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La Musique… langage universel

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I : Wilhelm Furtwängler ; Haydn : Symphonie N°88. Schumann : Symphonie N°4. Orchestre Philharmonique de Berlin. II : Eugen Jochum ; Mozart : Symhonies N°33, N°36, N°39. Bruckner : Symphonie N°9. Orchestre de la Radio Bavaroise.
III : Karl Böhm ; Beethoven : Symphonies N°4 et N°5. Brahms : Symphonie N°2. Reger : Variations sur un thème de Mozart. Orchestre Philharmonique de Berlin. IV : Igor Markevitch ; Schubert. Symphonies N°3, N°4. Berlioz. Symphonie Fantastique. Orchestre Philharmonique de Berlin. Bizet. Jeux d’enfants. Orchestre des Concerts Lamoureux. V : Ferenc Fricsay ; Haydn : Symphonies N°44, N°95, N°98. Orchestre RIAS Berlin. VI : Kurt Sanderling ; Beethoven. Symphonie N°2, Orchestre Philarmonique de Leningrad. Troisième Concerto pour piano. Sviatoslav Richter ; piano. Orchestre Symphonique de Vienne.
VII : Fritz Lehmann ; Musique de Scène de Rosamunde. Diana Eustrati; Contralto. Berliner Motetten Chor. Orchestre Philarmonique de Berlin. coffret de dix disques. Durée : 11H10’. Edition ; Deutsche Grammophon.

 

I :  ; Haydn : Symphonie N°88. Schumann : Symphonie N°4. .

II :  ; Mozart : Symhonies N°33, N°36, N°39. Bruckner : Symphonie N°9. Orchestre de la Radio Bavaroise.

III :  ; Beethoven : Symphonies N°4 et N°5. Brahms : Symphonie N°2. Reger : Variations sur un thème de Mozart. .

IV :  ; Schubert. Symphonies N°3, N°4. Berlioz. Symphonie Fantastique. Orchestre Philharmonique de Berlin. Bizet. Jeux d’enfants. .

V :  ; Haydn : Symphonies N°44, N°95, N°98. Orchestre RIAS Berlin.

VI :  ; Beethoven. Symphonie N°2, Orchestre Philarmonique de Leningrad. Troisième Concerto pour piano. Sviatoslav Richter ; piano. .

VII :  ; Musique de Scène de Rosamunde. Diana Eustrati; contralto. Berliner Motetten Chor. Orchestre Philharmonique de Berlin. coffret de dix disques. Durée : 11H10’. Edition ; Deutsche Grammophon.

Ce coffret de dix disques édité par DGG portant le titre de La Musique…Langage universel est le premier de ce qui devrait être une collection (ces disques sont aussi disponibles séparément et présentés dans leur pochette d’origine). Cette anthologie, consacrée à des enregistrements des années 50, nous propose, en grande partie, des oeuvres de compositeurs austro-allemands, ainsi que Berlioz et Bizet. Bien que ces enregistrements soient tous d’origine monophonique, leur acquisition ne doit pas rebuter le mélomane car au-delà de ces compositeurs, c’est à un vaste panorama de l’Age d’Or de la direction d’orchestre que nous sommes conviés.

L’enregistrement du Grand Wilhelm Furtwängler, chef dont nous commémorons cette année le cinquantième anniversaire de la disparition, est, malgré sa présence régulière dans le catalogue, un des fleurons de ce coffret. Sa Quatrième de Schumann, légendaire et qui fait partie des enregistrements pour l’Eternité, reste, par la tension et l’ampleur qui s’y dégage, la plus grandiose des versions de cette oeuvre. La Symphonie N°88 de Haydn, olympienne et d’une clarté sans pareille, nous fait regretter que l’héritage haydien de Furtwängler soit si réduit.

Deux disques sont consacrés à Eugen Jochum. Ceux-ci nous offrent les deux extrêmes du monde de la symphonie : Mozart (Symphonies 33, 36 et 39) et Bruckner (Symphonie 9). L’écoute des symphonies de Mozart nous met en présence d’un véritable chef mozartien. Jeu simple, phrasé naturel et rondeur sonore sont présents tout au long de ces trois symphonies. Eugen Jochum qui consacra une grande partie de sa vie à Bruckner enregistra pour la première fois des oeuvres de ce compositeur en 1934, suivront pendant sa carrière, outre des enregistrements isolés, deux intégrales. La présente réédition nous propose son premier enregistrement de la Neuvième Symphonie. C’est à une vision majestueuse et austère que Jochum nous apostrophe. C’est incontestablement une référence indispensable.

Le premier disque du coffret lui est consacré avec Beethoven (Symphonies 5 et 7) ainsi qu’un deuxième avec Brahms (Symphonie 2) et à Reger (Variations sur un thème de Mozart). Les Beethoven de Böhm, ne se départissent jamais d’une lecture « linéaire » où il dissèque plus qu’il n’interprète. La grandeur (cinquième) et la pulsation (septième) restent toujours en deçà de ce que ces oeuvres recèlent. Le lyrisme de la deuxième de Brahms semble mieux convenir à Böhm. Bien que ce ne soit pas une version indispensable, elle pourrait être écoutée en raison de la grande clarté obtenue dans les divers plans sonores.

Le chef d’origine russe Igor Markevitch, dont la battue implacable, la précision rythmique et l’énergie sont caractéristiques, nous offre Schubert (Symphonies 3 et 4), Berlioz (Symphonie Fantastique) et Bizet (Jeu d’Enfants). Ces deux symphonies de jeunesse de Schubert sont prises par Markevitch à bras le corps. L’élan et le souffle qu’il leur donne (le Scherzo de la quatrième !) sont époustouflants. Une leçon de direction et d’interprétation ! La Fantastique, sous la baguette incisive et alerte de Markevitch, est dépouillé de tout le « fatras sonore » dont elle est si souvent encombrée. Le rythme et l’harmonie apparaissent avec une clarté méridienne. Les Jeux d’Enfants nous plongent dans l’innocence, à laquelle le chef accède volontiers.

Les trois symphonies de Haydn (44,95 et 98) dirigées par Ferenc Fricsay, et que contrairement à ce qui est indiqué ne pas sont des inédits, sont un bel exemple d’un style d’interprétation que nous serions heureux de pouvoir retrouver. A travers une lecture d’une grande intelligence et d’une grande pureté, Fricsay nous révèle toute l’expressivité intrinsèque des symphonies de Haydn. Le classicisme à l’état pur !

En 1956, lors d’une tournée, le public occidental put entendre Kurt Sanderling à la tête du Philharmonique de Leningrad. Au dire du chef, « le public occidental découvrit qu’un orchestre de l’Est pouvait jouer merveilleusement ». Lors de cette tournée, ces musiciens enregistrèrent la Deuxième Symphonie de Beethoven. Kurt Sanderling nous donne une lecture toute en verve de cette symphonie, si difficile à mettre en lumière. La seule réserve qu’il est possible de faire sur cette version, est sur le tempo un peu lent du quatrième mouvement. A vrai dire, c’est souvent le cas dans cette oeuvre. Scherchen semble être le seul à avoir osé l’Allegro Molto indiqué ! Quelques années plus tard, à la tête du Symphonique de Vienne, Sanderling gravera le Troisième Concerto pour piano de Beethoven avec Sviatoslav Richter. Peu de mots suffisent pour définir cet enregistrement : un Beethoven en granit.

Nous avons laissé à dessein pour la conclusion de cette chronique l’enregistrement de Fritz Lehmann, qui est le moins connu des chefs de cette anthologie. Fritz Lehmann fait partie avec un Léopold Ludwig ou un Joseph Keilberth de ces Kapellmeister que l’Allemagne avait le bonheur et l’honneur d’entendre dans ses salles de concert ; Kapellmeister dont la célébrité est très en deçà de la qualité de leurs interprétations. Le nom de Lehmann est particulièrement lié à Bach dont les Cantates ont rarement été aussi bien appréhendées. La mort le frappa en dirigeant La Passion selon Saint Mathieu. La musique de scène de Rosamunde de Schubert qu’il dirige, avec comme ouverture celle d’Alphons und Estrella et non pas l’habituelle Harpe Magique, qui est jouée à part, est un bref mais, ô combien saisissant, aperçu de l’art de ce chef. L’intensité dramatique, le lyrisme, et les différentes couleurs orchestrales que tour à tour Fritz Lehmann imprime à ces pages sont là pour nous dire : Voilà un chef et un musicien hors pair !

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I : Wilhelm Furtwängler ; Haydn : Symphonie N°88. Schumann : Symphonie N°4. Orchestre Philharmonique de Berlin. II : Eugen Jochum ; Mozart : Symhonies N°33, N°36, N°39. Bruckner : Symphonie N°9. Orchestre de la Radio Bavaroise.
III : Karl Böhm ; Beethoven : Symphonies N°4 et N°5. Brahms : Symphonie N°2. Reger : Variations sur un thème de Mozart. Orchestre Philharmonique de Berlin. IV : Igor Markevitch ; Schubert. Symphonies N°3, N°4. Berlioz. Symphonie Fantastique. Orchestre Philharmonique de Berlin. Bizet. Jeux d’enfants. Orchestre des Concerts Lamoureux. V : Ferenc Fricsay ; Haydn : Symphonies N°44, N°95, N°98. Orchestre RIAS Berlin. VI : Kurt Sanderling ; Beethoven. Symphonie N°2, Orchestre Philarmonique de Leningrad. Troisième Concerto pour piano. Sviatoslav Richter ; piano. Orchestre Symphonique de Vienne.
VII : Fritz Lehmann ; Musique de Scène de Rosamunde. Diana Eustrati; Contralto. Berliner Motetten Chor. Orchestre Philarmonique de Berlin. coffret de dix disques. Durée : 11H10’. Edition ; Deutsche Grammophon.

 
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