La Missa Cellensis de Joseph Haydn en gloire avec René Jacobs et ses musiciens
La Messe à Sainte-Cécile de Haydn porte une histoire quelque peu compliquée. René Jacobs avec sa phalange de musiciens hautement informés nous entraîne en un tourbillon de lumière, évocateur de la célèbre figure de celle qui fut nommée la patronne de la musique et des musiciens.

Parmi les Messes de Joseph Haydn, celle que nous propose aujourd'hui René Jacobs est sans doute l'une des moins connues. Son histoire reste floue. Initialement composée en 1766 et répertoriée sous le nom de Messe à Sainte-Cécile, ce n'est qu'en 1970 que fut découvert à Budapest un fragment original avec son titre complet tel que nous le connaissons de nos jours. Ce manuscrit retrouvé a pu également expliquer la destination initiale de cette Messe, dévolue au pèlerinage de Mariazell en Styrie.
Les quatorze Messes se répartissent en trois périodes et celle écrite pour Sainte-Cécile se situe au tout début de la maturité du compositeur à partir des années 1765… Déjà connu en discographie, cette œuvre est cependant beaucoup moins enregistrée que les six dernières Messes dont les plus célèbres : Pauken, Theresien, Harmonie entre autres. On est stupéfait de l'immense qualité de ces chefs-d'œuvre, capables de rivaliser avec les Messes de Wolfgang Amadeus Mozart. La forme de ces œuvres reste immuable, illustrant en musique les différents moments de l'office religieux. Le style dit « classique » est caractéristique de cette période historique après 1750, et la Missa Cellensis n'y échappe pas, avec une utilisation d'importants moyens vocaux et orchestraux.
L'œuvre débute dans l'ombre avec un premier Kyrie empli de repentance, avant que n'explose la lumière comme Haydn sait nous le montrer en réservant sa surprise. Tout devient ludique et joyeux, rempli d'humour aux accents théâtraux. Comme chez Mozart, l'opéra n'est pas bien loin ce qui donne un relief enthousiaste et vivifiant. Portés par le texte, les musiciens ne ménagent pas leurs effet depuis un quatuor vocal n'hésitant pas à grossir le trait quand nécessaire. René Jacobs à la direction mène sa phalange sur des terres chaudes et parfois escarpées pour exprimer une souple et intense jubilation. On est heureux d'apprendre que cet enregistrement est le premier d'une collaboration de l'artiste et de ses musiciens avec le label Alpha pour une série de quatre autre albums consacrées aux six dernières Messes.
Pour l'instant on se délecte de moments d'exception au cours de cette œuvre, exaltés par le chœur de l'académie de Zürich, y compris dans les passages les plus redoutables d'exécution. Une version de référence qui s'inscrit désormais dans une intégrale en cours des plus grandes Messes du musicien du Comte Esterhazy.










