TAKE 3 : Pat Kop fait encore des siennes…
Voilà un album fidèle à l'image de ses interprètes, Patricia Kopatchinskaja – ou Pat Kop , Reto Bieri et Polina Leschenko : original assurément, iconoclaste, plein d'humour, de vitalité et de nostalgie, totalement inclassable.

Sont convoqués ici Francis Poulenc, Bélà Bartók, Paul Schoenfield et Serban Nichifor dans un florilège de mondes sonores tous différents qui sonnent comme un retour aux sources… Mais attention, que l'on ne s'y trompe pas : ici, l'éclectisme n'est pas synonyme de superficialité, mais bien au contraire de talent et d'émotion conjugués, qui font de cet enregistrement une véritable découverte autant qu'une perle rare !
Le « fil rouge » de cet album est constitué par l'Invitation au Château (FP 138) de Francis Poulenc, musique de scène composée en 1947 pour illustrer la pièce éponyme de Jean Anouilh dont on entend différents extraits (Mouvement de valse, Tempo di Boston, Follement gai, tempo di Tarentelle, Très canaille, Tango) pour introduire les autres pièces dans une saisissante et quelque peu foutraque diversité.
Le Trio pour clarinette, violon et piano de Paul Schoenfield, musicien nord-américain d'origine juive, né en 1947. Véritable kaléidoscope musical qui entremêle des accents populaires hassidiques et des formes plus traditionnelles classiques dont nos trois interprètes donnent une interprétation endiablée et très colorée, laissant libre cours à leur époustouflante virtuosité dans un foisonnement de timbres et de contrastes.
Francis Poulenc encore avec la Bagatelle pour violon et piano (1932) où les grincements du violon de Pat Kop répondent aux martèlements du piano de Polina Leschenko et la célèbre Sonate pour clarinette (1962) superbement interprétée par Reto Bieri dont on admire l'émouvant legato autant que les bondissants staccatos.
Béla Bartók ensuite avec son âcre et chaotique Burlesque pour violon et piano et ses Contrastes pour violon, clarinette et piano (1938). Cette dernière œuvre, très polymorphe et d'une grande difficulté rythmique fait la part belle au violon et à la clarinette dans un dialogue serré tout au long de ses trois mouvements (Verbunkos, Piheno, Sebes) entremêlant les rythmes de danse et les mélodies d'inspiration folkloriques.
La Dance Klezmer de Serban Nichifor, né en 1954, conclut cet album hors normes dans un embrasement sonore à faire danser les morts !








