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Soirée Mozart à l’église Saint-Pierre

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Prades, Eglise Saint-Pierre. 27.VII.2003. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ouverture de Don Giovanni, Concerto n° 23 en la majeur K.488, Requiem en ré mineur K.626. Jean-Philippe Collard, piano, Marie-Paule Lavogez, soprano, Patrick Garayt ténor Vincent Recolin, contre-ténor, Michel Piquemal, baryton-basse. Chœur régional de Provence Alpes Côte d’Azur. Orchestre de Chambre de Novossibirsk. Direction : Alexandr Polishchuk.

jp_collard-211x246Festival Pablo Casals

Comme tous les dimanches, le Festival Pablo Casals se déroulait le 27 juillet en l’église Saint-Pierre de Prades, dont le somptueux retable de bois doré surplombant le chœur offre aux artistes un décor privilégié. Au programme, et toujours avec l’Orchestre de Chambre de Novossibirsk dont c’était le dernier concert, trois œuvres majeures de Mozart qui, bien évidemment, ont attiré un public très nombreux et toujours fidèle.

Plus à l’aise que la veille, la phalange russe, sous la baguette de son chef permanent , donnait le ton de la soirée avec l’ouverture de Don Giovanni, jouant sur des contrastes dynamiques presque trop accusés au détriment d’une palette de couleurs plus nuancée qui eût davantage servi la conduite dramatique.

Suivait immédiatement le Concerto pour piano n° 23 de Mozart que , malgré des signes évidents de nervosité (la chaleur sans doute), abordait avec une assurance et une personnalité qui captivent immédiatement l’attention de l’auditoire : délicatesse du toucher et fermeté tout à la fois, couleurs et profondeur d’inspiration ont fait de l’adagio central, notamment, l’un des instants les plus forts de cette soirée. En bis, associait la spiritualité de Mozart à celle de Bach en choisissant d’interpréter, dans le silence souverain d’un public tout ouï, le choral du veilleur où se sont imposées, de façon magistrale, ses qualités d’architecte des sons.

La seconde partie du programme, très attendue, était consacrée au Requiem de Mozart qui associait à l’Orchestre de Chambre de Novossibirsk le Chœur régional de Provence Alpes Côte d’Azur dont est le chef titulaire. Saluons tout d’abord la qualité du chœur, remarquablement préparé par Vincent Recolin qui, tout comme , était parmi les chanteurs solistes, interprétant, dans sa tessiture de contre-ténor, la partie d’alto écrite par Mozart. Si l’homogénéité vocale, au sein même du groupe, en a quelque peu pâti, on ne peut qu’admirer l’excellence de l’articulation du chanteur, laissant affleurer toutes les nuances de l’expression. Etonnante également, l’envergure sonore du ténor trouvant en Marie-Paule Lavoguez soprano une partenaire idéale. Dans la direction du chef Alexandr Polischuk transparaissait, une fois encore, ce désir constant de pousser les nuances à l’extrême, nuisant à la couleur des voix du chœur. Mais rien n’empêcha cependant l’émotion de saisir l’auditoire, notamment dans le confutatis, où l’abîme sulfureux campé par les voix d’hommes est balayé par l’appel lumineux de la prière féminine. La fugue finale, que Sussmayr reprend textuellement du Kyrie pour conclure l’œuvre laissée inachevée par Mozart, dans un climat dramatique tendu à l’extrême, sollicita une dernière fois la belle énergie du chœur soutenu par un orchestre totalement solidaire, et ce n’est qu’après un silence de quelques secondes, maintenu par le chef au terme de la partition, que le public pût manifester son enthousiasme.

Crédit photographique : Droits réservés

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