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Avec Adriana González, les rondos d’Adriana Ferrarese

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Vicent Martín i Soler (1754-1806) : « Cessa, cessa mio core … Teco porta, o mia speranza » extrait de L’arbore di Diana. Angelo Tarchi (c.1760-1814) : « Ah! Se tu m’ami … A sol bramo la mia speranza » extrait de Il conte di Saldagna. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Giunse al fin il momento … Al desio di chi t’adora » et « E Susanna non vien … Dove sono i bei momenti » extraits de Le nozze di Figaro K. 577 ; Rondo pour violon et orchestre en ut majeur K. 373 ; Rondo pour violon et orchestre en si bémol majeur K. 269 (261a) ; « Ei parte… senti… Ah no! … Per pietà, ben mio, perdona » extrait de Così fan tutte K. 588. Ferdinando Gasparo Bertoni (1725-1813) : « Mater cara, extremum vale » extrait de Balthassar. Giuseppe Giordani (1751-1798) : « In quale istante … Partirò dal caro bene extrait de Erifile. Pasquale Anfossi (1727-1797) : « Se mi lasci, o mia speranza » extrait de Sedecias. Joseph Weigl (1766-1846) : « Ah che in van cerco pace … Giusti numi, amor pietoso ». Avec Adriana González, soprano ; Johannes Pramsohler, violon. Ensemble Diderot, direction : Iñaki Encina Oyón. 1 CD Audax Records. Enregistré du 23 au 26 mai 2024 au Gustav Mahler-Hall de Dobbiaco (Toblach). Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 73:55

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Un programme cohérent et original porté par des artistes au charisme incandescent. À consommer sans modération.

Un album comme on les aime. Le programme, tout abord, conçu pour rendre hommage au répertoire de la grande soprano italienne du XVIIIᵉ siècle , est un modèle du genre. Mêlant des pièces hyperconnues – le « Dove sono » de la comtesse des Noces, le « Per pietà » de Fiordiligi… – avec quelques premières mondiales au disque, il donne une idée extrêmement fidèle de l'art et du répertoire de cette immense chanteuse, spécialiste du cantar di sbalzo dont les écarts et les sauts de registre de Fiordiligi sont la plus parfaite illustration. Formée à l'ospedale dei mendicanti de Venise, créatrice de rôles de Mozart, Martín i Soler et Salieri, celle qui fut aussi la maîtresse de Da Ponte brilla dans toute l'Europe des années 1780 et 1790, imposant un style qui, à en croire l'inspirant texte de présentation du musicologue Karl Boehmer, n'était pas du goût de tout le monde. Les caractéristiques de l'art vocal de la Ferrarese se lisent en grande partie de les arie di baule, ces fameux airs dit « bagage » que certains interprètes inséraient dans les ouvrages qu'ils étaient chargés d'interpréter. C'est ainsi que l'album permet de découvrir un air d' intercalé au milieu de L'arbore di Diana de Martín i Soler, un air de chanté à la fois à Londres dans un opéra de Salieri et à Florence dans un ouvrage de Tarchi, et ainsi de suite. Autre cause de réjouissance, le choix pour l'essentiel du programme de la forme musicale du rondo, qui donne unité et cohérence à l'album ainsi qu'une belle démonstration de l'inventivité mélodique des compositeurs ici représentés, pour la plupart des contemporains, voire des coéquipiers de Mozart, dont tous visiblement ne sont pas restés à la postérité.

De la Ferrarese, n'a de toute évidence pas que le prénom. Familière à la scène des rôles de Fiordiligi et de la Comtesse, mais aussi de Zerlina qu'elle interpréta en début de carrière, la cantatrice possède elle aussi des graves retentissants et des aigus de toute beauté, n'hésitant pas à flirter avec la quinte suraiguë qui la fait grimper jusqu'au contre-mi. Ses vocalises sont d'une agilité impressionnante, notamment dans les pages de Giordani, Anfossi et Weigl, et son legato mielleux, récemment apprécié à Strasbourg dans sa Desdémone verdienne, fait particulièrement merveille. Tiendrions-nous là une nouvelle Margaret Price ? On saluera également la pertinence de ses ornementations, d'un goût très sûr en dépit de leur relative audace, tout à fait dans l'esprit de ce qui devait se faire du temps de la Ferrarese. C'est à partir d'une version ornée de l'aria de Martín i Soler pour L'arbore di Diana que la soprano, aidée de son chef , a composé les cadences et variations des airs de son programme, y compris celles de « Dove sono » qui pourront surprendre plus d'un auditeur.

Vive, énergique et précise, la direction d' à la tête de l' est un bonheur de tous les instants. Le violon solo de , à qui sont confiés deux rondos de Mozart pour violon et orchestre, éblouit lui aussi par sa virtuosité et sa musicalité. Des musiciens de l'ensemble, se distingue la flûte solo d', particulièrement mise en valeur dans le « Giusti numi, amor pietoso » de . Sollicité à la fois dans l'air de « A sol bramo la mia speranza » de Tarchi et dans le « Per pietà » de Così, le cor de lui aussi séduit par la précision de ses attaques et la qualité de ses interventions.

Un CD enthousiasmant, à la fois par l'originalité de son programme et la magie de son interprétation.

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Vicent Martín i Soler (1754-1806) : « Cessa, cessa mio core … Teco porta, o mia speranza » extrait de L’arbore di Diana. Angelo Tarchi (c.1760-1814) : « Ah! Se tu m’ami … A sol bramo la mia speranza » extrait de Il conte di Saldagna. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Giunse al fin il momento … Al desio di chi t’adora » et « E Susanna non vien … Dove sono i bei momenti » extraits de Le nozze di Figaro K. 577 ; Rondo pour violon et orchestre en ut majeur K. 373 ; Rondo pour violon et orchestre en si bémol majeur K. 269 (261a) ; « Ei parte… senti… Ah no! … Per pietà, ben mio, perdona » extrait de Così fan tutte K. 588. Ferdinando Gasparo Bertoni (1725-1813) : « Mater cara, extremum vale » extrait de Balthassar. Giuseppe Giordani (1751-1798) : « In quale istante … Partirò dal caro bene extrait de Erifile. Pasquale Anfossi (1727-1797) : « Se mi lasci, o mia speranza » extrait de Sedecias. Joseph Weigl (1766-1846) : « Ah che in van cerco pace … Giusti numi, amor pietoso ». Avec Adriana González, soprano ; Johannes Pramsohler, violon. Ensemble Diderot, direction : Iñaki Encina Oyón. 1 CD Audax Records. Enregistré du 23 au 26 mai 2024 au Gustav Mahler-Hall de Dobbiaco (Toblach). Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 73:55

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