Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Maria João Pires L’Inattendue

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Montpellier. Corum-Opéra Berlioz. 15-VII-2004. Œuvres de Franz Schubert, William Byrd, George Gershwin, Matan Daniel Porat, Alberto Ginastera, Heitor Villa-Lobos et chansons traditionnelles portugaises, anglaises, russes et amérindiennes. Maria-João Pires, piano ; David Bismuth, piano ; la Maîtrise de Belgais (direction : Maria Helena Nunes) ; Cantadeiras de Belgais (Maria Helena Nunes, Cristina Lima, Ana Leão).

Festival de Montpellier et Radio-France 2004

Le suspense a été maintenu jusqu’au bout : le programme du festival n’indiquait que «  et la Maîtrise de Belgais. Programme non communiqué ». Belgais est ce lieu du Portugal où la célèbre pianiste s’est retirée, créant un lieu de recherche artistique basé sur une pédagogie ouverte et innovante. Une occasion unique de revoir une artiste très (trop) discrète et de découvrir le travail auquel elle a consacré sa retraite.

Ce fut finalement un vaste « concert-patchwork » où Schubert cohabite avec des chants amérindiens, et où se mêlèrent, outre Maria-João Pires, le pianiste , les Cantadeiras de Belgais, groupe de trois chanteuses consacré au répertoire traditionnel portugais, et la Maîtrise de Belgais, chœur de 34 enfants scolarisés dans cette localité. Et comme toute performance hétérogène, le pire a côtoyé le meilleur…

Dans ses (trop) courtes apparitions (l’impromptu n°1 en fa mineur et le 1er mouvement de la sonate en la majeur de Schubert) Maria-João Pires reste égale à elle-même. Le jeu est fragile, discret, et semble dégager une force et une puissance peu commune. à sa suite, avec un choix plutôt contestable (William Byrd, compositeur peu porté sur le piano, et pour cause…) ou bâclé (les Préludes de Gershwin et Deux Danses Argentines de Ginastera d’une raideur peu commune) ne tient pas la route. Les Cantadeiras de Belgais ne manquent certes ni de qualité ni de professionnalisme et surprennent par leur émission vocale d’une certaine pureté et d’une justesse sans failles, leur série de chants harmonisés, tous basés sur la même rythmique lancinante et les mêmes principes de glissandos a entraîné une sensation de lassitude. La Maîtrise de Belgais est un bon chœur d’enfant. Certes nous sommes loin du Tolzen Knaberchor ou de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris mais la raison d’être de cet ensemble est la recherche pédagogique plus que la performance. Néanmoins leur exécution de chants populaires harmonisés parfois de manière redoutable a été d’une grande qualité mais… avait-on vraiment besoin de cette pseudo mise en scène, faisant passer un concert qui aurait pu être émouvant à un spectacle de patronage ?

Crédit photographique : (c) DR

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Montpellier. Corum-Opéra Berlioz. 15-VII-2004. Œuvres de Franz Schubert, William Byrd, George Gershwin, Matan Daniel Porat, Alberto Ginastera, Heitor Villa-Lobos et chansons traditionnelles portugaises, anglaises, russes et amérindiennes. Maria-João Pires, piano ; David Bismuth, piano ; la Maîtrise de Belgais (direction : Maria Helena Nunes) ; Cantadeiras de Belgais (Maria Helena Nunes, Cristina Lima, Ana Leão).

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