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Beau millésime 2018 du Concours de Chant de Marseille

Concours, La Scène

Marseille. Opéra de Marseille. 9-VI-2018. Finale du Concours International de chant de Marseille. Jury : Raymond Duffaut, président du Jury ; Renée Auchan, Monella Cerri, Valérie Chevalier, Philippe Mestres, Alain Nonat, Bertrand Schaaff, Maurice Xiberras, membres du Jury. Candidats : Felicitas Frische, soprano (Grand Prix) ; Anne-Sophie Vincent, mezzo-soprano (1er Prix) ; Kaëlig Boché, ténor (2e Prix) ; Maria Chabounia, soprano (Prix du Public ; Meilleure Interprétation Française) ; Ramya Roy, mezzo-soprano (Mention spéciale du jury) ; Tamara Bounazou, soprano (Prix Jeune Espoir CFPL) ; Jiaming Zhang, baryton ; Odéi Bilodeau, soprano ; Alienor Feix, mezzo-soprano ; Julie Goussot, soprano. Orchestre Philharmonique de Marseille, direction musicale : Lawrence Foster

GRAND PRIX RAYMOND DUFFAUT photo Christian DRESSE 2018Pour la deuxième année, l’Opéra de Marseille et le Théâtre de l’Odéon présentent un concours de chant dont la particularité est d’accueillir à la fois des chanteurs d’opéra et d’opérette.

Les éliminatoires des 4 et 5 juin puis la demi-finale le lendemain n’ont maintenu que dix candidats en lice pour la finale du samedi 9 juin présentée par Sébastien Herbecq et luxueusement accompagnée par l’ et son directeur musical . Peu de concours de chant dans le monde peuvent se targuer d’un orchestre philharmonique en fosse, ni d’un chef de la notoriété de à la direction, pour accompagner les finalistes dans deux airs chacun lors d’une soirée de presque trois heures – et même s’il ne développe pas aujourd’hui la battue la plus simple à suivre. D’ailleurs, l’orchestre amorce seul la compétition en proposant une dynamique Ouverture du Barbier de Séville.

Face aux huit membres du jury – deux d’entre eux étant absents – et devant un tableau appartenant au décor d’Ernani donné en ce moment sur cette même scène avec une distribution composée des plus grands verdiens du parcours international, la mezzo française , première finaliste, entre en scène, sans savoir encore qu’elle gagnera le Premier Prix. Son air de Sesto tiré de La Clemenza di Tito de Mozart annonce déjà la qualité globale de la soirée. La concurrence est rude lors de cette finale, tout particulièrement chez les femmes.

Sur 129 candidats passés devant un jury présidé par , le directeur du Centre Français de Promotion Lyrique, l’une des personnalités les plus actives pour préparer l’avenir de la musique classique malgré l’approche de sa quatre-vingtième année, un large déséquilibre soumet à la compétition 105 chanteurs d’opéra pour seulement 10 chanteurs d’opérette et 14 chanteurs mixtes. Seuls 10 chanteurs de la catégorie « opéra » auront finalement atteint la soirée décisive. Autre déséquilibre, 78 candidats concouraient dans la catégorie soprano, pour 23 mezzo-sopranos, 13 barytons, 12 ténors, 2 contre-ténors et une basse.

IMG_1878 photo Christian DRESSE 2018
La présence d’une majorité de participants français ne doit pas occulter le large éventail de nationalités représentées : de malgache à russe, japonaise, serbe, indienne ou libanaise, un résultat retrouvé en finale puisque le Grand Prix revient à une soprano allemande, , et le Prix du public ainsi que celui de la Meilleure interprétation française à une Biélorusse du nom de . C’est la mezzo soprano française , Premier Prix, qui conclut la soirée, comme elle avait commencé : avec Le Barbier de Séville, cette fois sur l’air Una voce poco fa de Rosina. D’autres tentent un Bizet plus que défendable, à l’image du seul baryton en finale, le Chinois , qui interprète l’air de Ralph de La jolie fille de Perth. Le seul autre représentant masculin dans le dernier carré, le ténor , remporte le Deuxième Prix grâce à un air de Gluck et surtout à l’air touchant de Lenski tiré d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski.

Le prix du Jeune Espoir CFPL revient à celle qui a pris le plus de risques, mais était malheureusement malade pour cette dernière partie. La jeune colorature tente d’abord l’air de Konstanze Ach ici Liebte de L’Enlèvement au Sérail avec des aigus à la dernière octave qui ne passent pas tous en raison de son état de santé, puis un long Glitter and be gay tiré du Candide de Bernstein, bel hommage au centenaire du compositeur, développé avec un jeu engagé, particulièrement attractif dans les mesures parlées de l’air. L’Indienne Ramya Roy obtient la mention spéciale d’un Jury composé entre autres du directeur de l’Opéra de Marseille Maurice Xiberras, d’une ancienne directrice des lieux Renée Auphan ou encore de la directrice de l’Opéra de Montpellier, Valérie Chevalier.

En plus de nous offrir des voix d’un niveau pour la plupart déjà suffisant pour chanter sur des scènes européennes, ce beau millésime, déjà très supérieur à celui de la première année, promet le meilleur pour les prochaines années du concours.

Crédits photographiques : Anne-Sophie Vincent et ; candidats © Christian Dresse

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  • Sophie FOURLINNIE

    Bonjour Monsieur Guillemin et merci beaucoup pour votre article!
    Je me permets de corriger deux petites erreurs dans celui ci : La gagnante du concours qui clos la soirée avec Rosina « Una voce poco fa » n’est pas Allemande mais Francaise , il s’agit d’Anne-Sophie Vincent mezzosoprano .
    C’est d’ailleurs elle que vous avez mis en photo et non Felicitas Frische !
    Merci encore .

    • Bonjour Madame,
      Merci pour votre vigilance. Excusez-nous pour cette confusion. C’est à présent corrigé. Cordialement,

  • Sophie FOURLINNIE

    Bonjour Monsieur Guillemin, et bravo pour votre article.
    Cependant , il comporte deux petites erreurs et il convient de « rendre à César ce qui est à César » .
    « La gagnante allemande conclut la soirée comme elle avait commencé » il s’agit d’Anne-Sophie VINCENT mezzosoprano Française !
    C’est d’ailleurs elle que vous mettez en photo sur l’article et non Felicitas Frische.
    Merci pour nos gagnantes!

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