cet enregistrement a été d’établir l’ordre des pièces du programme, et de choisir les instruments à qui confier les différentes voix, selon leur tessiture. Pour les dessus, on a le choix entre cornets, violons et flûtes. Pour les basses, bassons, trombones et violes. Le continuo se répartit entre l’orgue de , le clavecin de , l’archiluth de Gabriel Rignol et la viole de Manon Papasergio. On n’a ainsi aucune impression de monotonie à l’écoute de ces canzones enchaînées, grâce à l’instrumentarium et aux effectifs variés. Dans ce programme parfaitement construit, les hauts-instruments (cornets, bassons, hautbois et trombones) alternent avec la douceur des cordes et des flûtes, plus intimistes. Plusieurs canzones sont écrites pour un instrument soliste, dessus ou basse, et basse continue. La Canzon prima per basso solo confiée à la viole de gambe accompagnée du seul archituth est un grand moment de douceur au milieu de toutes les guirlandes virtuoses des cornets et hautbois. Une autre canzone pour canto solo est confiée au violon volubile d’Hélène Houzel qui nous offre de beaux effets d’échos. Les canzones à cinq parties permettent de réunir toute la troupe pour un feu d’artifice de virtuosité dont l’expressivité n’est jamais absente. Le continuo tient une véritable place concertante dans le jeu des instruments. Dans plusieurs canzones, l’orgue s’enrichit d’une douce régale qui colore à merveille l’accompagnement. Cet enregistrement est un parfait manifeste de l’éloquence instrumentale.

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Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Canzoni da sonare. La Guilde des Mercenaires, direction : Adrien Mabire. 2 CD Lanvellec Editions. Enregistrés en décembre 2020 et septembre 2021 à Lannion. Livret en français et anglais. Durée totale : 142:07

 
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