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Pretty Yende, révélation du Concours Bellini 2010

Concours, La Scène

Puteaux. Théâtre des Hauts-de-Seine. 18-XII-2010. Finale avec orchestre. Orchestre Lamoureux, direction  : Marco Guidarini.

Les concours de chant reprennent de la voix en Ile-de-France ces derniers temps. Après le premier «Paris International Opera Competition» qui s’est tenu en octobre 2010, c’est au tour des Rencontres Musicales de Puteaux de proposer un «Concours International de Bel Canto », jumelé avec le Festival Bellini de Catane, en Italie. Présidé par Alain Lanceron (Directeur d’EMI Classics France et Président de Virgin Classics), le jury de cette première édition comprenait la soprano June Anderson, le musicologue Gioacchino Lanza Tomasi, Philippe Entremont et des directeurs artistiques de théâtres italiens. Le choix d’associer le bel canto en général, et Bellini en particulier à ce nouveau concours est lié au fait que le compositeur italien passa les deux dernières années de sa vie à Puteaux (1833-1835), où il composa notamment Les Puritains.

Six jeunes chanteurs en début de carrière participaient à la finale, un homme (ténor) et cinq femmes (sopranos), venant de Corée du Sud, d’Afrique du Sud, d’Espagne, de Colombie et de France, chacun interprétant deux airs tirés d’opéras de Bellini, Donizetti ou Rossini. Après le premier passage de chaque candidat, se distinguent assez nettement trois chanteurs (chanteuses en l’occurrence), qui confirment en deuxième partie, les premières impressions.

Le Troisième prix (Prix spécial de la meilleure interprétation d’une œuvre chantée en français) est attribué à l’espagnole Julia Farrès, une belle voix, qui convainc plutôt dans ses deux redoutables airs, «Eccomi…oh quante volte» d’I Capuleti e I montecchi de Bellini et «Sombre Forêt» tiré du Guillaume Tell de Rossini. L’autre espagnole, Saioa Hernandez, soprano dramatique, fait forte impression dans «Pour notre amour» de Guillaume Tell et surtout «Col sorriso d’innocenza…O sole, ti vela» tiré d’Il Pirata de Bellini, grâce à une voix puissante, bien timbrée, au large ambitus et des qualités expressives évidentes. Elle obtient le Second prix (Prix de la Ville de Puteaux). Mais la révélation de ce concours restera , originaire d’Afrique du Sud, actuellement soliste de l’Académie de la Scala de Milan et déjà vainqueur de l’»International Hans Gabor Belvedere Singing Competition» à Vienne en 2009. Elle interprétait pour cette finale «Que n’avons-nous des ailes» tiré de la version française de Lucia di Lammermoor (Donizetti) et le très célèbre «Care compagne…come per me sereno» de La Sonnambula (Bellini). Malgré son jeune âge, 25 ans, , outre des qualités vocales évidentes, fait preuve d’une maturité, d’un style et d’une aisance fort prometteuse. Le plaisir qu’elle prend à chanter est communicatif et c’est tout naturellement qu’elle remporte le Premier prix.

Les autres candidats se situent un cran en dessous, même s’ils ne déméritent pas, en particulier le ténor coréen Jihan Shin, crédible vocalement dans «Una furtiva lagrima» (L’Elisir d’Amore de Donizetti), mais manquant d’aisance.

Une déception néanmoins, valable pour toutes les chanteuses participant à cette finale : la prononciation de la langue française est souvent bien exotique et a tendance à les décrédibiliser.

On souhaite néanmoins aux différents chanteurs de percer sur scène et remercie ce nouveau concours de nous avoir fait découvrir cette jeune et talentueuse Pretty Yende.

Crédit photographique : Pretty Yende © DR

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