Les contes de Brocéliande à la Maison de la Radio : musique et merveilles
Pour son deuxième concert jeune public de la saison dans la série des Contes de la Maison ronde, l'ONF a choisi de mettre en avant le répertoire pour quintette à vent et les légendes liées à la plus célèbre des forêts bretonnes.

La simplicité n'est pas un vilain défaut : là où le précédent spectacle dans la série nous avait semblé manquer de quelque chose, ces contes de Brocéliande ne souffrent à aucun moment de la sobriété du dispositif. Il faut dire que Stéphane Michaka n'a pas essayé de résumer ou condenser toute la matière de la littérature arthurienne qui a trait à la « Petite Bretagne » et à sa forêt enchantée. Il en a sélectionné certains éléments et les a entremêlés à des contes populaires, choisissant habilement la figure complexe et ambivalente de la fée Viviane comme conteuse et comme personnage unificateur. Viviane, c'est la formidable comédienne Juliette Roudet, déjà entendue ici en Alice ; tantôt racontant l'histoire des autres (comme celle des chevaliers prisonniers du Val sans retour), tantôt contant ses actions, elle donne aussi et surtout vie à ce personnage vivant, espiègle et grave à la fois, dans son « être » de fée et dans sa relation étrange avec Merlin. Seule en scène, avec l'aide d'une voix enregistrée mais parcimonieuse, dans une mise en espace et en lumière qui va à l'essentiel, Juliette Roudet embarque la salle entière, avec toujours le ton juste, entre humour et gravité.

La musique, assurée par cinq musiciens excellents et très investis de l'Orchestre national de France, n'est pas un simple accompagnement. Le choix du quintette à vent permet d'évoquer la forêt, son mystère et ses sons (avec notamment l'introduction d'inspiration bruitiste de Manual de Vuelo del Aeronauta Inexperto, la pièce de Mikel Urquiza qui sert de fil rouge), mais aussi le caractère champêtre qu'on retrouve dans le texte (avec en particulier les extraits de Danses hongroises du XVIIe siècle de Ferenc Farkas). Il permet aussi aux plus jeunes de découvrir ces instruments et leurs déclinaisons (piccolo, cor anglais, petite clarinette), et à tous d'entendre un répertoire peu fréquenté mais bien varié. En plus du très beau choix de pièces, ce spectacle (et futur podcast) réussit une intégration exemplaire de la musique. Celle-ci devient un personnage à part entière de l'histoire, au prix parfois d'une fragmentation qui est sûrement le prix à payer pour embarquer efficacement les enfants auxquels cette création s'adresse, à partir de cinq ans.
S'il arrive parfois pour les spectacles jeune public que l'on sorte de la Maison ronde en se disant que le résultat qu'on vient d'entendre sera peut-être plus satisfaisant en diffusion radiophonique ou en podcast, ce n'est assurément pas le cas avec ces Contes et merveilles de Brocéliande.







