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Premier album de récital de Gaëlle Arquez, pas si ardent

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Ardente flamme. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : extraits d’Iphigénie en Aulide, et d’Armide ; Luigi Cherubini (1760-1842) : extrait de Médée ; Édouard Lalo (1823-1892) : extrait du Roi d’Ys ; Georges Bizet (1838-1875) : extrait de Carmen ; Hector Berlioz (1803-1869) : extrait de La Damnation de Faust ; Charles Gounod (1818-1893) : extrait de Sapho ; Ambroise Thomas (1811-1896) : extrait de Mignon ; Jules Massenet (1842-1912) : extraits de Cléopâtre et de Werther ; André Wormser (1851-1926) : extrait de Clytemnestre. Gaëlle Arquez, mezzo-soprano. Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, direction : Paul Daniel. 1 CD Deutsche Grammophon 4816425. Enregistré en mai 2017 à l’Auditorium de l’Opéra de Bordeaux. Durée : 62’57.

 

gaellearquez_ardenteflamme_3000x3000_rvb-bis-bdPour le premier récital au disque , le label Deutsche Grammophon a mis les petits plats dans les grands,  avec pochette glamour et programme d’opéras français. Pour un résultat trop formaté pour rendre pleinement justice à l’une des jeunes mezzo-soprano françaises les plus intéressantes du moment.

Le dosage est subtil, entre les tubes (« Près des remparts de Séville » de Carmen, l’air des lettres et l’air des larmes de Werther, et bien sûr, l’air de Marguerite de la Damnation de Faust, qui donne son titre au CD), et des extraits un peu plus rares, mais déjà souvent entendus, pour que le mélomane se repère tout en ayant un sentiment de nouveauté (« Ô ma lyre immortelle » de la Sapho de Gounod, « J’ai versé le poison » de la Cléopâtre de Massenet). Une seule véritable rareté comblera les amateurs de découverte : « Ombre d’Agamemnon », un extrait de la cantate Clytemnestre d’.

Il est plus que louable de présenter ainsi un panorama de l’art lyrique français entre le XVIIIe et le XXe siècle, d’autant plus que fait montre d’un joli sens de la prosodie dans la déclamation de la tragédie lyrique, malgré une diction encore perfectible, et d’une connaissance des enjeux et du sens de chacune des époques traversées.

Hélas, cela ne suffit pas. Si l’on n’a aucun véritable reproche à adresser à la mezzo, que ce soit en termes de timbre, de technique ou de charme vocal, le résultat manque de personnalité, de ce supplément d’âme qu’on serait en droit d’attendre d’une entreprise de cette ambition. Les airs s’égrènent, inlassablement, et finissent par tous plus ou moins se ressembler. Seuls « Connais-tu le pays » de Mignon, interprété avec sensibilité, et les deux airs de Charlotte de Werther, qui semblent mieux préparés, parviennent à capter l’attention. La direction conventionnelle de n’ajoute guère de relief à l’ensemble.

Pour avoir déjà entendu Gaëlle Arquez sur scène, on sait qu’elle vaut bien mieux que cet enregistrement trop policé et formaté. Alors, nous attendons avec espoir une autre captation qui rende plus justice à ses capacités, car vraiment, cette flamme est bien peu ardente !

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  • Thierry Gregoire

    L air de Wormser extrait de la cantate Clytemnestre n est pas une découverte. Il était sur un recital de Marie Nicole Lemieux interpreté ardemment par cette dernière..

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