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À France-Amériques, trois trios romantiques autour du pianiste Ingmar Lazar

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Paris. France-Amériques. 29-VI-2025. Serguei Rachmaninov (1873-1943) : Trio Élégiaque n° 1. Franz Schubert (1797-1828) : Notturno D.897. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio n° 2 op. 87. Ingmar Lazar, piano ; Christoph Seybold, violon ; Johannes Raab, violoncelle

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Lieu prestigieux de l’avenue Franklin-Roosevelt à Paris, France-Amériques accueille des récitals de solistes de tous horizons. Le trio composé d’ au piano, de au violon et de au violoncelle refermait la saison musicale. 

Les trois œuvres de musique de chambre interprétées durant cette soirée arpentent autant de chemins du romantisme : le premier d’entre eux, naissant avec le regard nostalgique de Schubert, le second dans l’accomplissement slave du romantisme finissant de Rachmaninov et le troisième affirmant un élan de dimension symphonique grâce à Brahms. Autant de défis à relever pour les trois interprètes, défis moins techniques que stylistiques, car les paysages qui nous sont décrits n’emploient pas les mêmes peintures. Enfin, les trois personnalités inauguraient leur formation et il fallut trouver un équilibre. Celui-ci fut incontestablement assuré par le piano d’.

Alors âgé de 18 ans, Rachmaninov composa son Trio n° 1 durant ses années de conservatoire. La pièce fut créé en 1892 puis la partition fut égarée avant d’être finalement publiée après la Seconde Guerre mondiale. L’hommage à Tchaïkovski est particulièrement marqué bien que l’écriture du jeune Rachmaninov s’affirme déjà pleinement. Un seul et unique mouvement d’une grande générosité lyrique met en valeur le piano. La variété des climats étonne et on apprécie d’autant plus la fraîcheur de jeux des instrumentistes qui ne forcent jamais le son. Il est vrai que le piano dans cette belle salle de musique de chambre est un Yamaha quart de queue bien réglé, mais d’une puissance contenue, en adéquation avec l’acoustique à la fois intimiste et réverbérée du lieu. Les solistes font preuve de beaucoup d’engagement et prennent des risques jusque dans la conclusion tragique de l’œuvre.

L’Adagio en mi bémol majeur plus connu sous le nom de Notturno fait partie des pages testamentaires de Schubert. On ne sait d’ailleurs s’il fut composé en 1827 ou durant la dernière année d’existence de celui-ci. Il est probable que ce mouvement ait été destiné à un nouveau trio. Il est écrit dans l’esprit de la fantaisie, c’est-à-dire qu’il laisse toute liberté aux interprètes pour que le rythme porte l’esprit de l’improvisation entre les cordes et le clavier. Les trois solistes paraissent moins à l’aise dans cette partition qu’ils enferment dans une marche funèbre. Ce pourrait être une option s’il n’y manquait pas l’énergie nécessaire pour renouveler le caractère obsessionnel du thème. Est-ce le choix d’un tempo trop lent qui conduit à une sorte d’immobilisme ? 

Le second des trois trios avec piano de Brahms fut achevé en 1882. L’hommage rendu à Beethoven est évident dès les premières mesures. C’est peut-être ce qui manque à l’interprétation qui débute sans beaucoup de carrure et de puissance de projection. Les trois musiciens se concentrent avant tout sur l’architecture de cette partition d’une grande complexité avec ses deux thèmes et six idées secondaires. À l’évidence, ils bataillent pour éviter les baisses de tension et quelques décalages. Le mouvement lent joue de la variation. L’atmosphère est belle, chargée de gravité et de douleur. Oublions quelques problèmes de justesse. Les deux derniers mouvements sont les plus réussis. Le Scherzo est un hommage à la fantaisie schumanienne et l’énergie est parfaitement tenue par le piano qui « distribue » les rôles. Le finale est également d’une belle pulsation, même si on regrette que le violoncelle ne soit pas aussi engagé dans son expression que ses partenaires. Cela étant, l’esprit viennois, à savoir le contraste entre une écriture savante et un esprit de danse populaire est préservé. Voilà un mouvement qui suscite, à juste à titre, les applaudissements !

En “bis”, le Trio propose la première des deux pièces pour deux violons et piano (transcrite pour violon et violoncelle) de Chostakovitch. Une charmante bluette comme le musicien soviétique savait les composer, afin de détourner l’attention des officiels si prompts à condamner ses digressions « formalistes ». 

Crédits photographiques : © Théo Urvoy

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Paris. France-Amériques. 29-VI-2025. Serguei Rachmaninov (1873-1943) : Trio Élégiaque n° 1. Franz Schubert (1797-1828) : Notturno D.897. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio n° 2 op. 87. Ingmar Lazar, piano ; Christoph Seybold, violon ; Johannes Raab, violoncelle

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