Ludmila ou le romantisme de Glinka

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Mikhaïl Glinka. Œuvres pour piano – Grand Sextuor. Ludmila Berlinskaïa, piano. Quatuor Borodine. Grigori Kovaleski, contrebasse. 1 CD EA Records 0404/1. 2004. DDD. 64’05’’.

 

Ludmila ou le romantisme de GlinkaSi l’on connaît en tant que « fondateur de la musique classique russe » c’est surtout pour ses œuvres symphoniques et lyriques qui influenceront ses plus célèbres successeurs comme Moussorgsky, Rimsky-Korsakov, Borodine ou Tchaïkovsky. Il ne faut cependant pas oublier l’importance de sa musique de chambre dans une première moitié du XIXe siècle où avec Beethoven, Schubert et Chopin se créent de nouvelles intentions dans la façon d’exprimer la musique.

Le piano de Glinka évoque les salons de l’aristocratie russe où il est bon de se retrouver pour apprécier la richesse du patrimoine national même si les Nocturne, Mazurka, Barcarolle et autre Valse sont ici le plus souvent destinés à satisfaire une bourgeoisie avide de suaves sensations et de rêves. Le style du compositeur associe légèreté, générosité et brillant mais sans grands effets et où l’on devine un réel attachement à la période pré-lisztienne. nous le fait ici apprécier en grandeur nature avec une interprétation toute en fluidité et précision. La pianiste russe fait briller chaque pièce en redonnant au pianiste compositeur sa légendaire luminosité de jeu.

Le Grand Sextuor est une des œuvres de musique de chambre de Glinka les plus appréciées – avec les Quatuors à cordes en ré majeur et en fa majeur, la Sonate pour alto et piano ou le Trio pathétique en ré mineur. C’est encore le brillant qui caractérise cette composition où le piano se veut virtuose. Outre cela, le compositeur y montre sa science du contrepoint et de la mélodie. Nous avons la chance de l’entendre interprété ici par le accompagné par Ludmila Belinskaïa au piano et Grigori Kovaleski à la contrebasse. Si l’engagement des interprètes est total, la complicité est aussi au rendez-vous. On regrette cependant quelques vibratos un peu poussifs sans doute dus à l’âge avancé de certains de nos interprètes. Le a fêté ses 55 ans d’existence en 2000 ! Nous retenons toutefois l’intérêt de cet enregistrement dans ce qu’il nous témoigne d’une certaine époque musicale russe et apprécions l’engagement d’artistes dont les origines aident à faire ressortir le meilleur de la partition.

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