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Une Chauve-souris à mettre entre toutes les mains

À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Johann Strauss II (1825-1899) : Die Fledermaust. Opérette en trois actes ; livret : Carl Haffner et Richard Genée révisé par Peter Weiser et Otto Schenk ; Bernard Weikl (Gabriel von Eisenstein), Lucia Popp (Rosalinde), Edita Gruberova (Adèle), Erich Kunz (Frank), Brigitte Fassbaender (Prinz Orlofsky), Josef Hopferwieser (Alfred), Walter Berry (Dr Falke). Karin Göttling (Ida), Helmut Lohner (Frosch), Carl Kaslavsky (Iwan), Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne Direction : Theodor Guschlbauer, Chor der Wiener Staatsoper Direction : Norbert Balatsch ; Ballett der Wiener Staatsoper. Mise en scène et réalisation TV : Otto Schenk Production ORF en collaboration avec TDK. Notice trilingue

 

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Un DVD « live » à mettre entre toutes les mains et à consommer sans modération en ces périodes de fêtes. Et un cadeau rêvé pour oublier les petits tracas quotidiens.

A Vienne, tous les ans à la Saint Sylvestre, La Chauve-Souris s’invite dans les théâtres lyriques pour le plus grand bonheur des viennois qui ne rateraient pour rien au monde cette œuvre emblématique de l’opérette viennoise. Et surtout depuis que Karajan la dirigea un 31 décembre de 1960. Les meilleurs chanteurs du monde ne dédaignent pas d’endosser les costumes de Rosalinde ou d’Adèle comme les superbes et , ou ceux de Gabriel von Eisenstein et Alfred comme les excellents Bernard Weikl et Josef Hopferwieser. Il en va de même pour les rôles secondaires avec , acteur populaire s’il en est et metteur en scène de cette version tourbillonnante, créée le 31 décembre 1979. La Chauve Souris est une adaptation par Richard Genée du Réveillon de Meilhac et Halévy créé en 1872 au Palais-Royal. Johann Strauss la met en musique en six semaines et la crée le 5 avril 1874 mais la critique viennoise s’acharne n’y voyant qu’une succession de valses et de polkas. En juillet de la même année, l’œuvre triomphe à Berlin avant de remplir les salles allemandes et finalement celles de la capitale autrichienne. Meilhac et Halévy s’opposent à ce que leur livret soit utilisé mais il est trop tard. Le monde entier est séduit. Paris n’aura droit qu’à des mauvais ersatz de l’œuvre sous les plumes de Paul Ferrier en 1904 (La Tzigane) et Nino en 1933. En 1941, Elisabeth Schwarzkopf chante Adèle à l’opéra de Paris. Ce n’est qu’en 1961 lors d’une tournée du Staatsoper de Vienne à Paris que l’original de Strauss et Genée est redécouvert… avec le succès que l’on sait. L’intrigue pleine de quiproquos tourne très vite au vaudeville et exige une musique enlevée, vive et joyeuse… Strauss puise dans les thèmes populaires autrichiens, les danses de son pays qu’il développe avec une extraordinaire intelligence musicale exigeant beaucoup des musiciens et des chanteurs. Et peu à peu, la soirée chez le Prince Orlofsky enflamme le public viennois qui en fait son opérette fétiche et devient acteur de « la vengeance de la Chauve-souris » dans le plus pur style du théâtre populaire viennois.

Cette version « live » enregistrée en 1980 pour la télévision autrichienne fit carrément exploser l’audimat et suscita l’enthousiasme dans tout le pays. La distribution est un régal d’homogénéité, d’élégance, de finesse et de vivacité. Les chanteurs s’en donnent à cœur joie. Dans le personnage de Rosalinde, est éblouissante tant sur le plan de la comédie que sur le plan vocal. Sa voix est un enchantement. est une sémillante et belle Adele. Quant à la ravissante Brigitte Fassbaender, elle campe un Prinz Orlofsky tout en séduction, finesse et intelligence. La gent masculine n’est pas en reste. Magnifiques Bernard Weikl en comte Gabriel von Eisenstein amoureux d’une comtesse hongroise qui n’est autre que sa femme qui l’a reconnu, Erich Kunz en Frank, Josef Hopferwieser en amoureux transi qu’est Alfred et Walter Berry qui compose le très drôle Deus ex machina du Dr Falke.

La direction d’orchestre est pétillante comme un grand cru de champagne. L’orchestre du Staatsoper brille de tous ses feux et l’ouverture reste un enchantement. C’est Vienne dans toute sa splendeur musicale et théâtrale. Strauss prouve son génie musical par une construction d’une extraordinaire cohérence, une musique d’une étonnante souplesse qui prend la bouffonnerie à contre-pied et nous interroge sur la réalité parfois dérisoire de la vie. Pour bien finir l’année et commencer la prochaine dans la joie.

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