Bagatelle2017_Resmusica_728x90px_web

Elsa Grether et François Dumont magiques dans Pierné et Vierne

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Gabriel Pierné (1863-1937) : Sonate pour violon et piano en ré mineur, op. 36 ; Louis Vierne (1870-1937) : Sonate pour violon et piano en sol mineur, op. 23 ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Romance pour violon et piano en si bémol majeur op. 28 ; Les berceaux pour violon et piano en si bémol mineur, op. 23-1 (transcription de la mélodie portant le même titre)
Elsa Grether, violon ; François Dumont, piano.
1CD Fuga libera. Enregistré du 3 au 6 août 2015 au Studio IV, Flagey (Belgique). Réf : FUG 728, code barre : 5 400439 007284. Livret en anglais et en français. Durée : 67’42

 

french resonanceAvec « French Resonance », et sont irrésistibles dans les rares sonates pour violon et piano de Pierné et de Vierne, respectivement de 1901 et 1908.

Pour , ces sonates sont des œuvres majeures méritant de figurer au grand répertoire.  dédia son opus 36 à Jacques Thibaud, alors que ce furent Eugène Ysaÿe et Raoul Pugno qui commandèrent à une sonate pour violon et piano en 1906. La sonate de Pierné, fleurie, parfumée, lumineuse, élégante, tourbillonnante jusqu’aux vertiges (écoutez la fin du magnifique troisième et dernier mouvement qui ne semble jamais marquer la note finale !), caractérisée par ces arabesques mélodiques qui font parallèles aux chevelures ou aux motifs végétaux de l’art nouveau ; celle de Vierne, plus austère, plus « classique » par sa facture (quatre mouvements, deux thèmes à caractère opposé dans le premier mouvement ainsi qu’entre les deux premiers mouvements), mais tout aussi expressive. Dans le texte accompagnant l’enregistrement, Claude-Henri Joubert compare l’« Andante sostenuto » de cette dernière avec la sonate de Vinteuil de Proust : « secrète, bruissante et divisée, la phrase aérienne et odorante qu’il aimait »… En effet, la référence est judicieuse. Le programme est complété par deux petits « bijoux » de , ce qui constitue ainsi dans l’ensemble un beau panorama de la musique pour violon en France au tournant des deux siècles.

L’interprétation est tour au tour passionnée, délicate, rêveuse, dramatique, paisible, exprimant tourment et apaisement, musicaux et psychologiques, dans un style tantôt épanoui tantôt introverti que les deux musiciens maîtrisent à merveille. L’enthousiasme à la limite de la folie du violon, est idéalement soutenu par le piano qui a la même excitation mais garde une certaine froideur, créant un équilibre que l’on peut qualifier de magique.

La prise de son très homogène et le léger retrait du piano par rapport au violon confèrent un charme irrésistible à cet enregistrement parfaitement réussi.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.