Intégrale des sonates pour piano de Beethoven en 3 soirées

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Grenoble. Auditorium du MC2. les 7, 8 et 9.X.2004. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des sonates pour piano. Avec : Nicholas Angelich, Jean-Efflam Bavouzet, Frank Braley, Claire Désert, François-Frédéric Guy et Emmanuel Strosser.

Emmanuel Strosser - Photo (c) DR

Une fois de plus, , , , , et se lancent dans un marathon : l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven. Trois soirées, 13 heures de musique. L’occasion de découvrir ou redécouvrir ces monuments de l’écriture pianistique, certains peu connus ou oubliés, d’autres devenus des « tubes ».

L’auditorium de la toute nouvelle MC2 de Grenoble est une salle chaleureuse, toute en bois, avec des fauteuils confortables et un éclairage très doux. Cela contribue à créer une atmosphère intime, une impression de complicité qui naît peu à peu entre ces 6 pianistes et le public. Ne nous trompons pas, ce n’est pas un récital : les pianistes se succèdent au rythme des sonates, vont et viennent sur scène. On a un peu l’impression d’assister à trois ou quatre (pour le dernier soir) concerts en une soirée, avec toujours les mêmes artistes. Peu à peu le public se familiarise avec eux et retrouve chacun d’entre eux avec bonheur, comme des connaissances de longue date. Finalement, ce ne fut pas 6 pianistes qui ont été écoutés mais plutôt l’œuvre de Beethoven. Elle est présentée, tout simplement, dans l’ordre chronologique. Le premier soir, les 8 premières sonates, le deuxième soir, les 10 suivantes, le dernier soir, les 14 dernières. En trois soirs se redessine la géniale évolution stylistique de Beethoven. Des toutes premières sonates, très classiques, en passant par les monuments reconnus de son œuvre (l’Appassionata, la Tempête, la Waldstein, …), que beaucoup considèrent comme l’essence de l’œuvre pianistique de Beethoven, aux dernières (Hammerklavier et les trois suivantes), époustouflantes de virtuosité mais aussi de recherche de sons purs, cristallins, d’effets sonores dépouillés : il y a là toute l’œuvre de Beethoven, toute sa recherche musicale, sa découverte des possibilités musicales et acoustiques en général mais aussi du piano.

Les prestations sont parfois inégales, on peut reprocher à tel ou tel pianiste d’avoir moins investi tel ou tel mouvement, d’avoir mis trop de pédale dans celui-ci, d’avoir parfois manqué de précision dans cet autre … là n’est pas le plus important. C’est un tourbillon de notes et de sensations qui nous est offert en trois soirs, dont on sort sonné et ébloui. Chacun d’entre eux nous a offert dans telle ou telle sonate, un pur moment de magie. Chaque concert, chaque partie de concert offrait des moments d’une délicatesse extrême, d’une intensité dramatique saisissante, d’une énergie enthousiasmante …

De la succession sur scène de ces 6 pianistes complices naît une saine émulation : il semble que chacun d’entre eux se nourrisse de la musicalité du précédent. , , nous livrent ces sonates tout en finesse, force et contrastes. D’aucuns dans le public ont regretté quelques imprécisions, quelques maladresses chez les uns comme les autres …certes, mais est-il nécessaire de rappeler que chacun de ces pianistes a joué un programme bien plus long que l’aurait été celui d’un récital, et dans des conditions très particulières, puisqu’ils ne restaient parfois sur scène qu’une dizaine de minutes ? Peut-on réellement se permettre d’exiger la « perfection » quand ils nous offrent de tels joyaux de musicalité ? La qualité est irrégulière ? Peut-être, effectivement, mais les moments extraordinaires, où toute la salle était suspendue à chaque note étaient tellement nombreux… Une mention spéciale à pour son époustouflante Hammerklavier, à pour ses plans sonores et son énergie à couper le souffle, et surtout, surtout, à la magnifique qui fait chanter son piano d’une manière inouïe.

Crédit photographique : (c) DR

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