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David Fray, grand chambriste

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Saint-Denis, Maison de la Légion d’honneur. 13-VI-2010. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonate pour violon et clavier n°5 en fa mineur BWV 1018 ; Sonate pour violon et clavier n°6 en sol majeur BWV 1019. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano à quatre mains en ut majeur KV. 521. Franz Schubert (1797-1928) : Variations pour piano à quatre mains en la bémol majeur D. 813. David Fray, Emmanuel Christien, piano ; Olivia Hughes, violon

Festival de Saint-Denis

Après son magnifique récital de l’an dernier en compagnie de son professeur Jacques Rouvier, revient au festival de Saint-Denis avec un programme germanique, Bach, Mozart et Schubert, tous trois ses compositeurs de prédilection. Deux de ses amis, Olivia Hughes, seconde violon du Quatuor Ardeo, et Emmanuel Christien, son condisciple au conservatoire, le rejoignent dans une complicité musicale pleine de délicatesse et de brio.

La première partie est consacrée à deux Sonates pour violon et clavier de Bach, que nos musiciens interprètent avec une modernité étonnante. Dans l’ensemble, leurs mouvements rapides sont vifs et plaisamment énergiques, et les mouvements lents, réfléchis et empreints de la gravité qui convient. Dans la Sonate en fa mineur, la vivacité du dernier mouvement est remarquable après un sublime Adagio, dont l’expression est subtilement retenue dans une tension bien contrôlée. Dans la Sonate en sol majeur, l’Allegro central, au clavier solo, est d’un rare raffinement, à la fois rigoureux et léger. Le finale est bondissant, joyeux et palpitant, dans un équilibre harmonieux entre clavier et violon.

Après l’entracte, nous assistons à deux pièces pour piano à quatre mains. Là encore, fait la démonstration de son grand talent de chambriste, en parfaite symbiose avec le jeu d’Emmanuel Christien, lui-même excellent pianiste. Insouciance, élégance, espièglerie, innocence, vigueur… toutes ces caractéristiques de la musique de Mozart sont exprimées de manière à la fois spontanée et mûrement réfléchie, ce qui témoigne de la finesse de nos pianistes. Les quatre parties se fondent si naturellement que c’est comme si un seul musicien avait quatre mains ! Le troisième mouvement, Allegretto, joué presque andantino, est un pur moment de grâce. Cette belle collaboration se poursuit pour les variations de Schubert, aussi bien dans les moments joyeux que douloureux de la partition. Du début à la fin du concert, l’interprétation inspirée des trois musiciens a ainsi captivé l’attention des auditeurs qui remplissaient la salle.

Crédit photographique : David Fray © Sacha Gusov – Virgin Classics

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