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Bruckner et les Viennois à Salzbourg, encore et toujours

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Salzbourg. Großes Festspielhaus. 26-07-2014. Anton Bruckner : Symphonie n° 8 (édition Haas). Orchestre Philharmonique de Vienne ; direction : Herbert Blomstedt.

Herbert Blomstedt, Wiener Philharmoniker. Photo Salzburger Festspiele/Silvia Lelli

Les remplacements sont souvent l’occasion de faire débuter de jeunes chefs, d’offrir des opportunités que les habitudes de programmation ne leur permettrait que bien plus tard dans leur carrière. Cette fois cependant, la logique est inversée : c’est , certainement le doyen des chefs en activité après Georges Prêtre, qui supplée l’à peine sexagénaire Riccardo Chailly, blessé au bras, et ce avec une prestance physique enviable. Le choix paraît presque évident, Blomstedt n’ayant plus rien à prouver chez un compositeur qu’il a beaucoup dirigé, mais il n’est que rarement passé par Salzbourg au cours de sa carrière.

C’est dans le cadre d’une intégrale Bruckner que ce concert prend place, une intégrale partagée entre plusieurs orchestres où les Viennois se chargent des symphonies dont ils avaient assuré la création mondiale (soit les 2e, 3e, 4e, 6e et 8e) : c’est ce qu’on appelle une tradition, et le moins qu’on puisse dire est que l’orchestre, avant même cette intégrale, ne s’était pas privé de faire montre de cette longue relation au cours de ses concerts salzbourgeois. Bruckner est une excellente occasion pour l’orchestre de faire montre de son opulence sonore, cordes sensuelles et chaleureuses, cuivres tonitruants, bois soyeux (mais, à vrai dire, pas irréprochables) : ce n’est pas chez Bruckner l’approche plus contemporaine, plus radicale qu’on a pu entendre chez d’autres ces dernières années, mais les Viennois tiennent ce qu’ils promettent, et le chef les en remercie à la fin du concert avec des effusions qui dépassent largement la mesure de la simple politesse obligatoire.

La limite de la soirée, pourtant, tient dans la conduite du discours : peut-être est-ce l’agenda notoirement trop chargé de l’orchestre pendant le festival qui l’impose, mais chaque mouvement a eu aussi ses passages faibles, où les délices sonores masquent un manque patent d’inspiration, une mollesse expressive que ne peut racheter totalement la puissance dégagée avec cœur dans les grandes explosions sonores. Le risque cardinal, chez Bruckner, c’est d’en faire un patchwork de moments sans continuité : ici, on ne peut pas dire que le risque ait toujours été évité.

Crédit photographique : © Salzburger Festspiele/Silvia Lelli

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