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Les Madrigaux de Monteverdi par Paul Agnew et Les Arts Florissants

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Claudio Monteverdi (1567-1643) : Sinfonia « Tempro la cetra », « Al lume de le stelle », « Con che soavità », « Chiome d’oro », « Interrotte speranze », Lettera amorosa, « Ballo : Tirsi e Clori » extraits du Libro Settimo (1619) ; « Altri canti d’amor », « Dolcissimo usignolo », Lamento della ninfa, Combattimento di Tandredi e Clorinda, extraits du Libro Ottavo (1638). Les Arts Florissants : Miriam Allan, Mhairi Lawson et Hannah Morrison, sopranos ; Lucile Richardot, contralto ; Paul Agnew, Sean Clayton et Zachary Wilder, ténors ; Lisandro Abadie et Cyril Costanzo, basses ; direction : Paul Agnew. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré à la Cité de la Musique de Paris en mai 2014 et en avril-mai 2015. Notice de présentation trilingue (français, anglais et allemand). Durée : 74’44.

 

MadrigaliConsacré aux Livres VII et VIII, le troisième et dernier CD des Madrigaux de Monteverdi par renvoie aux années vénitiennes du compositeur. Interprétation musicale de classe, mais assez peu théâtrale, pour ces chefs d’œuvre de la seconda pratica.

Le premier volume de la série des Madrigaux de Monteverdi par et avait déjà été chroniquée dans nos colonnes. On louera à nouveau, avec ces pièces de la maturité et de la dernière période du compositeur, la lecture sobre et vivante faite par les musiciens des Arts Florissants de ces fleurons du premier baroque. On pourra néanmoins regretter la manière essentiellement instrumentale dont sont traitées les voix, car si l’intention musicale est toujours juste, le manque de théâtralité et de volupté vocale de certains registres, notamment chez les sopranos, pourra laisser certains auditeurs sur leur faim. « Con che soavità » et le Lamento della ninfa se trouveraient presque affaiblis d’un tel manque de sensualité – ce qui est loin d’être le cas, heureusement, de la Lettera amorosa, remarquablement déclamée par le beau timbre cuivré de la contralto .

lui-même, s’il fait tout à fait merveille dans les ensembles polyphoniques d’où se détache son beau timbre aux reflets mordorés, manque singulièrement de dramatisme et de théâtralité dans la déclamation du « testo » du Combattimento. C’est à lui également qu’échoit la direction de l’ensemble, qu’il assure avec probité et efficacité, mais sans le petit grain de folie et de sensualité qui avait autrefois rendu irremplaçables les lectures quelque peu aventureuses d’un Reinhard Goebel ou d’un Nikolaus Harnoncourt. Belle réalisation dans l’ensemble, néanmoins, qui marque dignement le 450e anniversaire de la naissance de Monteverdi.

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