Kazuki Yamada et l’Orchestre de Paris

Concert, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 07-X-2010. (1862-1918) : Petite Suite, version pour orchestre, orch. Henri Büsser (1907)  ; (1875-1937) : Concerto pour piano pour la main gauche en ré majeur ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 4 en fa mineur, op. 36. , piano. , direction  : .

Quelques jours avant le concert, on apprenait que Mikko Franck, souffrant, allait être remplacé au pied levé par le jeune chef japonais . A ceci s’accompagnait un petit changement dans le programme, le Printemps de étant remplacé par sa Petite Suite. Kazuki Yamada étant un chef au répertoire plutôt romantique, on pouvait s’attendre à ce que la Symphonie n°4 de Piotr Tchaïkovski soit très réussie. D’un autre côté, il était intéressant de se demander comment Debussy et Ravel seraient traités, et en particulier la Petite Suite, qui fait partie des œuvres les plus légères de Debussy, ne prétendant pas avoir la même portée émotive intense que la Symphonie.

Le concert s’ouvrait d’ailleurs sur cette Petite Suite, que l’ jouait pour la première fois. Le résultat fut relativement agréable, mais quelque peu décevant, car la plupart des petites subtilités du morceau, qui en font tout le charme, manquaient au tableau. L’ensemble de l’orchestre, et en particulier les cordes, était un peu flou, et manquait de précision. La conduite du chef était elle-même assez vague, et au final seule un vision un peu simpliste du morceau, sa surface, nous est apparue. Suivait le Concerto pour la main gauche de , œuvre d’une difficulté technique indéniable, exécuté par . Ce jeune pianiste reçut des applaudissements bien mérités après une exécution très satisfaisante du morceau, où il semblait à son aise malgré le niveau de difficulté. Les nombreux traits étaient clairs et brillants, les contrastes de nuances et l’esprit du morceau, dont l’atmosphère est très changeante, furent bien rendus. L’orchestre fut lui-même plus à son aise, masquant parfois par son enthousiasme le pianiste, mais ceci est difficile à éviter totalement dans ce Concerto.

Enfin, l’orchestre – et le chef – ont pu exprimer jusqu’au bout leurs émotions dans la Symphonie n°4 de Piotr Tchaïkovski. Après un premier mouvement assez pompeux et un deuxième mouvement bien lent et long – ce que veut l’œuvre elle-même – les troisième et quatrième mouvements furent véritablement réussis. Les dernières secondes ont même donné quelques agréables frissons. Kazuki Yamada semblait d’ailleurs, dans cette Symphonie, totalement dans son élément, et sa direction y est devenue bien plus vivante et précise. Les acclamations démesurées du public après la réalisation du morceau ont bien permis de nous montrer, une nouvelle fois, quel était le genre d’œuvres qui avait le plus l’aval du public.

Kazuki Yamada © Marc Borggreve

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