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SVEN d’Héloïse Jocqueviel à l’Opéra Bastille, le cygne qui se délivre

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Paris. Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. 12-IV-2026. SVEN. Chorégraphie : Héloïse Jocqueviel. Musique : Ulysse Zangs. Lumière : James Angot. Avec Alice Godfrey et Awa Joannais en alternance

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propose une splendeur ciselée dans le diamant, fragile et fière, en un solo magistralement interprété par ce jour-là, en alternance avec Alice Godfrey.

Nous avions quitté en décembre 2022, lors d'une rencontre pour ResMusica, alors que l'interprète était encore quadrille à l'Opéra de Paris. Déjà se manifestait un désir d'indépendance que SVEN vient confirmer, brillamment. Elle interprétait, avant de quitter l'Opéra, un rôle dans Kontakthof de Pina Bausch. Elle s'intéressait déjà à la dimension féministe de l'art, lisait des auteurs femmes et notait très justement que pendant longtemps, les chorégraphes féminines se limitaient à Carolyn Carlson et Trisha Brown.

avait des désirs d'art-thérapie et de création, autant dire que la transformation est réussie. Celle qui se formait au travail de régie à l'Opéra, dans l'idée de se diversifier, réinvestit assurément ce capital aujourd'hui, avec son créateur lumière James Angot, dans un spectacle remarquable.

 

Comment ne pas songer au Cygne de Mallarmé devant ce cygne de Jocqueviel : « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui / Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre / Ce lac dur oublié que hante sous le givre / Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ! » Sur scène, ce cygne-là, lui aussi, essaie de se délivrer : d'une glace peut-être, d'un rôle qu'il ne veut plus jouer, de toute évidence. Comme chez Sharon Eyal, avec qui Jocqueviel a travaillé à l'Opéra et après avoir quitté l'Opéra, ce SVEN travaille la hauteur et le ramassé, les bras déliés, les forces et les contre-forces.

Accompagnée par un Ständchen de Schubert merveilleusement retravaillé par Ulysse Zangs, maîtrise une lenteur extatique et contemplative qui convoque les plus grands noms de la danse. Ici en effet les mouvements rapides et lents, qui explorent les plans verticaux et horizontaux, rappellent les gammes de Rudolf Laban. La délicatesse du geste, son caractère rituel, évoquent la chorégraphie « La mère » d'Isadora Duncan. Une autre femme, une autre référence, un destin chorégraphique que l'on souhaite à la déjà grande Héloïse Jocqueviel.

Crédit photographique : © Julien Mignot

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Paris. Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. 12-IV-2026. SVEN. Chorégraphie : Héloïse Jocqueviel. Musique : Ulysse Zangs. Lumière : James Angot. Avec Alice Godfrey et Awa Joannais en alternance

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