À Bamberg, la quinzième édition des International Classical Music Awards (ICMA)
Pour sa quinzième édition, les ICMA (International Classical Music Awards) ont choisi Bamberg pour leur concert de gala. La ville de Bavière fêtait également ce jour-là le 80e anniversaire du prestigieux Bamberger Symphoniker.
Le 20 mars 1946, l'Orchestre symphonique de Bamberg voyait le jour et interprétait pour son concert inaugural l'ouverture Léonore III de Ludwig van Beethoven. Quasiment jour pour jour, 80 ans plus tard, c'est cette même œuvre qui a ouvert le 15e concert de gala des International Classical Music Awards (ICMA). Une cérémonie qui a particulièrement mis à l'honneur le Bamberger Symphoniker (récompensé d'un « Special Achievement Award » 2026), et son directeur musical, le chef Jakub Hrůša, désigné Artiste de l'année par le jury des ICMA. Le chef d'orchestre tchèque préside depuis dix ans aux destinées musicales de la prestigieuse phalange allemande, qu'il dirigera jusqu'en 2029, avant de prendre de nouvelles fonctions dans son pays natal à la tête de la Philharmonie Tchèque.
En préambule au concert de gala, 27 trophées ont été remis par les ICMA, présidés par Rémy Franck, dont un « Prix spécial » pour l'ensemble de ses réalisations au label français Le Palais des Dégustateurs qui a permis la publication de nombreux enregistrements inédits de Carlos Païta, décédé en 2015. Un prix remis en la présence du fils du grand chef d'orchestre argentin, Alexandre Païta. À noter également le prix « Enregistrement historique » attribué au label Brilliant Classics pour le coffret dédié au grand pianiste italien Sergio Fiorentino. Le palmarès complet des lauréats ICMA est à retrouver sur ResMusica.
Malgré l'absence regrettée pour raisons de santé du pianiste Stephen Kovacevich, récompensé pour l'ensemble de sa carrière (Lifetime Achievement Award), ainsi que l'indisponibilité de la jeune mezzo soprano Anja Mittermüller (Jeune Artiste de l'année), le concert de gala des 15e ICMA a permis de mettre à l'honneur quelques-uns des nombreux artistes, ensembles et labels primés en 2026.
L'altiste Nils Mönkemeyer, qui a participé à l'album Shostakovich Discoveries (Deutsche Grammophon), récompensé dans la catégorie « Premier enregistrement », a interprété le mouvement final, plein de fougue folklorique, du Concerto pour alto de Béla Bartók.
De la fougue, il y en eut également avec le violoniste Roman Simovic, premier violon du London Symphony Orchestra (le label LSO Live étant désigné Label de l'année), dans le finale ébouriffant du Concerto pour violon de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Chaque année, les ICMA n'oublient pas de mettre à l'honneur la musique contemporaine. C'est ainsi que le Bamberger Symphoniker sous la direction de Jakub Hrůša a interprété deux fascinants Interludes de l'Oratorio Passion du jeune compositeur hongrois Péter Zombola (Prix Compositeur).
Dans la catégorie Musique contemporaine, c'est le disque du label Bis consacré au compositeur finlandais Kalevi Aho qui a été récompensé. La flûtiste Sharon Bezaly a interprété l'époustouflant Presto du Solo III, enchainé avec le poétique final du Concerto pour alto par sa dédicataire, l'altiste Hyoli Togawa.
L'Italie a été doublement récompensée. Tout d'abord avec le brillant pianiste Roberto Prosseda, pour son disque War Silence (catégorie Concertos), consacré à de rares concertos pour piano italiens du XXe et du XXIe siècle. Roberto Prosseda a interprété le premier mouvement du Concerto pour piano de Silvio Omizzolo. Avant d'accompagner la soprano d'origine albanaise Ermonela Jaho, dans un délicieux Lamento per la morte di Bellini de Gaetano Donizetti, extrait de l'intégrale Donizetti Songs (label Opera rara), récompensé du Prix Musique vocale.
La musique ancienne n'a pas été oubliée, avec l'ensemble Amarcord, récompensé du Prix Musique ancienne avec l'album Maria-Josquin in Leipzig (label Raumklang). Les cinq chanteurs de l'ensemble allemand ont régalé le public de Bamberg avec deux airs de Josquin Desprez, le recueilli Sana me Domine, puis le nettement plus gaillard Scaramella.
Les ICMA mettent un point d'honneur à faire découvrir et valoriser les talents de demain. Accompagnés par les forces du Bamberger Symphoniker, la jeune violoniste Mariam Abouzhama (Prix Découverte 2026) et le pianiste Anthony Ratinov (Prix Classeek 2026), récent lauréat du Concours Busoni, ont interprété les célébrissimes finales du Concerto pour violon de Johannes Brahms et du Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski.
Il y a 80 ans, l'Orchestre symphonique de Bamberg, clôturait son concert inaugural par la Symphonie n°7 de Ludwig Van Beethoven. En toute logique, Jakub Hrůša a conclu également la soirée de gala des ICMA par une explosive interprétation du final de cette même symphonie, si bien surnommée « Apothéose de la danse ».
ResMusica est le représentant français au jury des ICMA depuis leur création en 2010.
Crédits photographiques : © Marian Lenhard



















