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Casse-Noisette au Staatsballett Berlin

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Berlin. Staatsoper Unter den Linden. 31-XII-2004. Der Nussknacker, musique de Piotr Illitch Tchaïkovski, chorégraphie et mise en scène de Patrice Bart assisté par Claude de Vulpian, décors et costumes de Luisa Spinatelli, éclairages de Maurizio Montobbio. Avec Gaela Pujol (Marie), Martin Buczkó (Drosselmeier), Rainer Krenstetter (Prince), Viara Natcheva (Grande-Duchesse). Staatsballett Berlin. Staatskapelle Berlin, direction Peter Ernst Lassen.

© Monika RittershausLa refonte en une seule compagnie, le , des effectifs des trois maisons d’opéras berlinoises (voir article le sur le Deutsche Oper) a été le premier acte permettant une programmation plus logique et attrayante et une distribution des spectacles sur les trois scènes. Le danseur et chorégraphe Vladimir Malakhov est à la tête de cette compagnie, la plus importante de l’Allemagne Unifiée avec 88 danseurs et une tradition de 250 ans. Son projet est de donner cent soirées à Berlin et de faire tourner cet ensemble autour du monde. La première saison de ce offre cinq nouvelles productions qui permettent de faire entrer au répertoire des chorégraphes comme Angelin Preljocaj et Uwe Scholz (spectacle Stravinski), Béjart Ring um den Ring et Kenneth MacMillan Manon. Le répertoire présente un équilibre entre les classiques comme les trois ballets de Tchaïkovski, La Bayadère, Giselle remontés par et Vladimir Malakhov et des chorégraphies plus contemporaines bien que déjà des classiques comme celles de Jirí Kylián, John Kranko et Ray Barra.

C’est, comme il se doit, avec Der Nussknacker (Casse-Noisette) que se déroulaient les fêtes de fin d’année donnée dans le cadre assez suranné du «Staatsoper Unter den Linden», le plus vieil établissement berlinois, héritier de l’Opéra de Cour prussien. Des trois théâtres, c’est lui qui est en le moins bon état, bien que cela ne soit pas visible dans les parties réservées aux spectateurs qui sont quasiment restées dans l’état où elles étaient du temps de la République Démocratique Allemande. Le spectacle monté en 1999 par , Maître de ballet associé à la direction de la danse à l’Opéra de Paris, assisté de Claude de Vulpian, donnait aussi l’impression d’un retour vingt ans en arrière par la tristesse des matériaux utilisés, l’impression un peu sinistre se dégageant de la réalisation, particulièrement les éclairages un peu glauques. Casse-Noisette n’est pas le ballet idéal pour juger une compagnie car il repose plus sur les performances individuelles et la mise en scène que sur la chorégraphie d’ensemble, mais il nous a paru du laisser-aller, principalement dans les bras des danseuses, le réglage des petits détails qui font la perfection d’une compagnie. Cela n’a pas empêché le public très bon enfant en ce début de soirée de Saint-Sylvestre composé d’un mélange de berlinois et de touristes de réserver un excellent accueil à ce classique des classiques. Patrice Bart a retouché l’histoire la faisant commencer par le massacre d’un Grand-Duc et l’enlèvement de sa femme et sa fille par des révolutionnaires. Quatorze ans plus tard la petite Marie a été adoptée par la famille Stahlbaum. Il rejoint là l’action classique avec la fête de Noël, le cadeau de Drosselmeier, mais le cauchemar de Marie ne comporte plus de rats mais les Révolutionnaires qui l’ont enlevée, en bataille contre le régiment de son père. Le voyage dans le pays de la Grande-Duchesse présente la suite classique de danses exotiques mais à la fin du grand Pas de Deux, Drosselmeier apparemment jaloux de cette idylle ne laisse pas Marie partir avec le Prince.

Les solistes de cette représentation étaient dominés par le Drosselmeier de (danseur soliste de la compagnie), interprète à la forte personnalité à qui la chorégraphie de Bart donne le beau rôle. Beaucoup de charme pour l’interprétation de Marie par («demie» danseuse soliste dans la hiérarchie assez simple de ce corps de ballet), peu en revanche pour le Prince de Rainer Krenstetter (danseur soliste) assez caricatural et sans vraiment beaucoup d’aura dans un rôle il est vrai assez convenu. Difficile de reconnaître le dans la fosse en cet orchestre assez brouillon et bruyant dirigé sans grand charme par Peter Ernst Lassen. Il est vrai qu’en période de fêtes à Berlin comme ailleurs, la configuration des orchestres assurant la permanence du rituel spectacle de ballet n’est pas toujours conforme à la réalité quotidienne.

Crédit photographique © Monika Rittershaus

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