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Le festival de Besançon reçoit le Philharmonique de Liège

Concerts, Festivals, La Scène

Besançon. Théâtre Ledoux. 14-IX-2016. Philippe Hersant (né en 1948) : Patmos. Sergei Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour violon et orchestre n°2 en sol mineur op.63. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 « Titan ». Tedi Papavrami, violon. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christian Arming

tedi-papavrami-c-kauko-kikkasConcert fort attendu, même si les œuvres abordées restent délicates à appréhender, le public ne fut pas déçu de cette soirée majeure du  programme du Festival de Besançon cru 2016.

Hersant, Prokofiev, Mahler : voilà un programme fort intéressant. remplace maintenant Guillaume Connesson en tant que compositeur en résidence jusqu’en 2017 et c’est l’occasion de découvrir des œuvres parfois inédites.

Patmos, écrit en 2007, réunit un ensemble de cordes au service d’un texte musical centré autour d’un thème liturgique orthodoxe travaillé pendant onze minutes. Cela tire un peu en longueur mais le langage clair, harmonique, structuré, et par moments assez lyrique, grave en tout cas, demeure séduisant dans l’ensemble. Hersant, sur scène, sera applaudi avec conviction.

tranche presque avec la virtuosité du concerto de Prokofiev : d’une sobriété et d’un ancrage au sol à toute épreuve, une partition réconfortante mais inutile devant les yeux, le violoniste déroule le texte comme pour un enregistrement. Il ne joue presque pas pour le public, semble-t-il, mais pour lui-même, sans effets de manche. Le très beau mouvement pendulaire tout en pizzicati est d’une grande souplesse, le chant sans trop de vibrato planant avec simplicité. Le final échevelé, redoutable déferlement ponctué de castagnettes, n’est pas évident à unifier. Il l’est.

L’attendue Symphonie n° 1 de Mahler voit confirmée l’impression ressentie durant les deux premiers morceaux : n’en a fait ni une partition moderne, ni bohémienne, ni viennoise. Laissant parler le texte sans le forcer, dans une simplicité et une souplesse que l’on trouve rarement malgré les moments de tensions qui y règnent, le jeune chef s’applique à chanter le mouvement I au milieu des bois, le II dans la campagne avoisinante sans lourdeur vulgaire, la marche funèbre du III sur le thème de Frère Jacques sans macabre procession – tout en négociant gracieusement le thème yiddish – et enfin portant sans rupture le colossal final, très bien équilibré au niveau des sonorités. Les transitions ont du sens, les solistes bien mis en valeur. Une symphonie qui ne pose pas de questions, mais le faut-il forcément ?

Photo : (c) Kauko Kikkas

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