Ta Bouche !

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Athénée Théâtre Louis Jouvet. 03-XII-2004. Maurice Yvain (1891-1965) : Ta Bouche, opérette en 3 actes sur un livret d’Yves Mirande et Albert Willemetz. Orchestration de Thibault Perrine. Mise en scène : Stéphan Druet ; scénographie : Florence Evrard ; costumes : Elisabeth de Sauverzac ; chorégraphie : Alma de Villalobos. Avec : Emmanuelle Goizé, Eva ; Muriel Souty, la Comtesse ; Isabelle Mazin, Mélanie ; Sébastien Lemoine, Bastien ; Gilles Bugeaud, Du Pas de Vis ; Loïc Boissier, Jean Leduc ; Camille Slosse, Mag ; Alma de Villalobos, Marguerite ; Anne-Lise Faucon, Margot. Ensemble de 11 musiciens, direction : Benjamin Lévy.

Opérettes pour les fêtes

Crédit Photographique : © Elisabeth de Sauverzac

Comme chaque année la France, en ce début d’hiver, souffre d’offenbachite aiguë ! A Paris, le Châtelet reprend La Grande-Duchesse de Gérolstein qui a tant égaillé la rentrée de la saison dans la superbe production de Laurent Pelly (lire notre chronique). Aux antipodes au point de vue invention scénique et distribution, La Vie parisienne réalisée par Jérôme Savary revient à l’Opéra-Comique sous la direction musicale de Gérard Daguerre. La même œuvre aussi pour les fêtes au Théâtre du Capitole de Toulouse dans une nouvelle production signée Nadine Duffaut sous la direction de Fayçal Karoui et encore à Dijon dans la production d’Olivier Desbordes pour Opéra-Eclaté sous la direction de Benjamin Levy. La Périchole : Montpellier reprend le spectacle de Laurent Pelly dirigé par Claude Schnitzler et Bordeaux fait celle de Jacky Gervais sous la direction de Bruno Membrey. Enfin, Marseille importe les Contes d’Hoffmann réalisés par Laurent Pelly à Lausanne dans la version musicale révisée par Jean-Christophe Keck.

A Paris, au Théâtre Athénée – Louis Jouvet, on pourra applaudir le plus modeste petit bijou de et Albert Willemetz, Ta Bouche, créé pour l’ouverture du Théâtre Daunou en 1922, que vient de monter avec des moyens modestes mais un résultat éclatant la Compagnie Les Brigands à qui l’on doit déjà les succulents Barbe-Bleue et Geneviève de Brabant d’Offenbach présentés sur la même scène. Une troupe dont les chanteurs sont pour la plupart issus du Chœur des Musiciens du Louvre et dont la fraîcheur, la spontanéité et le bonheur de jouer sont contagieux. La partie d’orchestre est exécutée par un ensemble de onze musiciens dans l’instrumentation de , un travail de réduction parfaitement réalisé et joué par les excellents musiciens dirigés comme un orfèvre par , même s’il manque un peu d’étoffe dans les grands numéros de l’opérette. Et elle n’en manque pas avec des airs qui furent des « tubes » des années folles tels « Ta bouche a des baisers… », « Le petit amant », « Machinalement », « De mon temps ». Fort du succès du film réalisé par Alain Resnais sur Pas sur la bouche du même , éditeurs et directeurs de théâtre semblent faire un effort pour ressusciter avec goût ce répertoire. Récemment la maison de disques Accord a réédité, au sein d’une collection nouvelle consacrée à l’opérette, les extraits des enregistrements de Ta Bouche et Pas sur la bouche réalisés en 1956 sous la direction de Richard Blareau. Le spectacle montré à l’Athénée mis en scène par Stéphan Druet et Florence Évrard a commencé avant et achèvera en 2005 une grande tournée en France.

Réussite totale donc pour ce travail d’équipe même si l’on peut déplorer un manque de fantaisie dans le décor unique que l’on imagine dû à des raisons pratiques pour ce spectacle appelé à tourner, pas pour les costumes en revanche dessinés avec beaucoup d’invention par Élisabeth de Sauverac. Les interprètes sont tous des chanteurs aguerris, comédiens et danseurs suffisamment convaincants pour donner un relief dramatique à ce vaudeville si fragile s’il ne bénéficie pas de l’étincelle sacrée qui met tout en mouvement. Un spectacle hautement recommandé dont on sort plus léger, de bonne humeur et prêt à en reprendre à la première occasion.

Crédit Photographique : © Elisabeth de Sauverzac

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