Concerts, La Scène, Musique symphonique

L’art et la (trop grande ?) manière.

Plus de détails

Strasbourg. Palais des Congrès. 11.IV.2003. Smetana : La Moldau ; Martinu : Symphonie n° 6 H.343 ; Dvorak : Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur op. 104. Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Violoncelle : Enrico Dindo. Direction : Libor Pešek.

Libor Pesek

L’ se prépare à vivre sa prochaine saison sans directeur musical. Les chefs invités vont ainsi pouvoir se relayer, certains d’entre eux spéculeront peut-être sur la place à prendre… Ce n’était pas le cas de , qui a trouvé son bonheur voilà longtemps sous d’autres cieux. Le chef tchèque est venu diriger à Strasbourg la musique de son environnement culturel d’origine et s’est imposé par son évident savoir faire.

Serait-il possible de s’étonner que la Sixième Symphonie de Martinu ait été écrite pour le bouillant Charles Munch, tant son écriture est spontanée, généreuse, classique mais sans rigueur ? Libor Pesek n’est manifestement pas d’un tempérament comparable à celui de son aîné, et sa musicalité plutôt posée n’a pas convaincu toute l’assistance. Après une Moldau ample et solidement mélodique, il a dirigé la symphonie de Martinu en connaisseur autorisé du compositeur. Particulièrement attentif à l’équilibre sonore de l’œuvre, le chef prenait plutôt la partition sous l’angle d’une longue élégie, proche de la méditation plutôt que sous celui du plaisir immédiat de la musique. La symphonie mérite une audience plus grande que celle qui est la sienne encore aujourd’hui, et une interprétation plus nerveuse saurait en révéler davantage la facture personnelle.

Dans le Concerto pour violoncelle et orchestre de Dvorak, et avaient décidé de privilégier un orchestre allégé, surtout côté cordes, ce qui pouvait laisser espérer une vision nerveuse et réactive de ce « must » des salles de concert. Dindo est un musicien sanguin, libre de toute astreinte, improvisateur né, ce qui le rend difficile à accompagner, à l’image d’un Nikita Magaloff des grands jours. Pour le jeune violoncelliste, ce concerto est une vaste rhapsodie, une figure libre. Son duo conclusif avec le violon solo dans finale a été symptomatique, et le visage tendu du premier violon à l’issue du concert en disait long sur la difficulté à suivre un virtuose plus attaché à l’esprit qu’à la forme. Néanmoins chacun pouvait se féliciter de l’effectif réduit mis en œuvre au regard de la sonorité somme toute « courte » d’. Il a fallu tout le métier de pour maintenir intact le merveilleux dialogue orchestre soliste. J’ai aussi noté la qualité des pupitres de l’orchestre (les cors) particulièrement sollicités ici et l’excellent travail de la flûte solo dont la contribution est essentielle dans cette œuvre à l’inépuisable veine expressive.

(Visited 68 times, 1 visits today)

Plus de détails

Strasbourg. Palais des Congrès. 11.IV.2003. Smetana : La Moldau ; Martinu : Symphonie n° 6 H.343 ; Dvorak : Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur op. 104. Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Violoncelle : Enrico Dindo. Direction : Libor Pešek.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.