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Buxtehude par André Isoir, le Maître de Lübeck et le « chercheur d’orgue »

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Dietrich Buxtehude (1637?-1707) : Œuvres pour Orgue. Toccata en ré mineur Bux. Wv 155, « In dulci jubilo » Bux. Wv 197 sol majeur, Chaconne en mi mineur Bux. Wv 160, « Vater unser » Bux. Wv 219 ré mineur, « Puer natus in Bethlehem » Bux. Wv 21, Prélude et Fugue en sol mineur Bux. Wv 150, Canzonetta en mi mineur Bux. Wv 169, Passacaille en ré mineur Bux. Wv 161, « Von Gott will ich nicht lassen Bux. Wv 22, « Christ unser Herr zum Jordan Kam » Bux. Wv 180, « Lob Gott, irh christen allzugleich » Bux. 202 sol mineur, « Nun Komm, der Heiden Heiland » Bux. Wv 211 sol mineur, Prélude et fugue en ré mineur Bux. Wv 140. André Isoir à l’orgue Cattiaux de la Basilique Saint Rémi de Reims. CD Calliope, enregistré en mai 2004, N° CAL 9725 – durée totale : 44’.

 

Il y a peu, à l’occasion du dernier disque de Christophe Rousset, Les suites Françaises, nous évoquions l’extraordinaire richesse de l’œuvre de Bach. Si l’on examine de plus près celle d’un de ses illustres maîtres, , on comprend mieux pourquoi le jeune Johann Sebastian, alors âgé de vingt ans, fit en 1705 le fameux voyage d’Arnstadt à Lübeck, et pourquoi sa visite, prévue au départ pour quatre semaines, dura en fait quatre mois, pendant lesquels il séjourna chez le compositeur pour y apprendre « des choses concernant son art » (d’après le compte-rendu de consistoire d’Arnstadt, datant de février 1706). On peut supposer qu’il fut présent lors des extraordinaires « Abendmusik » des 2 et 3 décembre 1705 commémorant la mort de l’empereur Léopold 1er et l’accession au trône de Joseph 1er, et qu’un des buts de sa visite était d’entendre Buxtehude à l’orgue.

Fils d’un organiste originaire du Holstein, région frontalière entre l’Allemagne et le Danemark, Buxtehude dont la date de naissance est encore incertaine, reçut de son père la majeure partie de son éducation musicale et devint organiste à l’église Marienkirche d’Helsingor, Danemark, dans une communauté de langue allemande. En 1667, le titulaire du poste d’organiste à l’église Marienkirche de Lübeck, l’un des plus prestigieux de toute l’Allemagne du Nord, décède. Une occasion inespérée pour Buxtehude, qui accédera en août 1668 à cette haute fonction et, selon la coutume du temps, épousera également la fille de son défunt prédécesseur. Un peu plus tard, son père et son frère viendront eux aussi s’établir à Lübeck. Outre son service principal consistant à jouer pour les offices journaliers, celui du dimanche après-midi, des jours de fête et des vêpres, qu’il assumera pendant près de quarante ans, il perpétua l’organisation de séries de concerts donnés dans l’église, intitulés « Abendmusik » et qui, sous son « règne » connurent un développement extraordinaire. Hormis Bach, ils attirèrent nombre de jeunes musiciens talentueux, parmi lesquels Nikolaus Bruhns, Haendel et Mattheson.

C’est sans conteste à son œuvre pour orgue, la plus considérable de toute l’Allemagne du Nord, que Buxtehude doit l’essentiel de sa renommée : environ quarante pièces libres (toccatas, préludes, fugues…) et une cinquantaine de chorals. Il composa également plus de cent cantates et concerts spirituels en allemand et latin, (dont certains ont été gravés au disque par rien moins que les contre-ténors Alfred Deller et James Bowman) une messe brève, quelques oratorios, dont beaucoup ont été perdus, une vingtaine de suites pour clavecin, six variations, vingt sonates en trio. C’est grâce au célèbre Alfred Duben de Stockholm et à sa famille, très liés d’amitié avec Buxtehude, que la quasi totalité de sa musique vocale a pu être conservée.

En dehors des chorals, l’œuvre pour orgue est caractérisée par l’aspect complexe et grandiose de son architecture, son invention mélodique et rythmique et la richesse de son utilisation du contrepoint. Contrairement à ce que l’on remarque chez Bach, où les œuvres sont constituées de deux parties séparées : l’une de virtuosité, l’autre de développement contrapuntique, les pièces écrites par Buxtehude se caractérisent par une savante succession combinant en alternance les épisodes de ces deux types, et aussi une liberté de style et d’écriture d’influence très italienne.

Organiste émérite de l’Eglise Saint-Germain-des-Prés à Paris, fut déjà plébiscité en 2000 pour son interprétation de l’Art de la Fugue de J. S. Bach. Aujourd’hui, il réalise par ce nouvel enregistrement la passerelle indispensable entre le Maître de Lübeck et le Cantor de Leipzig. Ce magnifique musicien, ce « chercheur d’orgue », qui avoue sa passion pour cet « instrument attachant » joue ici sur l’orgue de la Basilique Saint-Rémi de Reims, entièrement « recréé » par Bertrand Cattiaux, et inauguré le 14 septembre 2000.

On ne peut que saluer la parution de ce disque essentiel, qui consacre une fois de plus l’art d’ et ajoute une pierre supplémentaire à l’édifice passionnant qu’est l’œuvre de .

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Dietrich Buxtehude (1637?-1707) : Œuvres pour Orgue. Toccata en ré mineur Bux. Wv 155, « In dulci jubilo » Bux. Wv 197 sol majeur, Chaconne en mi mineur Bux. Wv 160, « Vater unser » Bux. Wv 219 ré mineur, « Puer natus in Bethlehem » Bux. Wv 21, Prélude et Fugue en sol mineur Bux. Wv 150, Canzonetta en mi mineur Bux. Wv 169, Passacaille en ré mineur Bux. Wv 161, « Von Gott will ich nicht lassen Bux. Wv 22, « Christ unser Herr zum Jordan Kam » Bux. Wv 180, « Lob Gott, irh christen allzugleich » Bux. 202 sol mineur, « Nun Komm, der Heiden Heiland » Bux. Wv 211 sol mineur, Prélude et fugue en ré mineur Bux. Wv 140. André Isoir à l’orgue Cattiaux de la Basilique Saint Rémi de Reims. CD Calliope, enregistré en mai 2004, N° CAL 9725 – durée totale : 44’.

 
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