Rimsky-Korsakov, un aristophane moderne

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Le Coq d’Or. Opéra de Nikolaï Rimski-Korsakov. Mise en Scène : Ennosuke Ichikawa. Chœurs du Théâtre Mariinsky. Orchestre de Paris. Direction : Kent Nagano.Théâtre du Châtelet (2002). DVD TDK. Durée : 108’.

 

Rimsky-Korsakov, un aristophane moderneLe Coq d’Or, quinzième et dernier opéra de , fut composé entre octobre 1906 et août 1907. La Russie commençait lentement à se remettre de deux événements tragiques : la répression sanglante de 1905 et l’humiliante défaite militaire face au Japon en 1906. La création de l’œuvre, comportant de nombreuses coupures exigées par la censure auxquelles Rimski-Korsakov s’était opposé avec force, eut lieu en 1909, soit après la mort du compositeur.

Basée sur un conte de Pouchkine, l’œuvre est une satyre liée aux faits politiques cités plus haut, sans concession envers les gouvernants et les gouvernés. A l’irresponsabilité et à la bêtise des uns correspond la naïveté et la crédulité des autres. Ce caractère marqué permet de comprendre aisément pourquoi le régime tsariste, d’abord, et le régime communiste, plus tard, n’ont jamais eu beaucoup d’attirance pour ce Coq bien insolent. Le Coq d’Or est aussi l’opéra qui comporte le message le moins typiquement russe. Ce message est universel. L’action, qui a lieu dans un pays imaginaire, peut se jouer sous n’importe quelle latitude et à n’importe quelle époque.

Avec le Coq d’Or, Rimski-Korsakov tient son chef-d’oeuvre car sa musique peut, sans peur d’exagérer, être qualifiée de géniale. Les mélodies colorées et les thèmes caractérisant les principaux personnages, de facture subtile et riche, en font des moments uniques. Le thème du Coq et le thème, d’une sensualité unique, de la Tsarine, sont là pour en témoigner. La riche harmonie et l’orchestration chatoyante complètent ce véritable tableau sonore.

a su saisir tous ces détails de la partition et les restituer par une direction souple et naturelle. Le son que le chef obtient de l’orchestre est d’une grande beauté. En ce qui concerne la distribution, elle atteint tout simplement la perfection notamment avec Olga Trifonova qui joue le rôle de la Tsarine de Shemakha. La mise en scène d’Ennosuke Ichikawa, très ancrée dans le théâtre japonais, surtout en ce qui concerne le jeu des acteurs, est riche et vivante. Les costumes (très colorés) et les décors (très sobres) sont d’une grande complémentarité. La lumière, travaillée très subtilement, semble englober le tout. En ce qui concerne la prise de vue, on peut regretter un recours un peu systématique aux gros plans. Cette légère réserve ne nuit absolument pas à la beauté visuelle et sonore dont nous régale ce DVD.

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