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Très belle Création de Haydn à Baden-Baden par les Bamberger Symphoniker

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Baden-Baden, Festspielhaus, 27 XI 2022. Joseph Haydn (1732-1808) : « Die Schöpfung », oratorio en trois parties. Lydia Teuscher, Soprano ; Maximilian Schmitt, Tenor ; Florian Boesch, Bass ; Dresdner Kammerchor ; Bamberger Symphoniker ; direction Giovanni Antonini

Il est toujours intéressant d’entendre ce que peut produire la rencontre entre un chef comme , directeur d’un ensemble baroque (Il Giardino Armonico) et un orchestre porteur d’une aussi belle tradition romantique que celui des Bamberger Symphoniker.

Dès l’ouverture, la réussite est patente. Le chef prend un plaisir évident à tirer sur les lignes somptueuses et à faire résonner les sonorités pleines et charnues des instruments modernes. Mais on respire entre ces lignes, ce qui fait apparaitre une texture particulièrement claire de ce soi-disant chaos. Les dissonances s’entendent toutes, brillantes, et donnent à ressentir l’impatience de ce tohu-bohu primitif à vivre enfin l’expérience de la lumière. Cette ouverture-là, lyrique et transparente, est certainement le plus beau moment du concert. La troisième partie est également fort réussie, dirigée de façon très chantante mais sans emphase, avec beaucoup de douceur et de tendresse. Le chœur, acteur essentiel de l’oratorio, est excellent : le , avec des voix jeunes et souples, est d’une précision et d’une rigueur admirables. Chacune de ses actions de grâce, le long des six jours de la Genèse, est un moment merveilleux de ferveur musicale. Les fortissimi pourraient être plus marqués (und es ward Licht…), mais la pulsation donnée par le chef est suivie, et c’est bien lui, le chœur, qui porte les colonnes du chef d’œuvre du vieux Haydn. Dans la deuxième et troisième parties, celles qui décrivent jour après jour la création du monde, la volonté descriptive est un peu trop marquée, et porte un petit tort à la grandeur du souffle créateur. Par exemple, le rajout de fioritures brillantes pour la soprano, lors de la création des oiseaux, introduit même un soupçon de superficialité, qui n’est pas vraiment nécessaire… Le lever du soleil est un peu embrumé (pourquoi se méfie-t-il des fortissimi ?), mais le clair de lune est délicieux de rêverie. Globalement, le dessin animé musical fonctionne bien.

Devant un si beau chœur et un si bel orchestre, les solistes arrivent à ne pas démériter. , qui remplace Christiane Karg souffrante, s’en tire avec honneur. La voix met un peu de temps à s’échauffer, mais la fraicheur, la souplesse, la virtuosité sont là. , un peu trop vibrant au début, et avec quelques difficultés à vocaliser (Der Herr ist Gross…) finit par donner à Uriel une dimension d’humanité superbe dans la troisième partie. a une belle voix de baryton-basse, ductile, voire colorature. On regrette qu’il se laisse aller à quelques pitreries vocales animalières, car sinon, son chant est parfaitement distingué et son élocution remarquable.

Crédit photographique © Andreas Herzau

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Baden-Baden, Festspielhaus, 27 XI 2022. Joseph Haydn (1732-1808) : « Die Schöpfung », oratorio en trois parties. Lydia Teuscher, Soprano ; Maximilian Schmitt, Tenor ; Florian Boesch, Bass ; Dresdner Kammerchor ; Bamberger Symphoniker ; direction Giovanni Antonini

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