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« La Belle Excentrique » enchante le public luxembourgeois

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Luxembourg. Salle de Musique de Chambre de la Philharmonie. 30-I-2015. Reynaldo Hahn (1874-1947) : « À Chloris », « Pholoé » (Étude latine n° 8), « Quand je fus pris au pavillon » (douze rondels n° 8) ; Erik Satie (1866-1925) : Désespoir agréable pour piano ; « Air du poète » (Ludions n° 4) ; Les courses pour piano (Sports et divertissements n° 12) ; « Je te veux », Sur un vaisseau pour piano (Descriptions automatiques n° 1), « La statue de bronze » et « Daphénéo » (Trois mélodies n° 1 et 3) ; Gabriel Fauré (1845-1924) : « Spleen » op. 51n° 3, « Les Berceaux » op.23 n° 1 ; Francis Poulenc (1899-1963) : «Ba, be, bi, bo, bu» (La Courte Paille n° 4), « Voyage à Paris » (Banalités n° 4), « Hier » (Trois poèmes de Louise Lalanne n° 3), « Les gars qui vont à la fête » (Chansons villageoises n° 2) ; Manuel Rosenthal (1904-2003) : « Rêverie » et « Pêcheur de lune » (Trois Poèmes de Marie Roustan n° 1 et 2), « L’Éléphant du jardin des plantes » et « Bengali » (Chansons de Monsieur Bleu n° 2 et 11) ; Henri Collet (1885-1951) : « Avida-dos arreiros (Los Amantes de Galicia) ; Fernando Obradors (1897-1955) : « El vito» (Canciones clásicas españolas) ; Manuel de Falla (1876-1946) : « Asturiana » (Siete canciones populares españolas n° 3) ; Leonard Bernstein (1918-1990) : « Plum Pudding », « Queues de bœuf », « Tavouk Guenksis », « Civet à toute vitesse » (La Bonne Cuisine. Four recipes for voice and Piano). George Gershwin (1898-1937) : Prélude n° 2 ; Agustín Lara (1897-1970° : « Granada ». Avec : Patricia Petibon, soprano ; Susan Manoff, piano.

DSC_7849Numéro de charme à la Philharmonie. Dans un programme dont le succès n’était pas garanti, et , rivalisent d’humour, de musicalité et de professionnalisme.

On la savait parfois fofolle, un peu déjantée, quelque peu allumée… On la disait assagie ! Ce vendredi soir, le public de la Salle de Musique de Chambre de la Philharmonie aura surtout découvert un instrument bien plus rond, plus chaud, plus ample et plus puissant que le soprano léger d’autrefois. Et les mélodies de , choisies pour démarrer la soirée, n’avaient pas d’autre objet que d’installer un climat de gravité, à l’instar du dernier bis, une belle et émouvante pastourelle de Canteloube, idéale pour renvoyer le public à la maison en affrontant la neige et les frimas… Avec Satie, Poulenc et Rosenthal, on se doute que l’ambiance n’était pas uniquement au recueillement. De ces mélodies à la fausse simplicité, toutes empreintes de ces courants « début de siècle » comme le dadaïsme ou le surréalisme, sait mieux que quiconque extraire la naïveté, la candeur et la touchante profondeur qui touchent aux confins de l’absurde. Délicieusement canaille avec son chapeau-claque dans « Les gars qui vont à la fête » de Poulenc, parfaitement nunuche dans « Daphénéo » de Satie, formidablement poétique dans « Rêverie » et « Pêcheur de lune » de Rosenthal, Petibon entraine son public dans un véritable tourbillon d’émotions. Sa pianiste , partenaire idéale pour un numéro parfaitement réglé, réagit au quart de tour.

Avec Les Chansons de Monsieur Bleu de Rosenthal, et plus encore avec La bonne cuisine. Four Recipes for Voice and Piano de Bernstein, les interprètes se lâchent totalement. Le public, bon enfant, se laisse entraîner de bon cœur et en profite pour redécouvrir tout ce que le numéro de clown – car il faut bien appeler un chat un chat… – a de magique, de poétique, et surtout d’éminemment artistique. Le programme, il est vrai, s’y prête, même si quelques mélodies espagnoles habilement placées ici et là rétablissent l’équilibre de ce qui autrement aurait pu passer pour n’être que l’« anti-récital » d’une « anti-diva », ce que Petibon, assurément, n’est pas.

Parmi les bis, une chanson de Fernandel et une inénarrable interprétation parodiée de l’immortel « I wanna be loved by you » de Marylin auront contribué à l’enchantement d’un public qui, immédiatement, aura succombé sous le charme.

Crédit photographique : Susan Manoff et Patricia Petibon © François Zuidberg

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