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Olivier Chauzu, un pianisme grisailleux

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Dijon, Grand théâtre. 20-II-2009. Gabriel Fauré (1845-1924) : Nocturne n°13 en si mineur op. 119. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°21 en ut majeur « Waldstein » op. 53. Paul Dukas (1865-1935) : Sonate en mi bémol mineur. Olivier Chauzu, piano.

Un beau programme donné vendredi dernier au Grand Théâtre de Dijon, avec la magnifique Waldstein beethovenienne entourée de deux pièces françaises : la première de Fauré (Nocturne n°13 en si mineur op. 119) et la seconde, après l’entracte, de Dukas : la Sonate en mi bémol mineur. N’oublions pas qu’ vient d’enregistrer l’intégrale de l’œuvre pour piano de ce compositeur connu du grand public principalement pour l’Apprenti sorcier. Donc au départ, de quoi réjouir tout amateur de piano.

Il est vrai que le pianiste maîtrise parfaitement les difficultés des pièces, qu’il fait montre d’une certaine aisance et qu’il tire parfois des sons vraiment très veloutés de son instrument. Il offre également une vision analytique, mais linéaire des pièces qu’il interprète. Car il faut malheureusement le dire, point de vision d’ensemble il n’a. Et ce, dans les trois pièces. L’ensemble sonne décousu, avec des parties juxtaposées dont les liens échappent à l’auditeur. Sans compter une main droite beaucoup moins présente que la main gauche, entraînant ainsi des chants supplantés par l’accompagnement. Ce qui est très gênant pour l’auditeur, d’autant que l’utilisation de la pédale est aussi parcimonieuse que mal adaptée : dans Beethoven, pas de puissance, une interprétation ascétique pour une version «light». Dommage, même si réussit la gageure de donner à la partition une lisibilité indéniable : de la technique, certes, mais une musicalité et une pensée de la musique à travailler.

D’autant que l’interprète n’est pas avare de son temps, visiblement, ni de son travail. Il offre, à l’instar de Sokolov il y a quelques semaines, une série de bis : Albeniz, Schumann, Liszt et Scarlatti. Sans conteste, l’extrait de sonate de s’est révélé le plus réussi sous les doigts délicats et agiles de ce pianiste très appliqué.

Au total, une assez bonne soirée pour un public qui ne remplissait pas la salle et qui est dans l’ensemble resté sur sa faim…

Crédit photographique : Olivier Chauzu © DR

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