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Musique de chambre … avec vue

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Auberive. Ancienne Abbaye. 30-VI-2007. 17h : Frédéric Lodéon raconte Tchaïkovski ; 18h 30 « Nouveaux Talents » : Béla Bartók (1881-1945) : Rhapsodie n°1 ; W. A. Mozart (1756-1791) : Sonate en sol majeur KV 379 ; Franz Schubert (1797-1828) : Rondo en si mineur D 895 ; Johannes Brahms (1833-1897) / Fritz Kreisler (1875-1962) : Danse Hongroise n°17 ; Pablo de Sarasate (1844-1908) : Airs Bohémiens. Rena Miyamoto, piano ; Shunske Sato, violon. 21h : Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor n°8 en ut mineur op. 110 ; Alexandre Gasparov (né en 1964) : Deux Bagatelles pour quintette à cordes (création – commande des Musicales de l’Abbaye d’Auberive) ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Sextuor à cordes en ré mineur « Souvenir de Florence » op. 70. Marianne Piketty, violon ; Shunske Sato, violon ; Laurent Verney, alto ; Claudine Legras, alto ; Xavier Phillips, violoncelle ; Caroline Boita, violoncelle.

auberive-300x226Les Musicales d’Auberive : IIIe édition

Pour ce qui est de la vue, et pour le touriste de passage, l’amoureux des vieilles pierres, l’amateur d’art ou tout mélomane – amateur de « violon dans un courant d’art » – en attente de l’heure du concert, c’est d’abord cette abbaye d’Auberive (Haute-Marne), site exceptionnel avec ses imposants bâtiments et dépendances, son chevet cistercien aux vitraux rénovés, son cloître (XVIIIe siècle) et son vaste parc paysagé. C’est aussi, dans le contexte bien particulier de ce festival, et voulu par l’actuel propriétaire des lieux, Jean-Claude Volot, grand amateur d’art, le vernissage, ce samedi 30 juin, d’une exposition temporaire entièrement vouée à l’art graffitiste : Graffiti stories. Ce qui nous vaudra, entre autres présences, celle de personnalités aussi diverses que Messieurs Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation et au tourisme, ou…Jean-Pierre Coffe, qu’on n’attendait pas spécialement dans ce domaine précis. Quant à , dorénavant fidèle des Musicales d’Auberive (voir chronique de l’édition précédente), il « meuble » la demi-heure de décalage horaire (pour cause de vernissage, aspirateur de public) en évoquant tout particulièrement, pour un public tout acquis et déjà installé dans les gradins du cloître, son maître vénéré Slava Rostropovitch. Il retrace ensuite, avec le talent oratoire et la verve passionnée qu’on lui connaît, le parcours « grandeur et misères » du compositeur Tchaïkovski (particulièrement à l’honneur dans cette 3e édition des Musicales). Il en profitera, au passage, pour nous confirmer la nouvelle que l’émission musicale qu’il anime au quotidien sur France-Inter, retrouve, à la rentrée, sa place à 16h !

Le concert « Nouveaux Talents », en la chapelle dite « des prisonnières », nous permet ensuite d’entendre deux jeunes artistes japonais dans un répertoire contrasté. Si les techniques sont sans faille, on pourra cependant regretter un piano quelque peu envahissant en dynamique : problème d’acoustique ? Jeu parfois trop percussif de la pianiste ? (Particulièrement dans Bartók et Schubert), ou encore placement du violon peut-être un peu trop sous « l’aile » du piano ? Le violoniste Shunske Sato prendra cependant une éclatante « revanche » dans les fameux Airs Bohémiens de Sarasate, où son aplomb, son aisance et l’éblouissante virtuosité de la partition – virtuosité superbement maîtrisée – lui vaudront une belle ovation. A signaler : un tourneur de page « de luxe » pour la jeune pianiste Rena Miyamoto, en la personne du chef d’orchestre , codirecteur du festival, avec , pour la seconde année consécutive.

Au concert « du soir », au cloître, on aborde le « grand répertoire », avec deux pièces-cultes des chambristes à cordes : le quatuor n° 8 de Chostakovitch, sans doute le plus joué du compositeur et le sextuor Souvenir de Florence de Tchaïkovski, autre succès assuré, par des musiciens concentrés, inspirés, de parfaite cohésion, parmi lesquels se distinguent d’authentiques « nouveaux talents » : le violoniste – déjà évoqué – Shunske Sato, l’altiste Claudine Legras et la violoncelliste Caroline Boita (ces deux dernières appartenant au jeune et prometteur quatuor Hesperis), brillamment épaulés par des piliers déjà bien connus des mélomanes : , Laurent Verney et .

Avant cela, à l’hommage-discours rendu à Rostropovitch par (qui présentera brièvement chacune des œuvres programmées) aura fait écho, d’entrée (et hors programme) un hommage musical au grand musicien disparu, par au violoncelle (un Matteo Goffriller de 1710, à la magnifique sonorité), dans la Sarabande de la Suite n°2 pour Cello solo de J. S. Bach.

L’autre originalité de ce programme réside dans la création de ces deux Bagatelles pour quintette à cordes (évident hommage à Beethoven) d’, en présence (sympathique) du compositeur. Des pièces qui, à l’instar de leurs références beethovéniennes, dépassent sensiblement la modestie de leur titre et sont, légitimement, fort goûtées du public.

Beethoven, tout comme Tchaïkovski sera encore à l’honneur au cours de ce festival, puisqu’on pourra y entendre outre l’intégrale des sonates piano / violon, par trois « duos » différents, dont celui formé par Marianne Piketty et , le Concerto en ré (avec le violoniste et l’ en résidence) sous la direction de . Et, bien entendu, Frédéric Lodéon racontera Beethoven…. Quant à Tchaïkovski, il sera encore fort bien représenté par l’exécution de la Symphonie n°5, les Variations Rococo, et des extraits de Casse-Noisette.

Crédit photographique : DR

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