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La réjouissante Nuit à Venise de Johann Strauss à l’Opéra de Lyon

La Scène, Spectacles divers

Lyon. Opéra. 21-XII-2016. Johann Strauss (1825-1899) : Une nuit à Venise, opérette en trois actes sur un livret de Friedrich Zell et Richard Genée, révision d’Erich Wolfgang Korngold et Ernst Marischka, adaptation et réécriture de Peter Langdal. Mise en scène : Peter Langdal. Décors : Ashley Martin-Davis. Costumes : Karin Betz. Lumières : Jesper Kongshaus. Chorégraphie: Peter Friis. Avec : Lothar Odinius le duc ; Piotr Micinski, Delacqua ; Caroline MacPhie, Barbara ; Evelin Novak, Annina ; Matthias Klink, Caramello ; Jeffrey Treganza, Pappacoda ; Jasmina Sakr, Ciboletta ; Bonko Karadjov, Enrico ; Brian Bruce, Testaccio ; Jean-François Gay, Barbaruccio ; Sharona Applebaum, Agricola ; Alexandra Guerinot, Constantia ; Paolo Stupenengo, Centurio. Chœur de l’opéra de Lyon (Chef de chœur : Philippe White). Orchestre de l’opéra de Lyon. Direction musicale : Daniele Rustioni.

operaunenuitavenise36_copyrightstoflethRarement jouée en raison d’un livret bien mal ficelée, la Nuit à Venise de est pourtant pleine de charme. Revue et corrigée par pour l’orchestration et par le metteur en scène pour les dialogues, dans une production pleine de fantaisie et de couleurs, elle enchante le public lyonnais de cette fin d’année.

Tradition oblige, l’Opéra de Lyon programme une opérette pour la période des fêtes de fin d’année ; on se souvient de la redécouverte du rare Roi carotte d’Offenbach l’an dernier, cette fois c’est au tour de . Mais le goût de pour les œuvres originales l’a conduit à programmer non la célèbre Chauve-souris mais la moins connue Nuit à Venise. Choix courageux car, malgré l’incontestable qualité musicale de la partition, elle souffre d’un livret particulièrement tarabiscoté et mal ficelé, qui l’a conduite à l’échec lors de sa création. Pour sauver l’œuvre, Korngold et le librettiste l’ont retouchée dans les années trente (quelques traits de clavier ou de percussion signent l’orchestration de Korngold) tandis que le metteur en scène a carrément réécrit les dialogues.

Il en sort une pièce drôlatique, remplie de quiproquos sur fond de carnaval, et dont l’intrigue ne donne pas mal à la tête. Langdal a placé l’action dans une Venise évoquée par quelques canaux et des petits ponts colorés, dans l’immédiat après-guerre si l’on en croit les costumes aux couleurs vives et très années 50. Clin d’œil aux temps actuels, le duc s’habille au premier acte comme un sosie de Karl Lagerfeld. La mise en scène est menée avec un rythme endiablé même si le potentiel offert par le carnaval pourrait être encore plus exploité.

Quant à la musique ? L’orchestre de l’Opéra de Lyon sous la baguette de , son jeune titulaire, se tire brillamment d’affaire et soutient le rythme d’une opérette riche en morceaux de bravoure, y compris un duo qui reprend la célèbre Annen-Polka. La distribution vocale est homogène, avec des interprètes aussi à l’aise comme acteurs que comme chanteurs. Pas de grandes voix sans doute, mais une troupe enthousiaste d’où se détachent l’abattage du duc Guido de et de la ravissante soprano viennoise . L’assurance de passer une bonne soirée !

Crédit photographique : © Stofleth 

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