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Ondes pavillonnaires spatialisées

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Poitiers, TAP. 05-XII-2010. Giovanni Gabrieli (1557-1617) : Canzone n°1, 2 et 3. Luis Naón (né en 1961) : Kla(n)ge. Tōru Takemitsu (1930-1996) : Garden Rain. Yan Maresz (né en 1966) : Metallics. Martin Matalon (né en 1958) : Traces III ; … de tiempo y metal … (création mondiale). Ensemble Ars Nova, direction : Philippe Nahon. Michaël Goupilleau, technicien son.

L’ouverture de la saison poitevine de l’ commençait sur un air de fanfare, du XVIe siècle à nos jours, du Japon à l’Argentine, centré autour de . Reprenant le principe des cori spezzati vénitiens de la fin de la Renaissance, Ars Nova – qui avait revêtu ses atours les plus cuivrés – présentait un programme spatialisé, que ce soit par ses groupes instrumentaux ou par la présence d’un acousmonium.

Kla(n)ge de , composé en hommage à , début ce concert par un pied de nez, celui de la fanfare qui progressivement joue (volontairement) faux et en décalé, sorte de dérision de l’orphéon local ou de l’orchestre militaire. A l’inverse Garden Rain de Tōru Takemitsu est dans la lignée de cette écriture fine et subtile propre à son auteur, preuve qu’on peut composer pour cuivre sans verser dans le pompeux et tonitruant.

Intercalées entre ces ensembles de cuivres, Traces III de et Metallics de , deux œuvres pour soliste – cor pour le premier, trompette pour le second – et sons transformés en temps réel offrent une «respiration» électronique au milieu de ces fanfares acoustiques. Traces III explore les possibilités acoustiques du cor, prolongées par l’électronique. Metallics vise plutôt à valoriser la virtuosité de la trompette, virtuosité qui est ici amplifiée et démultipliée.

En clôture du concert était proposée la création mondiale de … de tiempo y metal … de Martin Matalon. Pièce virtuose, très exigeante pour ses interprètes, son titre est révélateur de sa construction, partant du silence au sonore pour revenir au silence, en usant et abusant de toutes les possibilités instrumentales des cuivres : sons pédales, sourdines diverses, sons étouffés, souffle sonore, etc. Seules les pièces de Gabrieli, présentées comme un contrepoint historique du son spatialisé, pêchaient d’un manque de préparation par des décalages diffus et des soucis d’équilibre sonore. Un pêché bien excusable devant la redoutable virtuosité des pièces du XXe et XXIe présentées assumée avec brio.

Crédit photographique : © Ateliers Beau Voir

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