Concert « Figures Légères »

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Vendredi 31 mai 2002, salle Olivier Messiaen de Radio France (Paris). Concert « Figures Légères ». Daniel-François-Esprit Auber : Le Cheval de Bronze. Moritz Moskowski : Concerto pour piano et orchestre opus 59. Jacques Offenbach : Airs d’opérette ; Ba-Ta-Clan (ouverture et chœur des conjurés), La Princesse de Trébizonde (air de la Cane), Le pont des soupirs (scène de Carnaval), Geneviève de Brabant (Couplet de la Poule), Le Carnaval des revues (symphonie de l’avenir), Il Signor Fagotto (air de Bacollo), Geneviève de Brabant (quatuor de chasse), La Rose de Saint-Flour (duo des Auvergnats), La Princesse de Trébizonde (Brindisi et galop). Piers Lane : piano, Maryline Fallot : soprano, Frank’T Herzan, Jean-Christophe Keck : ténors, Chœur de Radio France, Orchestre National de France, Asher Fisch : direction.

Concert d’ouverture du week-end Radio France consacré aux «Figures Légères» de la musique. Au programme un concerto pour piano rose bonbon de Moszkowski et des airs délicieux d’Offenbach.

Mais avant cela, en apéritif, une ouverture d’Auber, figure très populaire de l’opéra parisien du 19ème siècle. Son ouverture du «Cheval de bronze» est un joli pot-pourri d’airs enjoués et bien orchestrés. On a vu pire comme ouverture. Mais passons au premier plat de résistance.

Le concerto pour piano et orchestre du polonais Moritz Moszkowski est léger dans le sens où il ne s’attarde pas sur un pathos quelconque, à l’opposé de certains grands concertos pour piano romantiques contemporains qui adoptaient un ton épique plus dramatique (par exemple les concertos de Rubinstein et de Scharwenka). Mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une musique superficielle ou comique. Loin de là. C’est un vaste concerto en quatre mouvements et quarante minutes à la croisée de Brahms et de Chopin. Œuvre lumineuse regorgeant de belles mélodies et de quelques frissons passionnés qui s’évanouissent aussitôt dans une douceur majestueuse. Le deuxième mouvement en forme de nocturne est tout à fait remarquable, une ballade nostalgique où les beaux jours heureux passés nous reviennent en mémoire avec le seul regret du temps qui passe. Ce concerto est l’un des plus bels exemples de ces concertos du dernier romantisme écrits pour le simple charme des oreilles et le pur plaisir de la virtuosité. Ce n’est pas de la grande musique certes, mais pas de la mauvaise non plus. Le soliste du soir était l’anglais Piers Lane qui est l’un des rares pianistes à avoir mis ce concerto à son programme et à l’avoir enregistré (chez le label Hyperion). Piers Lane est un féru de ces concertos pour piano un peu délaissés, à en juger ses nombreux enregistrements pour la collection des Concertos Romantiques d’Hyperion. Il possède cette élégance et cette facilité technique qui rendent parfaitement toute la séduction de cette musique. Belle prestation pour un concerto que personnellement j’aime beaucoup.

La seconde partie du concert était consacrée à des airs peu connus d’Offenbach issus d’opérettes tout aussi peu connues (du moins totalement inconnues de ma part). Je dois dire que j’ai toujours eu, à tort sûrement, une certaine appréhension envers la musique Offenbach. Je lui ai toujours préféré, peut-être par snobisme, ses confrères Messager et Hahn. Mais j’étais près à changer d’avis à l’occasion de ce concert. La première surprise est venue de la soprano Marilyne Fallot qui nous vient de l’opéra de Lyon et qui ma foi était très belle et avait une robe des plus généreuses. Je crois que je vais aimer Offenbach ! En plus, elle avait une très belle voix, ce qui est quant même l’essentiel. La deuxième surprise était certes moins séduisante au premier abord, mais génial à écouter et à voir : le ténor Frank T’Herzan, véritable spécialiste d’Offenbach avec un beau talent de comédien de circonstance, ce qui est plutôt utile dans l’opérette, pour ne pas dire indispensable. Son interprétation du «Couplet de la poule» où il imita l’animal fut très amusante et un véritable triomphe auprès d’un public enthousiaste qui avait envahi pratiquement toute la Salle Olivier Messiaen. Autre «bêtise» de Monsieur Offenbach, le «Quatuor de chasse» où nos quatre solistes du soir essayaient tant bien que mal d’imiter le son des cors au fond des bois : hilarant. A cela s’ajouta toute une série d’airs plus ou moins convenus, mais toujours aussi drôles et plein d’esprit et de fraîcheur, placés sous la baguette avisée de qui avait donné entre autres les Contes d’Hoffmann à la Bastille il y a quelque temps. L’enthousiasme communicatif des chanteurs/acteurs du soir permit de terminer en bonne humeur une journée au triste souvenir footballistique.

Vive Offenbach ! Mais pas trop tout de même…

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