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Marc-Antoine Charpentier par Hervé Niquet

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Besançon. Eglise de la Madeleine. Le 23-IX-2004. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Messe à huit voix, violons et flûtes H.3 ; Te Deum à huit voix « avec flûtes et violons » H.145. Stéphanie Revidat, Hanna Bayodi, sopranos ; François-Nicolas Geslot, Anders J. Dahlin, haute-contres ; Emiliano Gonzalez-Toro, Pierre Evreux, tailles ; Bertrand Chuberre, Jean-Baptiste Dumora, basses. Chœur et orchestre : le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet.

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«  J’étais musicien, bon entre les bons ; et comme beaucoup plus grand était le nombre de ceux qui me méprisaient que de ceux qui me louaient, musique me fut un petit bonheur et grande charge … » Ainsi s’exprime, dans une sorte de cantate-épitaphe (Epitaphium Carpentarii), l’un des plus grands compositeurs de son temps, à qui la position et le rayonnement d’un J.B. Lully, entre autres, fit l’ombre que l’on sait.

Dans le cadre de l’année commémorant le tricentenaire de (mort en 1704), et son Concert Spirituel, qui ont prouvé à maintes reprises d’évidentes affinités avec le compositeur, nous proposent pour ce concert : la messe à huit voix (1670), N° 3 du catalogue Willey Hitchcock et le Te Deum à huit voix, avec flûtes et violons H 145 (1672 ?).

Cette messe, donnée en première partie de concert, comporte, outre les cinq parties de l’Ordinaire, le motet (pour l’Elévation) O Salutaris hostia et, ainsi qu’il est souvent d’usage au « grand siècle », un Domine salvum fac regem (Dieu sauve le roi) conclusif. Mais dès les premières mesures du Kyrie, les craintes qu’on pouvait nourrir au vu du positionnement des chanteurs et de l’orchestre entre les quatre piliers monumentaux du chœur, ces craintes se confirment : l’acoustique, bien médiocre, va desservir cette musique admirable et ses interprètes inspirés , d’un professionnalisme exemplaire. Fort heureusement, la direction rigoureuse, l’autorité subtilement dosée du Kapellmeister permet d’éviter tout décalage, préservant ainsi une cohésion rendue périlleuse par des plans sonores qui (perçus du public) manquent de netteté et de transparence.

Le Te Deum, (qui n’est pas celui du fameux thème de l’Eurovision), est une quasi création, dans la mesure où cet ouvrage, pourtant du vivant du compositeur l’un de ses plus prisés, est tombé dans l’oubli près de trois siècles durant. Récemment exhumé et édité par le Centre de Musique Baroque de Versailles, c’est à l’une de ses toutes premières exécutions que le public du festival de Besançon a le privilège d’assister. Même sans timbales ni trompettes, du Te Deum laudamus initial au chœur final In te Domine speravi (En toi, Seigneur, j’ai mis mon esprit), ce Te Deum-là ne manque pas de fervente grandeur ; et des récits de solistes aux échanges du double chœur en dialogue, en passant par de superbes développements contrapuntiques, il recèle, tout comme la messe qui l’a précédé, d’indéniables et ineffables beautés que nos interprètes s’entendent à mettre en lumière, en dépit d’ingrates conditions acoustiques… Ce qui rend la prestation d’autant plus méritoire.

Le public de cette soirée, venu nombreux dans la vaste église de la Madeleine, fait un triomphe au Concert Spirituel, à son chef Hervé Niquet, et … à .

Crédit photographique : © DR

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Besançon. Eglise de la Madeleine. Le 23-IX-2004. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Messe à huit voix, violons et flûtes H.3 ; Te Deum à huit voix « avec flûtes et violons » H.145. Stéphanie Revidat, Hanna Bayodi, sopranos ; François-Nicolas Geslot, Anders J. Dahlin, haute-contres ; Emiliano Gonzalez-Toro, Pierre Evreux, tailles ; Bertrand Chuberre, Jean-Baptiste Dumora, basses. Chœur et orchestre : le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet.

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