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Alain Altinoglu ouvre avec bonheur le festival de Colmar

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Colmar, Festival de Colmar, Eglise St Matthieu, 05-VII-/2023
Ludwig van Beethoven (1778-1826) : Concerto pour piano n°4 op.58 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4. Alexandre Kantorow, piano ; Chen Reiss, soprano ; Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, direction : Alain Altinoglu

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La joie est sensible dans la salle, avant même le discours du président du festival : après deux ans d'interruption, le Festival international de Colmar renait enfin, et de manière prometteuse, sous la direction artistique d', et des solistes aussi réputés que et .


Il renait ce soir dans l'admirable nef de l'église St Matthieu, à la fois sobre, lumineuse et chargée de sa longue histoire. C'est un des nombreux charmes de ce festival de Colmar : en l'absence d'auditorium ou de grande salle de concert, il a su tirer profit du patrimoine historique de cette ville exceptionnelle qui fournit des lieux magiques mais de tailles modestes, et programmer des concerts en fonction de leurs capacités d'accueil. C'était presque ambitieux de planifier une symphonie de Mahler et un concerto de Beethoven dans une demi-église qui compte aux maximum 750 places, mais les volumes et l'acoustique correspondent très bien à un orchestre symphonique, lequel s'entend avec clarté et netteté dans tout l'espace.

Le concert commence avec le splendide Concerto pour piano n°4 de Beethoven, et dès les premières mesures, les intentions du chef sont évidentes : montrer un Beethoven apaisé mais enthousiaste, heureux du dialogue fraternel entre le piano et l'orchestre. La virtuosité d', chantante et étincelante, atteint une fluidité presque évaporée. Les phrases et les trilles glissent sur les masses sonores de l'orchestre et s'envolent dans un scintillement délicieux. Le jeune pianiste français ose, dans les cadences, des contrastes violents ou des couleurs qui évoquent Brahms et même Debussy, sous le regard amusé et fasciné des musiciens de l'orchestre, et retombe impeccablement sur ses pieds. Le triomphe est total, et oblige à un bis extrait des Années de pèlerinage de Liszt.

Le choix de la Quatrième de Mahler s'avère judicieux, puisque de toutes ses symphonies, c'est celle où la recherche de l'effet volumique est la moindre, et parallèlement, sans doute celle où les recherches sur les couleurs orchestrales sont les plus abouties. L'adéquation à la taille de la salle et à celle de l' est optimale. Là encore, communique une joie calme et sereine à toute l'œuvre. Les contrastes de nuance et de couleur n'ont rien de chaotique, malgré leur énergie, et leurs oppositions ne sont que constructions heureuses. Les montées en tension et leurs résolutions explosives sont jubilatoires (1er et 3eme mouvements). L'adagio s'étire dans toute sa sublimité, mais sans mélancolie. Entre l'orchestre et le chef, qui partagent d'autres projets actuellement, la complicité est évidente. La cohésion des pupitres est remarquable, et leur exactitude est presque parfaite. La symphonie s'achève avec la contribution lumineuse de , toute à son aise dans la naïveté savante de « Das Himmlische Leben ». Avec sa voix pure, sa diction très correcte et son phrasé véritablement angélique, elle termine en beauté cette soirée placée, décidément, sous le signe du bonheur.

Crédit photographique © Bernard Fruhinsholz

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Colmar, Festival de Colmar, Eglise St Matthieu, 05-VII-/2023
Ludwig van Beethoven (1778-1826) : Concerto pour piano n°4 op.58 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4. Alexandre Kantorow, piano ; Chen Reiss, soprano ; Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, direction : Alain Altinoglu

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