Teodor Currentzis et Asmik Grigorian en vedette pour une Carmen frustrante au festival de Salzbourg
Le chœur est sensationnel, la mise en scène esthétique mais superficielle, et les deux têtes d’affiche ne tiennent que partiellement leurs promesses.

La première première d’opéra du festival de Salzbourg, chaque année, est une affaire de mondanités plus que de musique, et cette Carmen ne fait pas exception : le meilleur signe en est l’entracte à rallonge, où le public anonyme n’a qu’à attendre que les gens qui comptent se résignent à quitter le cocktail pour retourner au « pensum ».
L’affiche de cette Carmen est dominée par deux des noms qui auront le plus marqué les années Hinterhäuser au Festival, la soprano Asmik Grigorian en Carmen et Teodor Currentzis dans la fosse. Les critiques n’ont pas manqué pour dénoncer l’attachement inentamé de l’intendant sortant à Currentzis aux liens longtemps affirmés avec le pouvoir de son pays, et ce d’autant plus que l’Autriche est depuis longtemps une porte d’entrée essentielle de l’influence russe en Europe occidentale. Aujourd’hui, ce n’est plus MusicAeterna qui est dans la fosse, mais Utopia, opération hâtive de rhabillage suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022. L’orchestre se garde bien de publier la liste de ses membres, et Currentzis veille à ne prendre aucune position publique.
À Salzbourg, le chef a certes offert quelques grands moments, avec La Clemenza di Tito mise en scène par Peter Sellars et Don Giovanni vu par Castellucci, mais aussi beaucoup de prestations décevantes : une Symphonie n°4 de Mahler d’un impossible maniérisme ou un Château de Barbe-Bleue d’une grande vacuité.
Cette fois, ni ennui ni merveille. Le travail de Currentzis, c’est prendre en main des partitions ultra-connues pour les faire écouter d’une manière entièrement nouvelle. Ça marche pour La Traviata (à Luxembourg), beaucoup moins pour cette Carmen. Les premiers numéros sont soigneusement tenus, avec des cordes un peu ternes face à des bois volontiers mis au premier plan ; les choses changent avec la scène des cigarières, que Currentzis plonge dans une atmosphère rêveuse où tous les contours sont estompés, et ce depuis le prélude avant les premiers mots des galants jusqu’à l’envoi de la fleur : cette vision très personnelle ne manque pas de poésie, mais l’intensité de ce moment est loin d’être commune à toute la soirée. La fin de l’acte II par exemple, cette si belle invocation de la liberté, est impressionnante peut-être, mais trop corsetée pour que puisse naître l’ivresse de cette liberté célébrée par Carmen.
Pour les voix, ce n’est pas Asmik Grigorian qui fait l’événement, encore moins son Don José, mais le chœur, cet « Utopia Choir » qu’on ne confondra pas avec le MusicAeterna Choir, mais qui, même étendu par les membres de l’excellent Bachchor Salzburg, est encore et toujours dirigé par Vitaly Polonsky. Ce qu’on entend ici est prodigieux, dans un français exemplaire (c’est d’ailleurs aussi le cas du chœur d’enfants, qui est, lui, bel et bien salzbourgeois), avec une plasticité qui s’étend à tous les paramètres musicaux, de la dynamique aux couleurs, du rythme à l’expression. S’il fallait retourner voir cette production, le chœur en serait la meilleure justification.
Asmik Grigorian est une très honorable Carmen, parfois mal à l’aise dans le grave, mais avec une diction correcte et une projection parfaite. De là à lui trouver le tempérament enflammé et la couleur unique qui ferait d’elle l’égale des grandes Carmen du passé, il y a tout de même un pas que nous ne franchirons pas. Le Don José de Jonathan Tetelman, lui, est tout d’une pièce : pas de place à la fragilité, pas d’évolution du personnage. Certes, en terme de puissance et de solidité de la voix, il n’y a rien à redire, mais on a entendu tellement mieux dans ce rôle. Pour Micaëla, on a visiblement incité Kristina
Mkhitaryan à tout chanter en retrait, à quelques phrases près : c’est parfaitement maîtrisé, mais la promesse d’émotion n’est tenue que partiellement. Enfin Davide Luciano, après avoir été Don Giovanni pour Currentzis, est cette fois Escamillo : du beau travail, soigné mais un peu terne.

Pour la mise en scène au contraire, Hinterhäuser a fait appel à une novice, Gabriela Carrizo, l’une des fondatrices de la compagnie belge Peeping Tom, dont les danseurs jouent un grand rôle dans le spectacle. On retiendra surtout deux choses : d’une part, la beauté des lumières, qui donnent une impression d’espace stupéfiante à un décor unique plutôt banal dans des ambiances presque toujours sombres, culminant dans le rouge sang du quatrième acte d’un symbolisme peu subtil. La gestion des foules, (soldats, cigarières, contrebandiers, enfants), impeccablement chorégraphiée, prend la poésie d’une murmuration d’oiseaux, dans le format Cinémascope de la grande salle du festival.
Gabriela Carrizo commet une erreur de débutante en supprimant tous les dialogues – y compris la lecture de la lettre de la mère de José – ou en les remplaçant parfois par diverses fioritures enregistrées, le pire étant les échos électroniques du Trio des cartes. Ces coupures, heureusement plus brèves que celles qui avaient défiguré Fidelio dans le même lieu en 2015, relèvent toutefois d’un procédé qui ne marche jamais ; comme la direction d’acteurs peine à donner de l’épaisseur aux personnages, toute l’histoire en devient curieusement désincarnée et la discontinuité d’un numéro à l’autre n’en est que plus voyante. La vision personnelle de Carrizo se voit réduite à des accessoires, souvent peu lisibles, parfois un peu lourdement symboliques, y compris les interventions ponctuelles plus ou moins intégrées des danseurs de Peeping Tom ; on se doute bien que la metteuse en scène veut montrer la liberté de Carmen et sa mort comme ce qu’elle est, non pas un crime passionnel mais un féminicide, mais on ne voit pas grand-chose de tout cela.
Photo 1 : © SF/Thomas Aurin ; photo 2 : © SF/Virginia Rota
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Je suis en accord avec la plupart des commentaires ci dessus , mais je souhaiterais insister sur un point essentiel :
IL EST INADMISSIBLE D’ OSER PRÉSENTER UNE PRODUCTION D’ UNE ŒUVRE (
(Musicale ou théâtrale) , EN SE PERMETTANT DE PROCÉDER A DES COUPURES DANS LE TEXTE : DANS CETTE PRODUCTION DE CARMEN DE SALZBOURG 2026 , LES COUPURES ÉTAIENT A LA FOIS MUSICALES ET THÉÂTRALES , PUISQIUE TOUS LES LES RECITATIFS PARLÉS ÉTAIENT SUPPRIMÉS, ET QUE LES COUPURES MUSICALES AFFECTAIENT NON SEULEMENT LES RÉCITATIFS CHANTÉS,,MAIS AUSSI DES SCÈNES ENTIERES…. SCANDALEUX ET INACCEPTABLE ..
JE ME PERMETS DE PRECISER , QUE , MUSICOLOGIQUEMENT , LES RÉCITATIFS D’ UN OPERA OU OPERA COMIQUE FONT PARTIE INTÉGRANTE DE L’ŒUVRE, CE NE SONT EN AUCUN CAS DES TEXTES DE LIAISON…. ILS PARTICIPENT A L’ ÉVOLUTION DRAMATIQUE, ET A SA PROGRESSION , ADMIRABLEMENT RÉALISÉE DANS CARMEN ..’PAR BIZET ET SES LIBRETTISTES …
LEUR SUPPRESSION RÉVÈLE UN MANQUE TOTAL DE CONNAISSANCES MUSICALES ET DE PROFESSIONNALISME, INDIGNES D’UNE INSTITUTON COMME LE FESTIVAL DE SALZBOURG….
LA MES EST EFFECTIVEMENT TOUT A FAIT PRÉTENTIEUSE, CERTAINES SCÈNES « »INSPIRÉES , » ( ‘ BIEN MALADROITEMENT D’ AILLEURS) , D’ AUTRES MES DÉJÀ VUES..D’ OU,,POUR MOI , UNE IMPRESSION DE DÉJÀ VU ( EX LA
SCÈNE DU CLOCHARD MALMENÉ PAR LA POLICE AU DÉBUT , RAPPELE ÉTRANGEMENT , CE QUE C BIEITO A PROPOSÉ EGALEMENT DANS SA 1ERE SCÈNE,,AVEC CEPENDANT,,UNE TOUT AUTRE FORCE… ET AUSSI UNE TOUTE AUTRE COHÉRENCE ( Le metteur en scène espagnol situant l’action à l’ époque franquiste et au début de la » Movida » …LA PRÉSENCE DE LA MÈRE DE D JOSÉ, : DÉJÀ VUE !! ET PLUSIEURS FOIS !!, sauf que à Salzbourg , la maman est OMNIPRÉSENTE !!! .. SAUF,(,ENFIN !) AU 4ÈME ACTE ..
Les bruitages et autres n’ajoutent strictement RIEN… à la progression dramatique…TOUT EST DIT DANS LA MUSIQUE, … DU MOINS LORSQU’ ON EN RESPECTE L’ ESPRIT ET LA LETTRE….
MUSICALEMENT, IL Y A EU QQES BEAUX MOMENTS : PERSONNELLEMENT, J’AI TROUVÉ ASMIK GRIGORIAN TOUT A FAIT CRÉDIBLE, PROPOSANT UNE CARMEN TRÈS NATURELLE , PARFOIS ÉMOUVANTE ET ÉPRISE DE LIBERTÉ.. MÊME SI VOCALEMENT, MALGRÉ SON TIMBRE MAGNIFIQUE, , JE PRÉFÈRE UNE VOIX DE MEZZO POUR CE RÔLE. . JONATHAN TETELMAN EST UN ARTISTE DE TALENT , SON DON JOSÉ EST PARFAITEMENT CRÉDIBLE LUI AUSSI, VOIX SOLIDE, PUISSANTE. IL EST PARTICULIÈREMENT IMPRESSIONNANT DANS LES 2 DERNIERS ACTES..MAIS …. ON A VU ETVENTENDU BCP MIEUX … ET EN PARTICULIER À SALZBOURG MÊME EN 2012 ….( J’AI EU LE BONHEUR D’ASSISTER A CETTE PRODUCTION .. …)
IL N’EST , POUR LE CONSTATER , QUE DE
REVOIR ET DE REENTENDRE LA VIDEO DE L’ ÉPOUSTOUFLANTE REPRÉSENTATION FILMÉE A LONDRES , AVEC A C ANTONNACCI ET JONAS KAUFMANN, COMME L’A RAPPELÉ AVEC RAISON… ET O COMBIEN !!! UN AUTRE CIOMMENTATEUR ..
Je n’étais pas à Salzbourg, mais hier soir sur Arte. Il faut avoir un culot certain pour oser charcuter de cette manière le chef d’œuvre de Bizet ; mais bon pourquoi pas. Ceci dit, je ne vois vraiment pas ce que cette vaste fresque en rouge et noir, hystérisée à grands coups de rangers et de transes épileptiformes d’une violence inouïe (la vidéo la capte en gros plans), apporte comme plus à ce drame (banal ?) de l’amour possessif et de la jalousie (son corolaire) portée à une incandescence fatale. Et que dire de cette manie de doubler les personnages… Seul point intéressant, on ne sait pas au final, si Carmen meurt vraiment. Côté voix, désolé mais Mme Grigorian n’a pas la tessiture qu’il faut pour le rôle titre ; quant à « son français »…). Bref, j’enjoindrais le lecteur à voir ou revoir, l’admirable version de 2006 à Covent Garden, avec A-C Antonacci & J Kaufmann ; dir. A Pappano).
Mise en scène complétement nulle, un retour aux bas fonds des villes qui nous éloigne trop de l’opéra et de sa magie.
Voir cela au 21 ème est consternant et ne fait que confirmer la décadence de notre civilisation.
Quant à la danse : n’est parlons pas ! Un cirque fait mieux.
la « metteur e scene’ a parfaitement compris le message de Carmen Choeurs impeccables.orchestres bon.on a déjà entendu de plus belles voix de Carmen et don José. Danseurs un peu a côté de la plaque mais dans l’ensemble spectacle prenant
Pas terrible : une soprano pour Carmen et mise en scène indigente avec danseurs inutiles et coupures pas justifiées . Laisse un goût amer par rapport à MN Lemieux où Beatrice Uria Monzon ! Très décevant
le préambule de la soirée sur Arte débutait mal avec la multitude de « célébrités » élégantes en robe de gala et smoking. De quoi signifier que l’opéra est réservé aux élites. Mais ça annonçait hélas la suite avec une mise en scène trahissant l’esprit de l’œuvre. Une chorégraphie déconnectée de l’argument, des ajouts inutiles qui brisaient l’action. Heureusement les chœurs ont fait merveille avec une diction exemplaire.
Mal à l’aise depuis le début (homme en bleue maltraité par des policiers nazi …?) violences multiples personnages désarticulés pauvres hères enfants sales …pourquoi ?? moche ridicule insupportable
une Carmen très quelconque les autres idem…
Bref j’ai zappé . Je comprends qu’il soit compliqué d’être original mais là au nom de la modernité qu’a clamée la présentatrice en préambule J’ai surtout ressenti de la prétention ignoble Qu’ils se fassent plaisir sur des œuvres originales
mais arrêtez ce massacre odieux…
Arte repassez nous la version 2023 chorégies d’Orange avec MNicole Lemieux
Sur le plan vocal je ne trouve rien à redire concernant les 4 rôles principaux. Mention très bien pour les chœurs, très expressifs et intelligibles. Orchestre bien équilibré, tempos justes, ambiance espagnole bien présente.
En revanche, en supprimant tout dialogue, l’histoire devient décousue. A la base, c’est tout de même un opéra-comique, non ?
Mise en scène trash (le clochard en bleu au début, malmené par les soldats, scène inutile et insupportable) voire sanguinaire (la mère de Micaëla et ses mains ensanglantées, qu’est-ce cela vient faire ??). Et en même temps, ce manque de passion dans le jeu scénique des principaux protagonistes … Et la profusion des séquences dansées qui n’apportent rien, malgré la qualité des danseurs.
Au final je suis très déçu, l’œuvre méritait tellement mieux …
Décevant aussi pour moi
Currentzis est à côté de la plaque
La mise en scène est indigente
Elle et lui chantent correctement mais les incarnations sont faibles
très déçue par cette CARMEN, mise en scène foutraque du début, des coupures effectivement, DON JOSE , timide dans ses sentiments, que veulent prouver certains metteurs en scène actuellement,
ASMIK malgré son talent vocal n’est pas cette CARMEN, envoutante, que nous connaissons
et LA FLEUR QUE TU M AVAIS JETEE, j’ai entendu beaucoup mieux sans citer de nom
Très décevante, cette Carmen. Le décor, une piste de skate noire et grise aux formes tourmentées, avec une flaque d’eau au milieu. Des contorsionnistes plutôt que des danseurs. Contresens a chaque pas : par exemple à l’acte 1, alors qu’on est sur la place où « chacun va » et où on regarde passer les passants. il n’y a que des soldats qui gesticulent et se mettent à torturer une sorte de clochard joué par un contorsionniste. Les clichés sont partout : ville = soldats, soldats = torture, cigarillères = prolétariat, prolétariat = révolution … Bref, une mise en scène ridicule, qui empêche d’écouter. Bref : c’est PRÉTENTIEUX. Metteuse en scène de salon. NUL. Nous sommes vivement déçus.
Et pourquoi les sous titres ne sont pas en français (aussi !)… Il faudrait peut-être rendre à Cesar ce qui est à Cesar …